A Rennes-Beaulieu, des jeunes apprennent à conduire sur un simulateur

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

1995.01.Agefiph_Infos.05.02.photo.jpgUn simulateur mis au service de la rééducation fonctionnelle en Bretagne
Le paysage défile sur les trots téléviseurs. Installé dans l’habitacle reconstitué d’une voiture, Michel suit les consignes de la voix de synthèse. L’ergothérapeute n’a pas choisi un programme facile : des obstacles sur la chaussée, une circulation dense et, par-dessus tout, un épais brouillard qui vient de s’abattre sur une petite route de montagne ! Voilà sept mois que le centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Beaulieu, à Rennes, qui prépare les jeunes accidentés à leur insertion sociale et professionnelle dans le cadre d’un lycée-hôpital, s’est doté d’un simulateur de conduite « code Rousseau’. Un instrument révolutionnaire, acquis grâce à l’ACEFIPH, qui offre, pour la première fois en France, de nouveaux espoirs aux Jeunes étudiants et lycéens accidentés, accueillis par l’établissement.

Article paru dans Agefiph Infos n° 5, janvier 1995
Directeur de la publication : Jean-Louis Ségura
Texte : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
1995.01.Agefiph_Infos.05.02.pdf

D’abord un outil d’évaluation gestuelle
« Avant, les Jeunes qui voulaient apprendre à conduire etaient obligés de se rendre à Lorient, au centre de Kerpape, explique le Dr Courtilion, responsable de l’établissement. La liste d’attente est longue et II faut demander une prise en charge d’internat. » Vingt-cinq personnes ont déjà eu l’occasion d’appréhender la machine. Les résultats sont très encourageants. « Pour nous, c’est d’abord un outil d’évaluation gestuelle, expliquent Martine Chaumeil et Marie-Christine Blaise, ergothérapeutes. Nous sommes amenées à analyser toutes les difficultés qui peuvent se présenter et à chercher l’adaptation qui convient exactement.  » Le simulateur peut ainsi recevoir une boîte de vitesses manuelle ou automatique, un volant avec commandes, une boule de direction à droite ou à gauche, le frein au volant, une modification des pédales… C’est aussi un outil pédagogique : les personnes sont en situation de conduite, en totale sécurité. Nous pouvons mesurer leurs facultés d’adaptation, leur capacité a réagir. Grâce a différents tests, le simulateur révèle les déficiences et permet à la personne de se rendre compte de ses propres limites. » La progression de l’élève est enregistrée sur une disquette : les résultats peuvent être édités sur imprimante. Après un temps d’adaptation à l’image de synthèse et â l’absence de mouvements de l’habitacle, la confiance reprend le dessus. Certains avaient la hantise de reprendre le volant après leur accident. Le simulateur, bien souvent, dédramatise la situation. » La progression se fait en collaboration étroite avec les auto-écoles, qui assureront le relais. « Le produit n’est rien sans la pédagogie qui l’accompagne. Le simulateur ne remplace pas la conduite réelle. » Un protocole d’apprentissage est défini. L’élève ne passe à l’épreuve suivante que si l’exercice est réussi. « Le programme est encore expérimental, précise le Dr Courtillon. Mais d’ores et déjà, nous sommes en mesure d’intervenir comme conseil, en apportant une indication sur la capacité a la conduite automobile. La décision de reprise de la conduite et le choix des adaptations appartiennent bien sûr au médecin expert de la préfecture et à l’inspecteur du permis de conduire. » « Tous mes copains conduisent’, confie Sébastien, un Jeune de 18 ans, qui souffre depuis sa naissance de blocages articulaires. « Quand j’ai dit que, moi aussi, je voulais conduire, tout le monde a été surpris ! Une rencontre a eu lieu entre les ergothérapeutes et un garagiste spécialisé dans les véhicules adaptés. Sans doute faudra-t-il que j’achète la voiture avant d’avoir mon permis ! C’est un risque, mals le simulateur m’a au moins donné l’espoir de pouvoir conduire un jour… Sans oublier que le permis de conduire est un atout supplémentaire dans la recherche d’un emploi. » Contact: (16)99 25 19 19. Fax:116) 99 25 19 69. 

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