FNPL : des compétences, des services, de nouvelles formes d’emploi, des aides

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

« Et si l’embauche d’un travailleur handicapé faisait progresser votre entreprise… »

FNPL.plaquette__copie_.jpgLa Fédération nationale des producteurs de légumes édite une plaquette afin de présenter les aides financières disponibles pour l’embauche d’un ouvrier, reconnu travailleur handicapé, au service des entreprises agricoles en maraîchage, production fruitière, viticulture, transformation et conditionnement de produits.

Plaquette éditée avec le concours financier de l’Agefiph et du Fonds social européen
Recueil de témoignages et rédaction : Tugdual Ruellan
Maquette : Damien Schitter
Impression : Impression directe

téléchargeable sur :
www.fnplegumes.org/sites/fnplegweb/Publications/publi/plaquette_agriemploi.pdf

Témoignages
Jean-Paul Douillard est producteur de tomates, de concombres, de mâche et diverses céréales en Vendée. Parmi ses 25 salariés, il y a Sébastien, embauché depuis six ans maintenant…
« Il ne sait ni lire ni compter ; c’est vrai, il ne faut pas trop demander de choses à la fois, mais en retour, Sébastien donne beaucoup. Et peu à peu, avec le soutien de sa famille, il a acquis beaucoup de conscience professionnelle. Nous l’avons aidé à construire des repères dans l’entreprise. Et c’est extraordinaire de voir aujourd’hui comment il est intégré dans l’équipe. Il y a beaucoup d’entraide et de respect mutuel entre les salariés et ça, c’est pour moi une grande satisfaction. Les compétences… avec un peu de patience, elles se déploient. Le handicap, ça concerne tout le monde… Personne ne doit rester sur la touche. »

Avec deux associés, Christophe Liot , a créé un GAEC dans la Manche. Ils emploient aujourd’hui quatre salariés dont deux personnes handicapées en parcours d’insertion professionnelle. Tout a commencé par l’apprentissage avec des jeunes en difficulté. « On a accroché ! C’est une aventure au quotidien, riche d’enseignement. Nous nous devions d’ouvrir nos portes pour permettre à des personnes de s’insérer dans le milieu du travail. Avec un simple petit coup de pouce, on arrive à des choses formidables avec des gens qui étaient pourtant, relativement éloignés de l’emploi. Redonner confiance à quelqu’un, partager avec lui des responsabilités suffit parfois pour que qu’il s’engage, sorte de lui-même de l’exclusion. Plutôt que d’assister, nous avons fait le choix d’accompagner et d’offrir une passerelle aux gens en difficulté pour qu’ils accèdent au monde du travail. Au final, tout le monde s’y retrouve !»

Dans le Finistère, Claude Segalen produit sous serre, tomates et concombres. Trente salariés interviennent sur deux hectares d’exploitation. La porte est grande ouverte pour accueillir des personnes en difficulté…
« Lors du recrutement, c’est la même méthode pour tous. Ce que je souhaite avant tout, c’est la franchise… On examine la situation ensemble pour envisager les éventuelles adaptations. Ce qui compte avant tout, c’est la compétence de la personne. Nous mettons en place un contrat et nous fixons des objectifs. On fait le point de temps en temps et bien souvent le dynamisme et la motivation compensent largement le handicap. Une grande part de réussite est liée à la confiance réciproque qui s’établit entre nous. Il y a l’activité de l’entreprise, le rythme de la production mais aussi l’ambiance au sein de l’équipe. Et cela, ça compte plus que tout… »

En 1993, des vignerons alsaciens créent la Main Verte, une entreprise pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre auxquelles ils sont, chaque saison, régulièrement confrontés. Originalité ? L’initiative, qui apporte aujourd’hui un service tout au long de l’année à quelque 80 agriculteurs, offre un emploi à 28 personnes handicapées, formées et compétentes.
« C’est, estime le responsable Pierre Hoerter, une entreprise qui répond aux besoins saisonniers des agriculteurs et viticulteurs en mettant à disposition une main-d’œuvre qualifiée tout en offrant un emploi à temps plein à des personnes handicapées. Nous proposons aux professionnels des prestations de services, réparties sur l’année, pour les aider dans la gestion de leur exploitation. » En quoi la Main Verte est-elle une réussite ? « D’abord, parce que nous avons permis à des personnes, reconnues travailleurs handicapés, de devenir totalement autonomes (certaines ont passé leur permis de conduire et emmènent aujourd’hui leur collègue au travail). Ensuite, parce que nous avons créé un vrai projet au service de l’agriculture et du monde rural, incluant la notion de compétence, de réponse à un besoin des professionnels. Il y a véritablement eu là, rencontre entre économique et social. »

Un contexte législatif incitatif

La loi du 30 juin 1975 : elle substitue la notion de solidarité nationale à la notion d’assistance et tend à favoriser l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle crée les CDES (Commissions départementales d’éducation spécialisée) et les Cotorep (commissions techniques d’orientation et de reclassement professionnel). Elle affirme que la prévention et le dépistage des handicaps, les soins, l’éducation, la formation et l’orientation professionnelle, l’emploi, la garantie d’un minimum de ressources, l’intégration sociale et l’accès aux sports et aux loisirs du mineur et de l’adulte handicapés physiques, sensoriels ou mentaux, constituent une obligation nationale pour assurer aux personnes handicapées, toute l’autonomie dont elles sont capables.

La loi du 10 juillet 1987 réforme l’obligation d’emploi des personnes handicapées. Elle substitue à des obligations de procédures une obligation de résultats, elle introduit l’emploi des personnes handicapées dans le domaine de la politique contractuelle, elle étend l’obligation d’emploi à l’ensemble du monde du travail. Elle crée l’Agefiph, Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

La loi du 11 février 2005 reconnaît l’égalité des droits et l’accès à la citoyenneté à part entière aux personnes handicapées. Elle modifie considérablement les droits des personnes handicapées, notamment par la mise en place de mesures destinées à favoriser leur accès à la vie professionnelle.

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