Faudel : « Je ne suis pas un porte-parole ; je ne suis qu’un marchand de bonheur »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - musique

faudel.photo.jpgLe chanteur de raï Faudel était en concert le 24 mars 2001, invité par la Ville de Vannes. Rencontre…

Vous étiez hier à Tunis, demain à Monaco… C’est une nouvelle tournée qui démarre ?
On ne peut pas dire ça. Le raï, c’est une musique de fête ; c’est pas comme la variété française où il y a une tournée durant trois mois. où on se dit, on va faire les grosses villes, avec un début et une fin. Moi, c’est un peu tout le temps, à la demande, selon les rencontres, les opportunités.

Article réalisé pour l’AFP, Agence France Presse, le 24 mars 2001
Interview : Tugdual Ruellan

Vous êtes très jeune…
J’ai presque 23 ans. J’ai découvert les planches à l’âge de 15 ans. Tout va vite, les jours passent comme des voitures ! Je ne m’attendais pas du tout à tout ce qui arrive avec ce deuxième projet Samra, qui veut dire métis. Parce qu’on avait mis la barre haute avec ‘Tellement je t’aime »… C’est que mon deuxième album. C’était pas gagné. J’essaie d’être le plus sincère. On a vendu 350.000 albums et 1,7 million des 2 singles. Pendant un an, on ne m’a trop vu : j’ai travaillé sur l’album et j’ai essayé le 7e art, un peu de télé. J’ai pris un peu de recul, j’ai essayé de me parler et d’être honnête avec moi-même.

Ces deux orientations, la scène et le cinéma, vont rester des fils conducteurs dans le déroulement de votre carrière…
J’aimerai bien. vraiment : j’aimerai pouvoir faire les deux car j’ai découvert quelque chose dans le cinéma au niveau de l’interprétation. Le fait de rentrer dans la peau de quelqu’un, ça m’a amusé ! J’ai toujours chanté dans ma vie, des concerts, des fêtes… Le fait de zapper. de faire autre chose, voir d’autres gens, un tournage. j’ai pris de l’oxygène. Ca a été enrichissant.

À vos côtés, il y a les grands frères : Cheb Mami et Khaled
Tout à fait…

Y-a-t-il d’autres projets avec eux ?
Comme Notre-Dame de Barbès. Un deux trois soleils… Oui, oui, j’aimerais bien sincèrement. Le projet en lui-même va continuer. et le plateau va s’élargir car on va inviter plein de gens. C’est un challenge. Ma force aujourd’hui, c’est d’avoir une pluriculture : je suis Français, d’origine algérienne.

Ca fonctionne bien entre vous, il y a comme un esprit de famille
Oh oui, moi, je peux pas faire semblant.

Par rapport à ce que vit l’Algérie, votre pays d’origine, est-ce que vous vous sentez un artiste porte-parole d’un peuple en souffrance ?
Non. je ne suis pas un porte-parole. Je suis issu d’un quartier, dit difficile. le Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. Je ne suis pas un porte-parole, je ne suis qu’un marchand de bonheur. En même temps, je ne dis pas que je fuis ce qui se passe dans mon pays d’origine. Je suis conscient. On essaie de comprendre mais je vis la plupart de mon temps en France. Mon adresse fiscale est en France. Je vois ce qui se passe… Papa et maman ont le satellite et voient ce qui se passe en Algérie. C’est dur. Comme dirait M. Boutefliqua. c’est pas d’un coup de baguette magique qu’ils vont tout changer. J’essaie de me mettre à leur place, de là à dire que je vais changer quelque chose… Ce que j’essaie, c’est de durer le plus longtemps possible. Je chante en français parce que c’est ma langue natale : mais j’essaie de marier les deux. Cette double culture. c’est une richesse. Ce que j’aimerai. c’est inviter plein de gens et faire un concert dans le désert !

En matière de cinéma, y-a-t-il d’autres projets qui se profilent ?
Oui. pour la télé. Ca va s’appeler le Pion. Ca sera moi. On va réaliser le pilote et si ça fonctionne, on va en tourner plein d’autres. Dans ce film, je suis étudiant à la fac et je dois payer mes études. alors je travaille comme pion dans un lycée à Paris. Je suis un peu comme un grand frère. C’est avec Jean Drucker avec une diffusion prévue sur M6. Je devais tourner en avril. C’est reculé mais tout est prêt : l’équipe est prête, les repérages sont faits, j’ai donné mon accord.

Souvent, on demande aux chanteurs, lorsqu’ils font du cinéma, de jouer un rôle de chanteur. Vous, comme dans Jésus, ce sont des vrais rôles de composition…
C’est vrai qu’à chaque fois, c’est que des belles histoires et pas forcément des rôles avec l’Arabe de service Il y a vraiment un rôle d’écriture avec les auteurs et ça, c’est formidable. J’ai été associé à l’écriture du scénario, ai pu modifier des choses, il y a une écoute, un vrai travail de fond. Des fois, je m’appelle François dans des films, c’est fabuleux…

Faudel Belloua est un chanteur né le 6 juin 1978 à Mantes La Jolie. Il est passionné par la musique et surtout par la raï dès sa plus tendre enfance. Il débute sa carrière à 12 ans, en chantant dans un groupe appelé « Les Etoiles Du Raï ». Il a aussi l’occasion de chanter en première partie de Oihid en 1993. Dès lors, il se fait peu à peu connaître et fait la rencontre de Cheb Mami, Mc Solaar et Khaled. Il sort son premier album intitulé « Baïda » en 1997. Il récolte beaucoup de succès et se place rapidement en tête des ventes. Il enregistre son deuxième album appelé « Samra » en 2001, et le troisième, «Un Autre Soleil », deux ans plus tard. Il a aussi participé au concert raï « 1, 2, 3 Soleil » à Bercy en septembre 1998. En 2006, il sort l’opus intitulé « Mundial Corrida – Super Jewel Box » qui démontre un véritable changement de style musical chez Faudel.
(sur : http://people.plurielles.fr/biographie/faudel-3778522-402.html)

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