Delphine Censier : au-delà des clichés

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

Copie_de_2004.04.Le_Rennais.353.jpgDelphine Censier au-delà des clichés
Delphine Censier, handicapée, immobile dans son fauteuil, est sujet des photos de charme qu’elle a choisi d’exposer. Pour montrer la grâce… et briser les clichés.

article paru dans Le Rennais n°353, avril 2004
Rédacteur en chef : Gilbert Lebrun
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Frédéric Matthias

Après avoir été exposées au centre de Beaulieu et à l’IRTS de Bretagne, les photos de Delphine Censier seront visibles à l’OSCR du 19 au 30 avril, 6, Cours des Alliés, Rennes (vernissage et débat le 20 avril).

http://www.tugdual-ruellan-communication.eu/public/Le_Rennais/2004.04.Le_Rennais.353.pdf

Ses bras ne répondent pas et pourtant, ils accueillent la vie. Ses jambes ne la portent pas et pourtant, ils agrippent le sol avec fermeté. Les photos que Delphine Censier a choisi d’exposer brisent les repères, éclatent dans l’espace, ravissent autant qu’elles déroutent. Delphine a 20 ans ; malgré son handicap qui la cloue dans un fauteuil électrique, elle s’est mise soudain à voler : « J’ai réalisé que je ne connaissais pas mon corps, que je vivais totalement dans mon esprit, que j’évoluais par procuration. J’ai eu alors besoin de me sentir bien, d’être active.» Avec l’aide de Béatrice, tierce-personne avec qui elle partage le quotidien, puis de Fatima, elle commence à poser pour des photos de charme. Delphine découvre qu’elle tient assise sans son corset, qu’elle peut prendre appui sur un genou posé à terre. « Je m’imaginais un bout de chewing-gum et en fait, je pouvais bouger. » Puis, c’est la rencontre avec le photographe, Frédéric Matthias, séduit par la démarche de Delphine. Les séances s’organisent ; les décors s’élaborent et peu à peu, naît la démarche artistique : « J’ai envie d’être, de montrer ce que je suis capable de dégager, au-delà de ce que les autres voient de moi. Pourquoi craindre ce que j’aimerai être, ce que je suis ? Mes photos ne montrent pas le handicap ; elles ne le cachent pas non plus. Je souhaite qu’elles suggèrent les questions que je me suis posées, qu’elles laissent la place à ce que l’on voie, ce que l’on est. Les réponses n’appartiennent qu’à celui ou celle qui regarde. »

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