Marc, tétraplégique, se reconvertit dans l’infographie

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

1995.12.Agefiph_Infos.09.02.photo.jpgCHAOUE matin, les travaux à réaliser arrivent dans la boîte aux lettres, déposés par le facteur ou par un taxi. Marc Dufeil commence sa journée en découvrant au petit déjeuner les commandes des nouveaux clients. Originaire de Saint-Pierre-de-Plesguen, une bourgade d’Ille-et-Vilaine située non loin de Saint-Malo, c’est là qu’il a choisi de s’installer en 1992 comme maquettiste et infographiste. « J’étais peintre-décorateur, raconte Marc. Mais, en 1988, à la suite d’un accident, je suis devenu tétraplégique. J’ai dû me réorienter vers un nouveau métier. » Marc évoque avec nostalgie ses quinze années d’activité profession nelle : annonces publicitaires, fresques en trompe-l’oeil, imitations de bois et de marbre… C’est la souris de l’ordinateur qui a aujourd’hui remplacé le pinceau que la main ne peut plus tenir.

Article paru dans Agefiph Infos n° 9, décembre 1995
Directeur de la publication : Jean-Louis Ségura
Rédactrice en chef : Nadia Guiny
Texte et photo : Tugdual Ruellan

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Après deux années de rééducation au centre de Kerpape, près de Lorient, Marc reprend le dessus et rencontre Pascal, un ami de longue date, installé comme imprimeur à Bédée. Quarante kilomètres séparent les deux communes… Naît alors l’idée d’une collaboration par le biais du télétravail. Avec un stage à Soisy-sur-Seine et l’aide de Comète Grand Ouest, programme pour la réinsertion profes¬sionnelle des blessés médullaires sou¬tenu par l’AGEFIPH, le rêve devient réalité : six mois après, Marc peut travailler chez lui. Le Fonds l’aide à équiper son poste de travail : élévateur, télécopieur, ordinateur, scanner pour la numérisation des photos, imprimante laser, lecteur CD-ROM et liaison Numéris pour les transmissions entre Saint-Pierre et Bédée. Dès qu’un document est prêt, je le fais parvenir à Pascal. Il le reçoit instantanément sur son écran. » Marc et Pascal rêvent maintenant de visiophonie pour gagner du temps. Mais l’installation coûte cher et les commandes sont encore insuffisantes. «Je ne travaille qu’une trentaine d’heures par mois. C’est vrai que je gagnerais presque autant d’argent sans travailler grâce à l’allocation pour personnes handicapées. Mais j’avais besoin de retrouver une place dans la société. De me sentir utile… » 

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