Pascal Pelleter : « prouver aux élèves qu’ils peuvent être remarquables ! »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - éducation

pleyben__1_.photo.jpgLycée professionnel de Pleyben
« S’engager dans la voie professionnelle, insiste Pascal Pelleter, proviseur, nécessite de bien s’informer au préalable et de ne pas hésiter à aller dans les lycées professionnels rencontrer les élèves, les responsables de filières. »

article paru dans Bloc Notes en ligne (Rectorat académie de Rennes), 10 juin 2008
Rédactrice en chef : Nathalie Le Garjean
Texte et photos : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
pleyben__1_.pdf Régulièrement, l’établissement propose aux élèves de troisième, des minis stages d’immersion. Chaque jeune est mis en relation avec un élève de première année de BEP. Ils passent la journée ensemble, réalisent, avec les enseignants, de petits objets de menuiserie qu’ils emmènent le soir chez eux. Chaque année, une centaine d’élèves du département est ainsi accueillie entre le début du mois de février et les vacances de Pâques, période cruciale dans le choix de l’orientation. « Ce qui, précise M. Pelleter, implique un travail en amont. Les élèves doivent avoir réfléchi à leur orientation. Le but de cette journée est de dédramatiser l’entrée en lycée et surtout, de vérifier que l’on ne fait pas fausse route dans son orientation professionnelle. »

Renforcer l’estime de soi

Mais valoriser la voie professionnelle, est beaucoup plus pour le responsable d’établissement : « Bon nombre d’élèves, lorsqu’ils arrivent en lycée professionnel, se sentent dévalorisés, en échec. Nous devons avant tout renforcer l’estime de soi, les réconcilier avec l’institution scolaire, révéler leurs talents et leur montrer qu’ils n’ont pas à rougir de leurs compétences. Alors, nous les accompagnons dans leur parcours le plus loin possible. Nous voulons leur prouver qu’ils peuvent être remarquables». Très vite, l’établissement cherche à susciter des candidatures aux concours organisés par l’éducation nationale ou autres partenaires. Les jeunes élèves sont invités à participer à divers concours comme celui du meilleur apprenti de France, le concours initiative jeune de la DAET, celui du Rotary pour les stagiaires de la formation continue… Des réalisations interdisciplinaires, engageant les élèves dans des projets ambitieux, sont initiées comme cette maison bio climatique, régulièrement visitée par les professionnels. Les enseignants n’hésitent pas à répondre à de véritables appels d’offres et entraîner leurs élèves dans de surprenantes réalisations : « On entre ainsi dans le concret et le réel. ». Ce sont eux qui construisent un bâtiment de 450 m², à partir d’une ossature bois, pour agrandir les ateliers dans le cadre d’un chantier école, subventionné par la région. Ce sont les élèves aussi qui ont construit la salle des fêtes et le boulodrôme de Lannédern, avec le soutien d’un architecte des bâtiments de France. « Une de nos charpentes a été primée par l’association des maires de France. Nous allons prochainement en réaliser une autre, plus complexe, à la demande d’une entreprise, preuve s’il en faut, d’une compétence reconnue. »

Comment savoir que l’objectif est atteint ? L’équipe enseignante s’est fixée trois indicateurs. On sait que le taux d’abandon est généralement plus important dans la voie professionnelle que dans l’enseignement général. Ici, seulement 2 % des élèves abandonnent leur cursus sur un total de 350 élèves en formation initiale. « Garder les élèves est déjà en soi un premier indicateur de réussite. » Les enseignants observent ensuite le taux de poursuite des études après le bac : « Nous ne sommes qu’à 10% et nous nous fixons l’objectif de 20 %. » Enfin, il faut s’assurer que les élèves sont bien dans l’emploi à l’issue de leur formation : « lorsqu’un élève sort de la voie professionnelle, il est en principe employable, à condition de sortir avec le bon diplôme, un CAP ou un bac professionnel. Cinq mois après la sortie de terminale, 86% des élèves sont insérés professionnellement mais 14 % restent sans solution. Nous souhaitons descendre à moins de 10 %. A nous de savoir mettre nos formations au goût du jour, à moderniser l’image des métiers du bois et du bâtiment, responsabiliser et accompagner les jeunes… Prouver aux élèves qu’ils peuvent être remarquables ! » Tugdual Ruellan.

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