Artiste et journaliste disent la guerre en Irak à leur façon

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - éducation

Lycee_Quimperle.JPG Le traitement médiatique de la guerre en Irak est forcément orienté selon le type de média et le projet éditorial. La vision artistique apporte sens et compréhension à l’événement. C’est ce qu’ont compris les élèves de terminale européenne qui, accompagnés de leur professeur d’anglais Claire Davy-Galix, ont rencontré et questionné un artiste américain et un journaliste irakien.

article paru dans Bloc Notes en ligne (Rectorat académie de Rennes), 1er avril 2007
Rédactrice en chef : Nathalie Le Garjean
Texte et photo : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
Guerre_en_Irak.pdf

L’an passé, une première rencontre a lieu avec Daniel Heyman, peintre américain, invité en Bretagne par l’école américaine de Pont-Aven. « Fortement engagé dans la vie politique, il s’est inspiré des tortures faites par les soldats américains lors de la guerre en Irak dans la prison d’Abu Grahib, portées à la connaissance du monde entier par le biais de photographies, expliquent Eugénie Lucas, Claire-Alice Rozic, Pauline Daniel, Margaux Hascoat et Alexandre Picard, aujourd’hui élèves de terminale. Il utilise la technique de la gravure sur papier de riz. Nous avons visité son exposition et avons échangé avec lui sur le rôle de l’artiste. » Très vite, le sujet les passionne. Ils étudient divers documents dont bon nombre d’articles de journaux américains. « Nous voulions comprendre comment on réalise un reportage télévisé dans une zone à risque comme l’Irak. Nous avons pu analyser des reportages de CNN et de la BBC, aborder la légitimité du nouveau gouvernement, le rôle des milices shiites et sunnites. »

Dans le cadre de l’opération Renvoyé spécial, la Maison des journalistes leur propose alors de rencontrer Mondir Madfai, journaliste irakien exilé, menacé de mort dans son pays, devenu correspondant pour les médias français. « Nous avions préparé diverses questions sur son travail, la vie quotidienne en temps de guerre. Nous avions lu également ses poèmes et nouvelles écrits au cours de sa vie d’exilé. Rencontre très émouvante…Nous sommes impressionnés par le courage des journalistes qui luttent, au péril de leur vie, pour la liberté de la presse. » Poursuivant leur investigations, les élèves entrent en contact, par le biais d’un forum sur internet, avec des élèves de leur âge du lycée privé Loyola à Los Angeles : «Nous leur avons fait part de nos observations, du bien-fondé de la guerre, de la manipulation de certains médias… Echanges parfois vifs, sans concessions ! » Le travail s’est achevé par la réalisation d’un dossier individuel, capitalisant les différents enseignements, que les élèves pourront présenter au bac. « Depuis, nous nous intéressons davantage à l’actualité et comprenons différemment les informations. Nous ne pouvions pas imaginer que les projets éditoriaux pouvaient être si différents. Mondir Madfai a été surpris de découvrir la démarche de Daniel Heyman que nous lui avons présentée. Il ne pouvait pas imaginer qu’un Américain puisse critiquer la position de son gouvernement. Peut-être se rencontreront-ils… »

Tugdual Ruellan

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