ENEID : « On nous avait pourtant promis un emploi ! »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - diversité

logo_ENEID.bmpL’association ENEID se fixe comme mission de rassembler, autour de grandes entreprises nationales représentées localement, des entreprises de tous secteurs d’activité et de toutes tailles pour participer et conduire des actions d’information, d’insertion sociale et professionnelle, d’accès et de retour à l’emploi de publics en difficulté, de s’associer à des projets de redynamisation sur des quartiers sensibles de Nantes et son agglomération et de prendre toutes initiatives, de participer à toutes manifestations, de répondre à toutes demandes et plus généralement de prendre toutes dispositions et engager toutes actions permettant de poursuivre et de réaliser l’objet de l’association.

Témoignages recueillis par Tugdual Ruellan.

Lucas Leyinga Mpogui, 30 ans – marketing – management
« ENEID ne nous promet pas la lune mais il nous permet de garder les pieds sur terre ! »
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Lucas est né en 1977 au Gabon. Ses parents, arrivés en France, avaient choisi de retourner au pays : « Ils ont suivi toutes leurs études en France. Rien n’était plus important à leurs yeux que d’offrir des études à leurs sept enfants. Nous sommes tous aller au bout de nos cursus. Leur plus grande fierté est d’avoir réussi à faire de nous des gens responsables. » Lucas quitte le Gabon en 1994 et part rejoindre son grand frère aîné, alors étudiant au Canada (Ontario). Il y suit sa troisième et sa seconde. Mais sa grand-mère décède et Lucas retourne au Gabon pour être près de sa famille. Il retourne au lycée, suit sa première et décide d’aller en France suivre sa terminale. Il a 19 ans et là, surprise : « On ne m’accepte pas en terminale et je dois refaire une première. On m’a dit que c’était un problème de programme, d’évaluation de mes connaissances… » Il intègre le lycée de Segré et passe son baccalauréat économique et social en 1998. Il y rencontre une jeune fille, sa future femme,avec qui il a une première petite fille qui naît au cours de l’été. Il assume, bon gré mal gré, sans perdre de vue les études.

Portes fermées. Il entre à l’université d’Angers en management général et obtient une dispense d’assiduité. Il peut ainsi gagner un peu d’argent et rester près de sa famille. En 2004, il obtient sa licence. « Nous décidons alors de venir vivre à Rezé, près de Nantes. » Il passe sa maîtrise. Été 2005 : il part au Gabon pendant trois mois faire un stage en gestion du personnel à la direction nationale des assurances. En 2006, il s’inscrit au CNAM pour suivre un bac + 5 en marketing – management. « Nous devons faire un stage en entreprise mais, je ne sais pas pourquoi, toutes les portes me sont fermées. Personne ne m’accepte. Je n’ai pas trop cherché à savoir pourquoi parce que je suis d’un naturel optimiste et cherche à aller de l’avant. » Depuis, Lucas cherche un emploi. « Toutes les portes restent fermées, fermées. Et pourtant, je n’ai jamais cessé d’être en démarche. Je sais exploiter la moindre opportunité. »

Rester debout. Jean intègre en septembre 2007 le dispositif ENEE. « Je suis toujours sans emploi, sans revenu. Toute la question est de savoir s’il faut chercher un emploi à la hauteur des compétences et des diplômes que l’on a, ou un emploi, quel qu’il soit, pour subvenir à ses besoins. La recherche d’emploi est un métier à plein temps ! Il faut y penser du matin au soir, apprendre à connaître l’entreprise dans laquelle on postule, être capable, si par chance on décroche un entretien, de parler de l’entreprise comme si on y était… ENEID est pour moi un dispositif qui redonne confiance. On ne nous promet pas la lune mais il nous permet de garder les pieds sur terre ! Ne pas baisser les bras. Avec un tel accompagnement, c’est plus facile de rester debout contrairement à quelqu’un qui reste seul. L’angoisse peut vite faire plonger. Et les moments d’angoisse, on en a tous. À l’université, on nous avait promis un emploi au bout. J’ai le sentiment que le contrat a été rompu… »

Contact : 06 69 55 31 15 Découvrez le blog CV de Lucas sur :
http://eneides.typepad.fr/leyinga

Véronique Anis, 41 ans – gestion des ressources humaines
« Le dispositif ENEID m’a permis d’enfoncer la porte, de tout débloquer et briser les fermetures… » Veronique_Anis__1_.JPG

Véronique est originaire d’Abidjan en Côte d’ivoire. Titulaire d’un bac + 5 en gestion des ressources humaines, elle a travaillé pendant 10 ans en Côte d’ivoire dans le domaine de la formation. Elle arrive en France en 2004 pour rejoindre des membres de sa famille. Depuis, elle est en recherche d’emploi : « Trouver un travail, c’est un vrai parcours du combattant ! Partout, on me reproche de ne pas avoir d’expérience antérieure… en France ! Mes dix années d’expérience professionnelle en Côte d’Ivoire ne sont pas prises en compte. Il y a besoin d’une expérience en France pour rassurer un recruteur. Heureusement, j’ai rencontré le dispositif ENEID et intégré la quatrième promotion de Job Academy… »

Assurance. Avec le soutien de Manpower, membre du club ENEID, elle décroche un premier stage en EMT, évaluation milieu de travail, au service formation de l’entreprise d’intérim : « Ce stage a confirmé que je devais poursuivre mes recherches dans le secteur de la formation et des ressources humaines. » Puis, en septembre 2007, le CNAM des Pays de la Loire, également membre du club ENEID, lui propose un poste, d’abord comme assistante aux inscriptions puis, comme assistante à la gestion des projets de formation. « Je suis chargée de la coordination et de la mise en œuvre d’un nouveau projet de formation qui démarre en janvier 2008. Un poste qui correspond tout à fait à mes attentes et mes compétences. Le dispositif ENEID m’a permis d’enfoncer la porte, de tout débloquer et briser les fermetures. Sinon, c’était le désespoir. On ne nous garantit pas l’embauche mais, au moins, on nous permet d’avoir un entretien, de montrer ce que nous valons. Et ça, c’est valorisant. Un entretien donne de l’assurance et surtout… il permet d’espérer.

Contact : 06 64 32 96 27.

Blaise, 32 ans – sciences et techniques
« Avoir accès aux offres d’emploi cachées, celles qui n’apparaissent sur aucun site… »
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Blaise a travaillé quatre ans au Cameroun comme enseignant et a souhaité reprendre ses études. En 2004, il arrive en France et s’inscrit en faculté de sciences et techniques à Nantes où il choisit la filière ingénierie mathématique, option calculs scientifiques. Il suit alors un stage de six mois dans une unité de recherche en hydrologie hydraulique à Lyon. En septembre 2007, son master était validé. Il recherche depuis un emploi durable sur un poste d’ingénieur d’études.

« Par solidarité, je donne des cours de soutien le soir à des enfants. Je donne également des cours de mathématiques à deux secondes, une première L et une terminale S. J’ai rejoint la Job Academy. Un parrain nous accompagne pour faire avancer nos dossiers. C’est important car les portes de l’entreprise nous sont ainsi ouvertes. Par ailleurs, nous pouvons avoir accès aux offres cachées, celles qui n’apparaissent sur aucun site. »

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