Séminaire de clôture d’Eduqua en Ile de France (Equal – Fonds social européen)

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - insertion

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%% Les partenaires du projet Eduqua d’Ile de France organisaient leur séminaire de clôture le 18 décembre 2008 à Bobigny (Ile de France). Occasion de dresser le bilan et présenter les différentes produits réalisés : didacticiel métiers pour les jeunes des IME (instituts médico-éducatifs), publication « Parcours réussis… des réussites de parcours ».

Responsable du projet : Michel Ciordia, directeur de l’IME Chaptal à Epinay-sur-Seine, président de l’ADEMS, Association des établissements médico-sociaux
Réalisation publication : Tugdual Ruellan, à partir d’un reportage réalisé en octobre 2007 dans les établissements de Seine Saint-Denis, partenaires du projet Eduqua (Equal – FSE)
télécharger la publication sur :
http://www.sc-formation.fr/dnl/parcours_reussis.pdf

Eduqua 93 en Seine-Saint-Denis
Des parcours fluides pour une insertion sociale et professionnelle

Améliorer la qualité et l’efficacité des processus d’accès à l’autonomie, la qualification et l’insertion sociale et professionnelle des jeunes et adultes handicapés dans le département de la Seine-Saint-Denis, tel était l’objectif poursuivi par EDUQUA 93, dans le cadre du programme européen Equal.

« Il y a, avec le projet Eduqua 93 l’idée de mutualiser, travailler en réseau, initier la rénovation du système dans les établissements, confie Michel Ciordia, directeur de l’IME Chaptal à Epinay-sur-Seine, tête de liste du projet. Il y a aussi la volonté d’améliorer la qualité : la connaissance d’autres structures multiplie les possibilités d’orientation pour les jeunes handicapés que nous accompagnons dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle. »

Jeunes et adultes handicapés, professionnels, directrices et directeurs d’établissements, responsables d’associations de gestion ont été impliqués. « Cette diversité, insiste Jawad Hajjam, directeur de Savoir et Compétences qui a accompagné le projet, témoigne de sa configuration territoriale. Cela valorise la dimension politique et technique de l’action, la nécessité de mettre en place toutes les voies pour une meilleure insertion des personnes handicapées dans chacune des dimensions de notre société. » Mis en œuvre autour de quatre axes majeurs, Eduqua 93 a mobilisé trois groupes de travail inter-établissements et plus de cinquante professionnels. Des outils communs ont été construits avec des items choisis et définis collectivement : grille d’évaluation, d’acquisitions, d’aptitudes, de capacités, autant de processus partagés, s’inscrivant dans la loi de janvier 2002-2. Près de cent parcours « remarquables » ont été mis en œuvre à travers une mobilisation collective des établissements. La réflexion se poursuit autour de l’accessibilité à la reconnaissance des compétences et des capacités acquises dans l’emploi, la qualification professionnelle. Objectif : favoriser l’inclusion sociale et professionnelle et éviter le milieu protégé. Pour Jawad Hajjam, ce travail a permis à des structures « de s’inscrire, à l’échelle d’un territoire, dans une dynamique de partenariat, pour assurer une gestion de parcours fluides et garantir ainsi homogénéité, égalité de traitement, complémentarité de ressources au service de l’insertion sociale et professionnelle de la personne handicapée. »
Tugdual Ruellan.


Partenaires Eduqua :
IME Chaptal, IMP Louis-Michel, EMP Henri Wallon, EMP René Lalouette, EME Henri Wallon, EMPro de ma Résidence sociale, IME CAT Toulouse-Lautrec, IMPP Romain-Rolland, Savoir et Compétence, Accor.

Michel_Ciorda__9_.JPGLa force vive de réflexion » naît à l’UDANCE, branche départementale de l’ANCE (Association Nationale des Communauté Educatives). Cette association était pour nous avant tout un lieu privilégié d’échange et de conseil. En 2001, à la suite de difficultés de gestion, l’ANCE, et donc les UDANCES, sont dissoutes. Deux ans plus tard, le 7 novembre 2003, les responsables d’établissements et services de Seine Saint-Denis créent l’ADEMS, Association Des Etablissements Médico Sociaux, regroupant des IME, ESAT, CMPP, CAMPS, Foyers d’hébergement, SESSAD…

La DDASS, notre autorité de contrôle, approuve cette création et autorise les établissements et services à cotiser sur leurs budgets de fonctionnement. L’ADEMS est aujourd’hui pleinement identifiée et reconnue et compte au rang des partenaires du secteur. Nous avions donc acquis cette habitude de réflexion partagée au sein d’un réseau.

Par ailleurs, des liens s’étaient déjà tissés entre Vivre Autrement et Savoir et Compétences de Strasbourg autour de « Diva », dispositif d’insertion pour travailleurs handicapés d’ESAT. Un questionnement se fait alors jour avec l’arrivée de la Loi de 2002, son arsenal de mesures, et plus particulièrement la notion de démarche d’amélioration de la qualité.

L’ADEMS sollicite l’expertise de Savoir et Compétences pour l’aider à construire les réponses et induire une dynamique de changement dans les établissements, tout en respectant l’histoire, l’identité, l’expérience de ses équipes avec la volonté de faire vivre l’éthique qui fonde le secteur médico-éducatif. Nous venions, dans les établissements, de vivre la mise en place de la Réduction du temps de travail. Nous nous étions heurtés à des cabinets de consultants peu scrupuleux et ne souhaitions pas renouveler ce type de contrats.

La démarche était alors novatrice dans le domaine de la démarche qualité : il n’y avait pas de modèle dans le médico-social. Nous souhaitions être les créateurs de nos outils d’évaluation aussi avons-nous adressé une demande à Savoir et Compétence. Notre réseau ADEMS s’est ainsi lancé ainsi dans la dynamique impulsée par le Fonds Social Européen et son programme Equal, en partenariat avec la DDASS et le groupe ACCOR pour créer le projet Eduqua.

Michel Ciordia,
président ADEMS, tête de liste du projet Eduqua, directeur de l’Institut médico-éducatif Chaptal à Epinay-sur-Seine, instituteur de formation.

Guy Martiano,
vice-président de l’ADEMS, directeur de la MAS d’Aulnay-sous-Bois (Association Toulouse Lautrec).

Témoignage de parcours réussis
Guy Martiano

Guy_Martiano__4_.JPGCet assemblage de termes ne manquant pas de questionner, nous vous proposons le cheminement suivant et de nous accompagner dans ce parcours. Parcours réussis… Réussite… Parcours.

Que sont ou que pourraient être une réussite et un parcours ? Et nous, les professionnels du médico-social, que pouvons-nous et que voulons-nous entendre en évoquant un « Parcours Réussi » ? Que l’on parle de séjour, de prise en charge ou d’accompagnement, de ceux qui fréquentent nos établissements ou services, nous pensons devoir organiser leur parcours comme on le fait d’un voyage que l’on souhaite heureux… Prévoir, anticiper, préparer les étapes, tenter d’éviter les embûches, appréhender les obstacles, s’entraîner à les franchir ou à les contourner… Préparer les bagages de celui qui va s’engager dans ces voyages, dans une succession de changements qui jalonnent le parcours. Chaque changement étant un nouveau voyage initial voire initiatique, bousculant acquis et certitudes, chargés d’angoisses et d’ambition, d’attente et de crainte… Tout ce qui pimente le parcours de la vie, au-delà même et surtout au-delà de la seule vie professionnelle guide et oriente notre action vers une réussite. Non ! Dans notre esprit le parcours réussi n’est pas exclusivement celui qui mène un jeune depuis son entrée en EMP à 4 ou 5 ans jusqu’à son insertion dans ce jeu de taquin du monde ordinaire du travail après avoir mobilisé l’équipe de l’EMP, puis celle d’un EMPro et enfin tout l’organigramme d’un CAT en passant éventuellement par un service d’hébergement… Même si nous rêvons secrètement, consciemment ou non, de devenir les Pygmalions de ces jeunes là, très souvent La Réussite revêt d’autres habits que ceux de l’utopie forcenée et se dissimule timidement derrière le masque de la réalité. Nos missions, telles que nous les concevons dans le cadre de cet engagement pourraient décemment se résumer à trois termes. Trois termes qu’il ne m’appartient pas de développer ici puisqu’ils sont le fondement du travail titanesque que nous entreprenons. Ces trois compagnons de voyages seraient alors ceux que nous soutenons. et encourageons: « L’accompagnement, la bientraîtance et la qualité de vie »… Pour la beauté du geste, pour notre propre gratification et pour répondre au parcours que nous impose le fond social européen, cette institution qui nous permet d’ouvrir ce gigantesque chantier, nous allons vous présenter des parcours dans lesquels transpire une certaine forme de réussite attendue. Nous allons vous en présenter, mais sachez que pour nous, lorsqu’un jeune quitte l’un de nos établissements après avoir vécu avec l’exclusion, les échecs et la souffrance, à côté de parents blessés et souvent confrontés aux difficultés du système, quand ce jeune entre dans une autre structure, encadrante, soignante et bientraîtante, la qualité de vie qui l’attend alors signe sans conteste une nouvelle étape d’un parcours réussi. La réussite… En d’autres lieux et d’autres temps la réussite était qualifiée de « patience »… De jeu de patience… Ce jeu de cartes qui organise la réussite nous questionne donc aujourd’hui… Qui pour nos jeunes détient les cartes de la réussite ? Quelle est la donne et pour quelle réussite ? De quelle dose de patience faut-il faire preuve pour atteindre quelle forme de réussite ? Nous jouons avec les mots pour dissiper les malentendus, et révéler nos intentions… Pour donner à nos débats le caractère enjoué qu’engendrent nos motivations, notre allant et notre volonté d’aider à tracer les parcours qui mèneront chacun vers la meilleure qualité de vie…. Vers celle qui convient à chacun et dans laquelle, en acteur principal, il joue le rôle essentiel.

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