Jean Ngodi, ENEID : « « À formation égale, devrait découler traitement égal… » »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - diversité

Jean_Ngodi__3_.JPG Jean est né en 1972 à Yaoundé au Cameroun. Il arrive en France en 1989 pour rejoindre son frère qui travaille alors au consulat du Cameroun. Il est aujourd’hui chargé de mission à Nante pour ENEID, Entreprises nantaises pour l’emploi et l’insertion durables.

L’association ENEID se fixe comme mission de

  • rassembler, autour de grandes entreprises nationales représentées localement, des entreprises de tous secteurs d’activité et de toutes tailles pour participer et conduire des actions d’information, d’insertion sociale et professionnelle, d’accès et de retour à l’emploi de publics en difficulté,
  • de s’associer à des projets de redynamisation sur des quartiers sensibles de Nantes et son agglomération et de prendre toutes initiatives, de participer à toutes manifestations,
  • de répondre à toutes demandes et plus généralement de prendre toutes dispositions et engager toutes actions permettant de poursuivre et de réaliser l’objet de l’association.

Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

Jean__en_formation_.JPG« J’ai obtenu la nationalité française. Même si je me sens surtout Français, je n’oublie pas que j’ai une double culture et donc, une double richesse. J’ai suivi mes études et ai obtenu à l’université de Nantes, une maîtrise d’économie, un DESS d’économie sociale développement local et emploi. Je travaillais la nuit comme gardien pour payer mes études. » Jean travaille quatre ans au sein d’une société d’études de marché. Il conduit ainsi diverses études sur la sécurité dans les transports publics, le bien-être dans le logement social… « Licencié pour raison économique, j’ai effectué différents emplois par le biais de l’intérim : maçonnerie, manœuvre… Je n’aime pas rester à ne rien faire ! Ça a duré un an.» Jean réside dans le quartier Malakoff et s’implique corps et âme dans le milieu associatif : « J’ai eu souvent l’occasion d’intervenir auprès des élus locaux pour évoquer la situation des jeunes de ce quartier. Je tentais d’expliquer, de dire que s’ils cassent parfois, c’est parce qu’ils n’ont pas autre chose à faire. Que dire à son petit frère si soi-même, on n’a pas fait d’études, si l’on n’arrive pas à trouver du travail ? » L’engagement de Jean retient l’attention des élus. On lui propose un emploi au conseil régional des Pays de la Loire comme cadre chargé de différents programmes : un CDD de six mois.

Détresse. Puis, en 2006, il entend parler de l’initiative ENEID, dont la création était fortement soutenue par la ville de Nantes : « Ma candidature a été retenue pour la coordination et l’animation du dispositif. J’anime par ailleurs une formation qui s’appelle « comprendre le monde de l’entreprise pour mieux s’y impliquer ». Ce qui me motive par-dessus tout, c’est d’aider les jeunes à s’insérer dans la société. J’en vois qui ont des diplômes, des parcours riches et qui ne trouvent pas d’emploi. Beaucoup se sont sacrifiés pour payer ces études et ne voient pas leurs efforts récompensés. Ils ne trouvent pas parce qu’ils s’appellent Mohamed, parce qu’ils habitent Malakoff, parce qu’ils sont noirs… Beaucoup de jeunes sont en détresse. Nous devons tout faire pour les aider. Beaucoup d’entreprises se sont engagées mais les résistances, les représentations, les discriminations indirectes demeurent. À formation égale, devrait découler traitement égal, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’objectif reste l’emploi, le travail temporaire, une formation, un stage, un contrat à durée déterminée… Peu importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape la souris ! »

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