Favoriser l’emploi des travailleurs handicapés seniors à La Réunion

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2007.04.Agefiph_Infos.59.photo.jpgL’Arvise a imaginé un dispositif d’accompagnement personnalisé
Le projet Amethis, Accompagnement et mobilisation vers l’emploi des travailleurs handicapés seniors, a vu le jour à La Réunion en 2004. « La population réunionnaise se caractérise par l’importance de sa jeunesse, souligne Catherine Logeais, déléguée régionale Agefiph : 52% de la population a moins de 30 ans, contre 38% en métropole. Mais, un retournement démographique est prévu dans les années à venir et pose, de manière cruciale, la question de l’activité des personnes en fin de carrière. Au 31 décembre 2006, les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans représentaient déjà 18,4 % des inscrits contre 7,7 % pour les demandeurs d’emploi tout public.»

Article paru dans Agefiph Infos n° 59, avril 2007
Directrice de la publication : Claudie Buisson
Rédactrice en chef : Nadia Guiny
Texte : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
2007.04.Agefiph_Infos.59.03.pdf

Dès 2003, un groupe de travail se constitue au sein du programme régional pour l’insertion des travailleurs handicapés. Un an plus tard, une étude est menée, dans le cadre du projet européen Equal. « Elle révèle, poursuit Catherine Logeais, une augmentation importante des demandeurs d’emploi âgés de plus de 45 ans, dont le quart est constitué de femmes. » L’Arvise, association regroupant la mission Cap emploi, la mission de maintien dans l’emploi et l’Aract, imagine alors un dispositif d’accompagnement individualisé pour former et permettre aux personnes, dont un grand nombre sont confrontées au chômage depuis plusieurs années, de trouver un emploi. D’août à décembre 2005, l’action est proposée à un premier groupe de 15 personnes, dont 7 femmes, à Saint-Denis, puis, de mars à juillet 2006, à un deuxième groupe de 15 personnes, dont 6 femmes, cette fois, dans le Sud de l’île. « Ces personnes, explique Max Techer, responsable de Cap emploi, étaient connues et suivies depuis plusieurs années mais restaient sans solution d’emploi, confrontées à des difficultés personnelles. Certaines avaient connu plus de dix ans de chômage. »

Au cours des deux premiers mois, un diagnostic professionnel et psychosocial est proposé aux personnes ainsi qu’une aide à la formulation du projet. Une formation aux stratégies de recherche d’emploi est initiée et des stages en entreprise. « Parallèlement, poursuit Max Techer, nous avons mis en place un dispositif d’appui aux entreprises. Nous avons ainsi repéré 140 entreprises qui étaient en cours de recrutement, prêtes à accueillir des personnes handicapées. » Un dispositif d’immersion professionnelle succède aux cinq mois de formation : durant trois mois, les personnes sont invitées à découvrir trois entreprises et négocier un emploi. Dans le cadre du projet européen, une dizaine de personnes rencontre d’autres personnes handicapées en Italie, en République Tchèque et en Lituanie.

Les résultats sont jugés encourageants. A ce jour, le taux de placement durable est proche de 50 % avec des perspectives de suite de parcours pour les autres : 8 CDI, 6 CDD de 12 mois et plus, 3 CDD de 6 mois et moins à des postes d’agent d’entretien, de chef d’équipe dans le bâtiment, de vendeuse, de formatrice, d’animateur. Deux personnes avaient un projet de création et cinq étaient en recherche d’emploi. Du côté des entreprises, onze propositions d’embauche ont été formulées à l’issue des différentes périodes d’immersion. « »Les éléments positifs du projet sont la dynamique de groupe basée sur la fédération des personnes dont l’âge et le handicap ont constitué les facteurs de leur isolement, estime Catherine Logeais. Mais aussi, le diagnostic psychosocial qui clarifie pour chacun le potentiel des personnes handicapées, l’acquisition de méthodologie de recherche d’entreprise, l’appui aux entreprises qui rassure à la fois les stagiaires et les recruteurs. » L’initiative se poursuit dans le cadre du programme Equal : « A l’occasion des bilans effectués avec les chefs d’entreprise, confie Max Techer, nous constatons que la question de l’âge n’a jamais été évoquée. Les personnes ont été recrutées sur leur expérience professionnelle, leurs compétences et surtout, leurs motivations. Nous espérons renouveler l’expérience auprès d’une trentaine d’autres personnes. En sensibilisant les entreprises de manière concrète, en donnant la possibilité à la personne d’être en situation de travail, on modifie les représentations du statut du travailleur handicapé, du handicap.» Tugdual Ruellan.

Un comité de pilotage et un comité de suivi
Le suivi et la gestion du projet s’articulent autour d’un comité de pilotage constitué des représentants des institutions, de l’Arvise, porteur du projet et des membres partenaires. Il a pour fonction de suivre le projet et émettre des propositions. Un comité de suivi, constitué du porteur de projet, des membres partenaires, des représentants des bénéficiaires, de personnes qualifiées et du coordinateur du projet est chargé de la régulation. L’instance de coordination du projet prend les décisions nécessaires au déploiement du projet et à la coordination des différentes interventions. L’ingénierie a été mise en place avec le soutien de Bernard Paoli Intervenants, cabinet de consultants spécialisé dans le placement et l’organisation du travail, et FTM, consultant spécialisé dans la transnationalité. Icare, organisme de formation, devrait rejoindre le projet pour un soutien à l’accompagnement et à la formation. T.R.

Avec le soutien de l’Europe
Le projet Amethis, d’un montant de 350 000€, a bénéficié d’un aide financière de l’Etat, sur la ligne du programme régional pour l’insertion des travailleurs handicapés (2 %), de La Région au titre de l’action de formation (10%) et la rémunération des stagiaires, du Fonds social européen dans le cadre du programme Equal pour la lutte contre les discriminations (75 %) et de l’Agefiph au titre des actions de remobilisation (13 %).

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