Dans le bassin d’emploi du Grand Lyon, de l’intérim social proposé aux entreprises pharmaceutiques

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2007.07.Agefiph_Infos.60.photo.01.jpgGirol Intérim, entreprise de travail temporaire d’insertion, fait partie du groupe Icare, créé en 2000, rassemblant diverses associations intermédiaires et entreprises de l’économie sociale et solidaire sur le Grand Lyon. Il est aujourd’hui constitué de trois structures labellisées et certifiées pour leurs pratiques sociales : Icare (association intermédiaire), Maia (entreprise d’insertion) et Girol Intérim. « L’an dernier, explique Daniel Martin, directeur adjoint du groupe, nous observions une demande croissante de recrutement de la part de certaines entreprises. Quelques entreprises pharmaceutiques manifestaient leur intention de recruter des personnes handicapées mais se trouvaient confrontées à une pénurie de compétences.»

Article paru dans Agefiph Infos n° 60, juillet 2007
Directrice de la publication : Claudie Buisson
Rédactrice en chef : Nadia Guiny
Texte : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
2007.07.Agefiph_Infos.60.01.pdf

Parallèlement, le programme Handicompétences de l’Agefiph est lancé. « Il était possible, précisent Fabienne Mathevon, coordinatrice du PDITH, et Robert Pepey, adjoint au délégué en Rhône-Alpes, de construire une offre de formation et d’emploi répondant à des demandes d’entreprises. » Dès le mois de juin 2006, Girol Intérim imagine un dispositif pour répondre aux besoins d’emploi et de formation professionnalisante des entreprises : « Nous avons pensé à la formation d’opérateur technique en pharmacie industrielle, préalable à une mise à disposition. Derrière la période d’intérim, c’est bien sûr l’emploi durable qui était visé. » Le projet est validé par le comité du PDITH. Parmi les entreprises pharmaceutiques sollicitées, trois acceptent de tenter l’expérimentation : Sanofi Pasteur, Biomerieux et LC2. Cap emploi lance un appel à candidature et sélectionne trente-deux personnes après les avoir rencontrées individuellement. « Toutes les candidatures, rappelle Fabienne Mathevon, ont été soumises aux entreprises. Nous souhaitions engager les employeurs dans une démarche de co-responsabilité du recrutement. » Douze personnes sont finalement retenues. Une grande diversité de handicaps se révèle au sein du groupe : séropositivité, épilepsie, surdité, handicap psychique, handicap moteur. Reconnu par la profession, l’Institut des métiers et des technologies des produits de santé est retenu pour la formation. La formation démarre le 4 décembre 2006. « Elle devait répondre aux attentes de l’entreprise, insiste Frédéric Guichardet, conseiller à l’IMT. Au programme, une présentation du secteur des industries de santé et leur spécificité, une connaissance des bonnes pratiques de fabrication, une initiation au processus de fabrication et aux différentes formes de médicaments, une présentation des équipements automatisés, les conditions du travail en zone d’atmosphère contrôlé, la prévention des risques liés à l’activité physique. » Au terme des deux mois, les stagiaires intègrent les entreprises pour des missions d’intérim de trois à six mois. « Nous avons ainsi accueilli une personne souffrant d’épilepsie à un poste de conditionnement, confie Wolfgang Michels, responsable du service production de LC2, laboratoire de conditionnement de produits pharmaceutiques et lots cliniques situé à Lentilly près de Lyon. Nous avions veillé à lui proposer un poste adapté mais très vite, nous avons oublié qu’elle était handicapée. Le personnel a été informé et sait aujourd’hui comment agir en cas de crise pour l’accompagner. Nous envisageons de l’embaucher et de la faire évoluer vers un autre poste. » Un suivi des missions sur le terrain est réalisé par Girol Intérim en lien direct avec les chefs de service et les responsables des ressources humaines. « Notre inquiétude, confie Daniel Martin, porte sur la pérennisation des postes. Les entreprises, surtout celles de grande taille, sont en effet soumises à d’importantes tensions et difficultés de restructuration. Nous construisons actuellement de nouveaux projets qui se concrétisent par la mise à disposition de personnes travailleurs handicapés pour des remplacements de salariés absents ». Tugdual Ruellan

Bilan – Dix bénéficiaires engagés dans un parcours qualifiant
Dès le début de la formation, une personne est contrainte de mettre un terme à son contrat. Quelques mois après, une personne est embauchée en CDI dans l’une des entreprises. Deux autres personnes seront également embauchées en CDD et CDI. A ce jour, huit bénéficiaires interviennent dans les entreprises partenaires en période d’intérim, positionnés sur une insertion professionnelle durable. Les dix stagiaires ont suivi le parcours de formation avec réussite et obtenu le titre de niveau V d’opérateur technique en pharmacie industrielle, homologué par les ministères de la santé et du travail. T.R.

Formation et rémunération pris en charge
Une subvention de 40.800 € a été attribuée par l’Agefiph à l’institut de formation pour 413 heures de formation dont 238 heures en centre, soit 34 jours de formation entrecoupés d’une semaine d’interruption. « L’Agefiph, précise Robert Pepey, a pris en charge la totalité des coûts pédagogiques de la formation ainsi que la rémunération des bénéficiaires au titre de stagiaire de la formation professionnelle.» Le coût de la mise à disposition par l’intérim est basé sur le salaire de la personne multiplié par 1,98.

Intervention au sein de l’entreprise
Fabienne Mathevon, coordinatrice du PDITH, a veillé à la coordination des interventions et en assuré le bon déroulement. Girol Intérim a piloté l’ensemble du projet, intervenant directement auprès des entreprises partenaires avec Myriam Choulet, responsable ressources humaines et Brigitte Moiroux, responsable du suivi des travailleurs handicapés chez Biomérieux, Wolfgang Michels, responsable du service production et conditionnement chez LC2, Marie-Laure Bottoni, responsable ressources humaines chez Sanofi. « L’originalité, explique Daniel Martin, était que la formation, propre aux entreprises pharmaceutiques, était financée en amont, ainsi que la rémunération des stagiaires. Nous avons accompagné les travailleurs handicapés et l’entreprise jusqu’à l’embauche, allant jusqu’à intervenir directement auprès de l’équipe dès que c’était nécessaire pour repérer les éventuels problèmes, évaluer les nouveaux besoins de formation, vérifier que l’intégration était effective. » « Il s’agissait, précise Fabienne Mathevon, de construire une offre collégiale face à des employeurs. Nous avons une responsabilité à travailler en amont pour amener l’entreprise à être co-responsable de cette construction d’offres. » T.R.

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