Redécouvrir les chaumiers en Grande Brière

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

1995.05.Reperes_n_1.photo.jpgLe métier de chaumier se fait rare et pourtant, la tâche ne manque pas. Petit tour en Grande-Brière…
Les chaumiers, autrefois appelés « les éborgneurs de rats », manient palettes et fauchet. Un métier rare qui ne connaît pas le chômage.

Article paru dans Repères n°1 (Belgique), mai 1995
Rédactrice en chef : Mylène Le Peutrec
Reportage, texte et photos : Tugdual Ruellan

http://www.tugdual-ruellan-communication.eu/public/Reperes/1995.05.Reperes_n_1.pdf

Voilà plus de trois semaines que Denis Landais et Moïse Jubé sont sur le chantier. La chaumière sur laquelle ils travaillent, ils la connaissent bien. Bâtie en 1742, au coeur du petit village de Kerhinet, elle appartient aujourd’hui à René et Julienne, dernière descendance d’une longue lignée de tisserands cultivateurs de Grande Brière. Le chaume commençait à fatiguer. Il était temps de le « repiquer ». « Avec les inondations de l’hiver, il nous a fallu porter sur notre dos toutes les bottes de roseau », raconte Moïse, en équilibre sur son échelle. « A nous deux, on a mis un mois pour préparer le chantier » Du travail, ils en ont pour l’année et encore ils n’arrivent pas à répondre à toutes les demandes. Pourtant le métier de chaumier se fait rare : « autrefois dans les villages, tout le monde savait plus ou moins couvrir un toit de chaume. Ca faisait partie de la vie. Toute la famille s’y mettait, Moi, j’ai commencé à monter sur les toits à l’âge de 14 ans. J’en ai aujourd’hui 61… » Le roseau arrive en bottes sur le chantier. Pour une toiture neuve il est prêt à l’emploi. Mais pour un repiquage, il faut le préparer en petits paquets. Le végétal trouve sa place grâce à « la palette » en bois, glissée dans le vieux chaume. Une cheville en bois enfoncée au maillet, puis une coupe au fauchet ou au taille haies et voilà une couverture parée pour résister aux plus fortes tempêtes. « Ca n’a pas le temps de pénétrer. Il y a bien trente-cinq à quarante centimètres d’épaisseur ! La durée de vie d’une couverture est d’au moins cinquante ans. On peut faire des repiquages tous les trente ans, tant que les bois de charpente sont encore bons… »

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