Enseigner l’allemand dès le primaire

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - éducation

2004.06.Bloc_notes.48.02.photo.jpgEcoles primaires de la circonscription de Pontivy
Anne Le Sayec sait l’utilité d’une bonne maîtrise des langues étrangères. Elle l’a expérimenté professionnellement, au sein d’une entreprise, dans un service de développement commercial. La jeune femme, titulaire d’une maîtrise en anglais et en allemand, et d’un DESS d’allemand, a choisi de devenir enseignante, par désir de transmettre sa passion. Elle sillonne, à plein-temps depuis deux ans, les routes de la circonscription de Pontivy pour y enseigner l’anglais auprès d’enfants de CM1 et CM2, et l’allemand auprès d’enfants de CE2, CM1 et CM2. Avec l’aide de Birgitt Onno, une Allemande domiciliée dans la région, elle propose ainsi entre cinq à six séances par jour, soit deux fois 45 mn par semaine dans chacune des huit écoles.
Photo : Anne Le Sayec et Birgitt Onno proposent aux enfants de CE2 des écoles de la circonscription de Pontivy, un apprentissage de la langue allemande (ici, école Jules Ferry).

article paru dans Bloc Notes n°48
le magazine du Rectorat de l’académie de Rennes, juin 2006
Rédactrice en chef : Nathalie Le Garjean
Texte et photo : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
2004.06.Bloc_notes.48.02.pdf

L’apprentissage porte sur des éléments simples, liés au quotidien des enfants, de leur famille et centres d’intérêt. Pas à pas, Anne Le Sayec construit ses outils pédagogiques dont bon nombre présentent un aspect ludique. « Je suis persuadée du bien-fondé de cet apprentissage dès le primaire, explique-t-elle. L’allemand n’est pas une langue considérée comme étant utile par les parents. Il est vrai que l’apprentissage est lent au départ car les enfants n’ont jamais eu l’occasion d’entendre parler cette langue. Mais dès la deuxième année, ils apprennent beaucoup plus vite. C’est une langue très rigoureuse qui aide l’enfant à se structurer. L’allemand se lit comme il s’écrit ce qui est très valorisant pour un enfant qui a du mal à lire le français. Par ailleurs, nous constatons que des enfants de CE2, signalés comme étant en difficulté, se trouvent souvent valorisés car en situation d’égalité d’apprentissage par rapport aux autres enfants. »

Apprendre la différence

L’apprentissage de l’allemand était proposé depuis plusieurs années dans une classe de 6e d’un des deux collèges de Pontivy. Pour faire face au déclin constant pour cette matière noté par les enseignants, un système de pôle a été mis en place à la rentrée dernière afin de proposer un apprentissage du CE2 jusqu’à l’entrée en collège. Les premiers CE2, actuellement en CM1, entreront en 6e en 2005. La question de l’apprentissage des langues est cruciale pour bon nombre d’écoles de Pontivy. La ville, qui dispose d’un centre d’accueil pour les réfugiés, a vu arriver ces dernières années, de nombreuses familles des anciens pays de l’Est. Une dizaine d’enfants sont ainsi accueillis à l’école Jules Ferry : « Ils ne parlent que le russe ou le tchétchène, poursuit Anne Le Sayec. Etant déjà dans une démarche d’apprentissage de langue, ils ne manifestent pas de difficulté particulière à en apprendre une autre. De même, les enfants qui apprennent le breton depuis la maternelle, apprennent encore plus vite car ils ont acquis la gymnastique de l’apprentissage.»

L’histoire de la construction européenne se vit ici au quotidien. D’autant que, pour la première année, des étudiants Anglais et Allemand sont accueillis dans le cadre de Comenius : « Les enfants baignent dans ce bain d’échanges culturels. Ils découvrent qu’une langue vivante n’est pas qu’une matière scolaire, qu’elle a du sens et qu’elle est utile pour communiquer avec d’autres. Je sais que demain, les adultes qu’ils deviendront, devront certainement parler deux ou trois langues européennes. »

Tugdual Ruellan

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