L’atelier protégé fait le café à Bain-de-Bretagne

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

1994.11.Agefiph_Infos.04.02.photo.jpgLes cafés Max Havelaar ont ceci de particulier qu’ils ne sont pas anonymes. Ils ont pour nom Kalinda, Tzui Tacca ou Chantico. Ils viennent de file de Saint-Domingue, du Guatemala ou du Mexique et ont l’arôme d’un arabica haut de gamme. «Nous certifions que ce café a été acheté à des groupements de petits producteurs des pays du tiers-monde », explique le Breton Olivier Bernadas, qui s’est lancé corps et âme depuis plus d’un an dans cette entreprise. Le producteur perçoit un prix minimum garanti, bien supérieur au cours mondial actuel. De plus, il bénéficie d’un préfinancement partiel de sa récolte. Plutôt que de faire de la coopération sur place, l’association propose de payer, au juste prix, le travail du producteur et de le commercialiser…

Article paru dans Agefiph Infos n° 4, novembre 1994
Directeur de la publication : Jean-Louis Ségura
Texte : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
1994.11.Agefiph_Infos.04.02.pdf

 » L’idée est née en Hollande. Max Havelaar est le nom d’un classique de la littérature hollandaise du dix-neuvième siècle, véritable réquisitoire contre l’exploitation des Indonésiens dans les plantations de café. En Suisse et aux Pays-Bas, le café Max Havelaar atteint déjà plus de 3% du marché. Il arrive â grands pas en Allemagne et en Belgique. Le parlement européen soutient l’initiative et encourage la création, a Bruxelles, d’une unité de coordination communautaire chargée de reproduire et promouvoir, dans les Etats membres, le modèle conçu par Max Havelaar. Pour l’Instant, Olivier Bernadas est seul en Rance à le distribuer. Il a créé en 1990, au Leslay (Côtes-d’Armor), la société Lobodis pour en assurer la distribution commerciale.

Puis est survenue cette rencontre avec Yves Thébault, directeur du centre d’aide par le travail de Baln-de-Bretagne. « Nous étions clients depuis 1991 », explique-t-il. Nous étions également fournisseurs en sacs de toile pour l’emballage du café’. Tout naturellement, Yves Thébault a souhaité proposer aux clients de son restaurant, ouvert au public, le café Max Havelaar : « Cette démarche commerciale, basée avant tour sur la citoyenneté, m’a tout de suite séduit… » De fil en aiguille, l’idée est venue de créer une nouvelle activité au sein du CAT.

Du travail.. et surtout des êtres humains
L’association Notre avenir, gestionnaire de la structure protégée, a pu acquérir une ligne de torréfaction. Dans le cadre des mesures favorisant la sous-traitance du secteur protégé, mise en place dans son nouveau programme d’Intervention, l’AGEFIPH a décidé de soutenir l’initiative et de participer à l’investissement. Gràce à ce financement, la machine est désormais au point. Depuis le début du mois de septembre, les travailleurs handicapés assurent la mouture et l’ensachage sous vide du café. Si la commercialisation du produit se développe suivant les espoirs attendus, le CAT sera en mesure de créer des postes supplémentaires au sein de l’établissement. Mals dans la tête des deux hommes, l’entreprise a déjà pris une toute autre dimension : ‘Nous avons tout axé sur les personnes davantage que sur un système. L’entreprise a un rôle social qui va bien au-delà du fait de gagner de l’argent. Derrière tout cela, il n’y a pas que la bourse et des machines. Il y a un produit de qualité, du travail et surtout, des êtres humains ». 

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