Emploi des personnes handicapées : La Bretagne en bonne position

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2005.02.Armor_Magazine.02.photo.SEPH.jpgPour la huitième année consécutive, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées et L’Adapt organisaient en novembre dernier, la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. « Il s’agit, insistent Colette Le Naour, déléguée-adjointe de l’Agefiph, et Alain Pruneyre, directeur du Centre de l’Adapt à Betton, d’agir pour favoriser l’emploi des personnes handicapées et changer le regard du monde de l’entreprise sur leur embauche. Cet événement est national et dans chaque département de Bretagne, les acteurs socio-économiques se sont mobilisés. » « Les objectifs, rappelle le coordinateur de l’événement, Jean-Luc Blaise, sont de lutter contre les inégalités face à l’emploi, combattre les préjugés, montrer que handicap peut rimer avec compétence, mobiliser entreprises, personnes handicapées et acteurs de l’insertion. »

Article paru dans Armor Magazine n°421, février 2005
Rédactrice en chef : Anne-Edith Poilvet
Texte et photo : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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La loi du 10 juillet 1987 oblige les entreprises de plus de 20 salariés à employer des travailleurs handicapés dans une proportion de 6% de l’effectif global, chiffre rarement atteint. La Bretagne se distingue avec un taux de 5,2 % (moyenne française : 4,1%). Certains départements, comme le Morbihan, atteignent le taux de 6%, même si sur les 787 entreprises assujetties à cette loi en 2003, 134 n’employaient aucune personne handicapée. En revanche, les maladies professionnelles ont considérablement augmenté en Bretagne puisqu’en 1996, la Caisse régionale d’assurance maladie en dénombrait 1052 en 1996 et 3826 en 2003. Plus de 85 % de ces maladies sont liées à des troubles musculo-squelettiques. Yves Roquelaure, praticien hospitalier au CHU d’Angers, chargé de mission à l’Institut de veille sanitaire, a mis en œuvre sur la région des Pays de la Loire en 2002, un réseau sur la question des troubles musculo-squelettiques (TMS) en collaboration avec des médecins et les services de santé au travail : «L’étude, explique-t-il, apporte des données précises et inédites sur la prévalence des troubles diagnostiqués par les médecins du travail. Elle est considérable puisque près de 13% des salariés présentent au moins un trouble au niveau des membres supérieurs. Pour 8 % d’entre eux, les symptômes sont quotidiens. L’étude précise pour la première fois en France l’ampleur des variations de la prévalence des troubles en fonction des secteurs d’activités et des professions. Les plus touchés sont les secteurs industriels, notamment les industries des biens intermédiaires, agroalimentaires, des biens de consommation et l’administration. Les ouvriers non qualifiés de type industriel sont les plus touchés devant les manutentionnaires, les personnels de services directs aux particuliers et les ouvriers agricoles ou assimilés. »

Du côté de la formation professionnelle des personnes handicapées, on note une amélioration puisqu’en dix ans, près de 120 organismes de formation et 35 centres d’apprentissage ont accueilli des personnes handicapées sur un large panel de métiers. On est ainsi passé, sur les 4 départements, de 20 à 350 jeunes par an en apprentissage, avec le suivi de Grafic-Bretagne, 400 à 1400 adultes en formation professionnelle, 30à 200 salariés en qualification ou en reconversion. « Les personnes handicapées peuvent donc trouver en proximité quand cela est possible, les moyens de se qualifier, se perfectionner ou se reconvertir, si nécessaire, avec la mise en œuvre d’adaptations ou d’appuis spécifiques, atteste Jean-François Ménard, animateur de la Politique régionale mise en place pour la formation des personnes handicapées en Bretagne. Mais, s’engager dans une qualification demande un investissement important et la seule qualification ne suffit pas : la formation n’est en effet une réussite que si les compétences acquises rencontrent les besoins des entreprises et dépassent les contraintes du handicap. »

Tugdual Ruellan

Témoignage

Le maintien dans l’emploi plutôt que le licenciement
Lorsque l’accident ou la maladie professionnelle survient, c’est trop souvent encore le risque de licenciement qui guette le salarié de l’entreprise. Pourtant, avec un peu de patience et d’imagination, le maintien dans l’emploi est possible. Joël Fourny, gérant avec Philippe Hauray de SIMM, Société industrielle de modelage mécanique, à Issé, près de Chateaubriant en Loire-Atlantique a ainsi choisi de reclasser un salarié à un nouveau poste après l’avoir adapté et proposé une formation professionnelle. « Il s’agissait, explique-t-il, d’un jeune, entré dans l’entreprise en 1993, qui avait dû s’arrêter pour longue maladie. Tout de suite, nous lui avons proposé de reprendre son activité après la visite avec le médecin du travail, avec un mi-temps thérapeutique. » Des complications surviennent et le médecin du travail préconise un reclassement. Avec l’aide du chargé de mission, l’entreprise envisage de créer un second poste au bureau d’étude qui vient juste d’être mis en place. Une formation informatique sur six mois est proposée au salarié avec le soutien financier de l’Agefiph et de la Caisse primaire d’assurance maladie. En 2000, le salarié intègre son nouveau poste. « Il y est toujours, s’exclame, satisfait Joël Fourny. Ce qui semblait insurmontable au départ est devenu une réussite et finalement, tout le monde s’y retrouve. Il faut savoir travailler à plusieurs, en collaboration, pour trouver la solution. C’est possible, même dans de petits établissements comme le nôtre. »

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