La Selle-Guerchaise : une pagode en terre bretonne !

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

NVI_n_27__1__photo_pagode.jpgAu coeur du village du Pâtis, sur la route de Brains-sur-les¬Marches, il est une chapelle comme jamais aucun Breton n’en a jamais construite sur sa terre natale. C’est la pagode chinoise de l’abbé François Lizé, missionnaire en Chine et recteur sur la commune de 1875 à 1878.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 27, Janvier 1995
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Franck Hamon

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
NVI_n_27__1_.pdf

La curieuse chapelle, dont les pièces de charpente s’élancent vers le ciel, comme au pays du soleil levant, est dédiée à la Vierge et plus particulièrement, à Sainte-Anne. « Toutes les boiseries et pièces de charpentes ont été confectionnées en Chine, racontent Raoul et Jacques Lizé, neveux du missionnaire. Elles sont arrivées par bateau dans le village breton. Il a suffi alors de les assembler ». Le portrait du tonton missionnaire est accroché sur l’un des murs. Avec sa longue barbe, l’ancien provicaire apostolique de la mission de Saigon a une curieuse allure de mandarin. C’est lui qui déposa la statue de Sainte-Anne ce 20 juillet 1876, dans le nouveau sanctuaire béni par M. Fouré, alors doyen de la Guerche-de-Bretagne. François Lizé devait repartir pour la Cochinchine cette même année. C’est là-bas qu’il a fini sa vie, à Ring-Long, le 8 février 1887. Il n’avait que 49 ans. Les 120 habitants de la petite commune n’ont pas voulu que disparaisse ce monument, qui désormais fait partie du patrimoine local. Ils entretiennent avec amour leur pagode et ont reconstitué, en 1991, toutes les fresques intérieures. Lastatue de Sainte-Anne, oeuvre du 16e siècle, trône en toute magnificence sur l’un des pans de l’édfice. « Avant que l’abbé François Lizé ne la mette dans la chapelle, la statue se trouvait sur la façade d’une maison du village du Pâtis, raconte Roger Régnier, président du syndicat d’initiative. On pense qu’elle devait provenir d’une autre chapelle, probablement celle du Poncel. La statue représente l’aïeule de Jésus-Christ debout avec la Sainte Vierge sur les bras, qui tient elle-même le divin enfant. Elle est longtemps passée pour être miraculeuse. Et si on la regarde bien en face, assure-t-on dans le village, on peut voir qu’elle a les yeux bridés…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *