Des cafétérias équitables pour un développement durable

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - développement durable

Lycee_F.Dantec.10.JPGLycée Louis Guilloux à Rennes et lycée Félix Dantec à Lannion
Les distributeurs de boissons et de confiseries devenaient interdits à la rentrée dernière à l’intérieur des établissements scolaires. Les lycées Louis Guilloux à Rennes et Félix Dantec à Lannion en ont profité pour créer des cafétérias équitables et sensibiliser en direct les élèves au développement durable.

article paru dans Bloc Notes
le magazine du Rectorat de l’académie de Rennes, mars 2006
Rédactrice en chef : Nathalie Le Garjean
Texte et photo : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
2006.03.Bloc_notes.55.04.pdf

Soyez ecolozen ! Le slogan est lâché et les élèves de Louis Guilloux à Rennes en ont fait leur devise en créant à la rentrée dernière leur cafétéria équitable. « Il y a dans l’établissement une tradition d’action éducative qui s’inscrit dans une démarche solidaire et éco-citoyenne, souligne le proviseur Bertrand Elise. Les représentantes de la section commerce ont intégré depuis longtemps la notion de développement durable à leur enseignement. La suppression des distributeurs dans les établissements scolaires a permis d’initier une nouvelle réflexion. » Anne Mahé, Agnès Le Rolle, Pierrette Mercier, Daniel Rousselot et M. Le Landais, enseignants, lancent à la rentrée dernière l’idée d’une cafétéria équitable : « Nous imaginions créer un lieu d’échange, de convivialité et éviter que la suppression des distributeurs ne conduise à un éclatement de la dynamique de l’établissement. Ce projet, piloté par la vie scolaire, combine actions éducative et pédagogique, impliquant trois sections sur quatre : pâtisserie, biotechnologies et commerce. »

Louis_Guilloux__1_.JPGLouis_Guilloux__2_.JPG Dès septembre, une enquête est lancée auprès d’un échantillon de 250 élèves, représentatif de l’ensemble des 552 élèves, afin de mieux connaître les besoins. Les élèves étudient alors les questions d’approvisionnement, recherche des fournisseurs, gestion, prix de vente, assortiment des produits, implantation du lieu… Parallèlement, un autre groupe travaille sur la définition du commerce équitable et du produit biologique. « Nous avons ainsi pu déterminer le lieu le plus pertinent, les produits souhaités et choisir le Zen comme nom de la cafétéria. » Le 18 novembre, avec l’aide de la Région, la cafétéria est inaugurée ; des affiches et un diaporama, diffusé sur les écrans internes, annoncent son ouverture. Le succès est immédiat. La cafétéria est ouverte pour la récréation du matin, jusqu’à 11 h, puis de midi à 14 h. Une assistante d’éducation assiste les élèves de CAP, BEP ou bac pro qui ont accepté de prendre en charge son animation. Café, thé, chocolat, jus de pomme, jus d’orange, en-cas, pâtisseries, tablettes de chocolat… Tous les produits que l’on y trouve sont biologiques, issus du commerce équitable ou réalisés par la section pâtisserie dans le cadre du projet pluridisciplinaire à caractère professionnel. « Les élèves étaient en attente et sont ravis de l’initiative. L’un des intérêts a été de conjuguer commerce et solidarité au coeur de la formation tout en nous assurant que la prise en charge du projet se faisait par les élèves. Nous souhaitons ouvrir davantage ce lieu et peut-être, y accueillir expositions, conférences et débats. »

A Lannion,

Au cœur de l’établissement, qui rassemble quelque deux mille élèves, la cafétéria s’anime, lieu de rendez-vous devenu incontournable. Ici aussi, tout est issu du commerce équitable et le café fleure bon les senteurs venues de Bolivie, de Haïti ou de Côte d’Ivoire. Le projet est né à la rentrée dernière au sein de l’équipe vie scolaire, constituée d’une quarantaine de permanents, sous la houlette de Catherine Herrou, conseillère principale d’éducation. Avec un budget de 3000 €, attribué par le conseil de vie lycéenne, on s’est hâté pour transformer cette salle, alors inoccupée, confectionner un bar, acheter du mobilier et du matériel. Aujourd’hui, on y consomme thé, café, jus de fruits, autant de produits issus du commerce équitable. La cafétéria est ouverte de 8h à 17h30 ainsi que certains soirs pour les internes. Nicolas Le Glas, surveillant mais aussi animateur et directeur de centre de loisirs, a eu l’idée d’y adjoindre des jeux : « On peut y participer en petits ou grands groupes, explique-t-il ; beaucoup prônent la coopération et la solidarité. » On y écoute aussi de la musique et consulte des journaux. Il n’est pas rare d’ailleurs que les élèves laissent leurs propres revues et magazines. L’encadrement et la gestion sont assurés par les surveillants. Tout bénéfice est réinvesti dans des jeux, du matériel et la cafétéria peut aussi être un moyen de revenus pour des projets particuliers comme des voyages scolaires. « Les élèves fréquentent de plus en plus cette cafétéria et nous notons des effets insoupçonnés, se réjouit Catherine Herrou. Le projet a généré un comportement responsable qui s’observe aussi durant les cours : respect des horaires, du matériel, des uns et des autres. C’est devenu un lieu de vie, d’échange. Jamais le surveillant à intervenir et l’ambiance se nourrit d’elle-même. Pas d’interdits et pourtant, pas de casse. On enlève ses chaussures avant d’aller sur la moquette. Pas de gobelets jetés à terre et les élèves font la vaisselle spontanément. Nous envisageons de créer une association indépendante afin de gérer la cafétéria et de s’ouvrir à l’extérieur, accueillir des expositions, des intervenants. »

Tugdual Ruellan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *