Armatures Mancelles

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - entreprise

Installées depuis 1969 à Marigné-Laillé dans la Sarthe, les Armatures Mancelles se sont spécialisées dans la fabrication d’armatures métalliques pour le pavillon, prêtes au coffrage en béton armé. Elles ont depuis, mis au point et expérimenté la « solution armature », incluant une définition précise des produits, une étude de sol et une étude béton armé. Un savoir-faire, mis à disposition des Castors, qui résiste à toute épreuve… même aux tremblements de terre.

Article paru dans la revue Castors de l’Ouest – mars 2005
Armatures Mancelles, Montrubert – 72220 Marigné-Laillé
Tel. 02 43 47 00 40 – fax 02 43 42 67 50
Rédaction : Tugdual Ruellan

Les produits finis, fabriqués par les Armatures Mancelles, ne se voient plus une fois le pavillon construit. Et pourtant, sans eux, la maison s’écroule ! « Rapidement, confie le responsable Philippe Herlin, fils de Bernard qui créait l’entreprise il y a 35 ans, notre gamme de produits d’armatures standard pour le pavillon s’est agrandie. Nous proposons aujourd’hui à notre catalogue, quelque 1200 articles : poutres, chevêtres,semelles filantes ou isolées et autres armatures de liaison. Puis, nous avons élaboré notre solution armature avec étude béton armé et étude de sol. »

Au sein d’un groupe leader

L’entreprise ne cesse de se développer ; elle compte aujourd’hui plus de 80 salariés dont 40 soudeurs à l’atelier et 5 technico-commerciaux qui sillonnent en permanence les routes du Grand Ouest. En 1974, grâce à un réseau de franchisés, Armatures Mancelles crée la marque Standarm. En 1992, l’entreprise se rapproche des Armatures Valloises, non loin de Compiègne, créant le Groupe national Experton. « Toutes deux commercialisent Standarm, explique Raynald Ménard, responsable de l’administration des ventes d’Armatures Mancelles, une marque que l’on trouve désormais sur la moitié Ouest de la France. Nous sommes bien présents grâce à quelque 300 négoces répartis sur 25 départements.» Avec douze autres usines, développant des marques régionales, le Groupe s’est peu à peu affirmé comme le premier groupe national d’armatures standard. « Notre bureau d’étude a connu une importante évolution entre 2003 et 20024. Il y a 12 ans, nous n’avions en effet qu’un seul responsable avec trois techniciens. Ce même responsable gère aujourd’hui une équipe de dix techniciens et deux secrétaires. La part service au client augmente beaucoup plus que la vente proprement dite d’armatures : les affaires traitées par le bureau d’étude ont quasiment doublé en un an. » Pas d’exportation. Armatures Mancelles écoule ses produits et services dans le Grand Ouest, sur une zone s’étalant de Cherbourg à Limoges et de Brest à Troyes. Malgré la crise de l’acier, qui s’est déclarée au premier semestre l’an passé, l’entreprise a fabriqué et vendu quelque 12.500 tonnes d’armatures standard affichant un chiffre d’affaires de plus de dix millions d’euros.

Tel un jeu de construction

Tous les produits ont une fonction précise dans la construction de l’armature ; répartis en familles et tous certifiés NF abcan, ils viennent consolider la structure de la maison : fondations, chaînages, poteaux, linteaux, poutres…: « à partir d’un jeu complet, nous offrons la prescription de l’ensemble de l’armature : la définition des produits, le métré, la réalisation des plans de pose, les descentes de charges, c’est-à-dire, le calcul des poids des éléments du pavillon permettant de définir l’ossature en béton armé. Nous expliquons combien il est important de choisir le bon produit pour chaque usage. » Les différents calculs se réfèrent aux normes actuellement en vigueur, codifiées pour le pavillon dans le DTU, document technique unifié définissant les règles de l’art et celles du béton armé. « Dans la maison individuelle, il y a obligation de respecter les règles de l’art. Mais, contrairement au marché public, il n’y a pas de bureau de contrôle. En cas de litige, les experts s’appuient sur les règles de l’art rassemblées dans le DTU et dans les règles de calcul béton armé appelées les BAEL, béton armé aux états limites. Ces normes seront bientôt remplacées par les normes européennes de calcul, nommées Eurocod. » Chaque dossier confié à Armatures Mancelles est enregistré, planifié et rigoureusement suivi à la trace par le bureau d’étude, certifié socotec qualité pour le déroulement des études en béton armé.

Connaître le sol avant de bâtir

La résistance du sol varie selon les régions, sa nature, son histoire. Mais entreprendre l’analyse du sol d’une maison individuelle représente un investissement important (de l’ordre de 4000 euros). « Comme l’ensemble de nos confrères, poursuit Reynald Ménard, nous élaborions nos calculs à partir d’hypothèses, nous basant sur une valeur moyenne et précisant au client qu’il s’agissait d’une donnée à vérifier à ouverture des fondations, sous la responsabilité de l’entreprise. » Depuis 2000, Armatures Mancelles a imaginé une prestation d’étude de sol adaptée à la maison individuelle. Elle s’est dotée d’un pénétromètre dynamique, engin pouvant effectuer des sondages jusqu’à six mètres de profondeur et rapporter des échantillons de chaque couche du sol traversée.

La reconnaissance de sol procède en deux étapes. La première est une enquête cartographique associée à une enquête auprès de la mairie, du cadastre, voire sur l’environnement du site lui-même afin de détecter d’éventuelles présences de canalisations, de fossés existants, de remblais et comblements de fossés, étangs, d’argiles gonflantes, de sols inondables, de cavités, marnières… La seconde étape consiste au sondage physique du sol en recourant à trois séries de tests : l’hétérogénéité du sol – un maillage d’électrodes permet de mesurer 120 m3 de terre à chaque impulsion et ainsi faire apparaître l’homogénéité ou l’hétérogénéité du sol ; la compacité du sol avec le pénétromètre : trois à quatre sondages pour une maison individuelle permettent de déterminer la capacité portante du sol à différentes profondeurs ; un prélèvement à l’aide d’une tarière afin d’identifier la nature des différentes couches du sol. Après étude de ces différents tests et relevés, le rapport de sol est établi ; il contient systématiquement les résultats des sondages et des anomalies détectées, les conclusions précisant les hypothèses et solutions de fondations. Les résultats du sondage à travers les trois types de tests sont traduits par un plan des courbes de résistivité consécutifs aux tests par impulsions électriques ; un diagramme de compacité en fonction de la profondeur ; la nature et l’épaisseur des couches de sol rencontrées. « A partir de ces résultats, les solutions sont dégagées : elles concernent l’encastrement : profondeur du fond de fouille par rapport au terrain naturel et le taux de travail du sol nécessaire au calcul de la largeur des semelles. Sont proposés ensuite, les principes mêmes de fondations. Les données de l’étude de sol sont exploitées par le bureau d’étude béton armé afin de définir les armatures nécessaires et établir les plans de pose. » Le coût de la prestation est de l’ordre de 1600 euros hors taxes.

Changement de mentalité

« C’est un changement profond de la manière d’envisager la construction, estime Reynald Ménard. Jusqu’alors, les travaux étaient conduits de manière empirique, sans connaissance réelle de la nature du sol au-delà de 80 centimètres. Nous savons désormais précisément quelle est la nature et donc la qualité du terrain. Parfois, quand le sol est bon, c’est une économie qui est réalisée par rapport aux hypothèses moyennes déterminées jusqu’alors. C’est de toute façon une sécurité totale qui est apportée car la solution armature qui découle est parfaitement adaptée. Les risques de déformation ou de fissuration d’une maison sont bien réels. » Si des sols instables sont décelés, les préconisations peuvent être des fondations spéciales comme des poutres sur des puits ou des longerines coulées sur le sol stable. La plus habituelle se fait par semelles filantes disposées sous les murs, par radiers pour sols marécageux (plate-forme complète très ferraillée).

80 ans pour qu’un remblais se stabilise

Bien sûr, la démarche reste volontaire : c’est le constructeur qui doit l’adaptation au sol de l’habitation, pas le vendeur du terrain. Mais en acquérant un terrain, l’acheteur n’a aucune assurance ni information réelle concernant la nature du sol ni sa résistance au tassement. Peu d’acheteurs savent qu’il faut en effet patienter au moins 80 ans pour qu’un remblais se stabilise. Il n’est pas rare de voir des maisons mal ferraillées se fissurer, voire éclater comme par exemple, lors de sécheresses entraînant la rétraction de sols argileux. Dans le meilleur des cas, des réparations sophistiquées et coûteuses permettent de réparer ; mais parfois aussi, il faut raser et recommencer ! « Nous savons que les meilleurs terrains sont déjà occupés et construits depuis longtemps. On construit aujourd’hui de plus en plus sur des terrains à risque parce que récemment viabilisés ou remblayés avec des matériaux plus ou moins stables, sur des zones marécageuses. » Armatures Mancelles a regroupé étude de sol, définition de l’armature et livraison des produits sous le terme de « Solution sécurité des structures » : « Nous avons ainsi éliminé tous les risques, les hypothèses par défaut ; nous maîtrisons le sol et la construction. Sans compter que de tels documents peuvent devenir des arguments non négligeables au moment de la vente d’une maison, attestant d’une garantie sur le long terme. »

Risques sismiques

Les études proposées par l’entreprise intègrent le risque sismique qui touche quelques zones du territoire national. Les règles PSMI de 1989 – révisées en 1992 – (parasismiques simplifiées pour la maison individuelle), sont alors appliquées. Elles ont pour but de protéger la personne qui vit dans l’habitation, plus que l’habitation elle-même, et préconisent des types de ferraillage particuliers, notamment ceux des encadrements de toutes les ouvertures. Les contraintes varient selon le degré de risque et selon la zone géographique (zone 1A, 1B, 2, 3…) Le permis de construire spécifie l’obligation de respecter la réglementation para sismique. Les conséquences sont importantes notamment sur la quantité de béton nécessaire à la fabrication et donc, sur le coût. Ainsi, dans la Sarthe, l’application des règles para sismiques se traduit par l’utilisation de plus de 70% d’armatures, de plus 20% de béton et donc de main-d’œuvre…

Livraison sur le chantier

C’est à partir du cahier des charges complet comprenant le plan architecte, le plan de masse, le CCTP ou descriptif de l’ouvrage et enfin, l’étude de sol que sont réalisées les descentes de charge puis, le calcul des structures ainsi que la définition des armatures métalliques. Le bureau d’étude réalise ensuite les plans de pose des armatures par niveau, accompagnés des détails d’exécution. Quelque 1200 références peuvent aussi être fabriquées sur mesure. Les armatures sont livrées sur le chantier, chacune étant identifiée par des étiquettes. Un lot de cales et d’embouts plastiques est systématiquement fourni avec chaque colis pour faciliter la mise en œuvre. Un certificat de garantie attestant des certificats et assurances dont bénéficie l’ouvrage est délivré à l’acheteur.

Partenariat avec les Castors

Les Castors de l’Ouest ont établi récemment un partenariat avec les Armatures Mancelles. Un fonctionnement type a ainsi été défini sur le cheminement des dossiers (étude de sol et solutions armatures). L’adhérent Castor contacte directement son agence ; c’est elle qui envoie le dossier de demande, les plans, demandes de devis et fiches de renseignements à Armatures Mancelles. L’adhérent Castor reçoit le rapport d’étude de sol deux semaines environ après l’intervention. Pour l’étude béton armé, l’agence transmet la demande, le descriptif avec les informations nécessaires concernant l’ouvrage, le plan de masse, le nom du sous-traitant. Elle propose un négociant de matériaux et un délai de livraison. Armatures Mancelles fait le devis avec le coût armatures, le métré béton puis indique à l’agence les coordonnées du négociant et le délai de réalisation de l’étude. Si accord , l’agence renvoie le bon de commande et le devis signé ; Armatures Mancelles lance la fabrication et livre l’armature au négociant de matériaux ; l’agence Castor reçoit les plans de pose, les coupes, la garantie décennale nominative. Le négociant livre le colis sur le chantier. Il n’y a plus qu’à se mettre à l’ouvrage pour que la maison sorte de terre…


Tugdual Ruellan

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