A Redon, les rejets de Degussa fertilisent la terre

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - entreprise

NVI_n_56__1__photo.jpgCondamnée par la Cour de cassation pour avoir déversé dans l’Oust des eaux usées, l’entreprise redonnaise Degussa est en passe de trouver des solutions.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 56, avril 2002
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Charles Crié

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L’entreprise est bien connue des Redonnais. Depuis plus de soixante ans, Degussa (que certains nomment encoreUnipectine), produit de la pectine, un gélifiant utilisé dans la fabrication de confitures, de gelées, de confiseries et en pharmacie. L’entreprise appartient aujourd’hui au groupe allemand SKW, leader de la chimie spécialisée dans la santé et la nutrition, basé à Düsseldorf. « Au moment de sa création, l’usine fabriquait du concentré de jus de pommes, explique Jean-Pierre Briceno, directeur du site de Redon. Mais très tôt, elle s’est orientée vers la production de pectine afin de répondre à la demande. » Unique en France pour ce type de production, l’établissement exporte plus de 70% de ses produits commerciaux dont 20 % au Japon. Problème : l’extraction de pectine des marcs de pommes et des écorces d’agrumes génère des eaux usées et des boues. « Tous ces rejets issus de la production sont traités dans une station d’épuration avant d’être rejetés dans l’Oust », poursuit Jean-Pierre Briceno. Dès 1992, les dirigeants de l’usine ont décidé, en accord avec l’administration et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, de mener une action de recyclage et de valorisation agricole. Le marc déshydraté ou la pulpe de citron Interviennent désormais dans l’alimentation animale et la fabrication de litières végétales pour chats. Les boues et gâteaux de filtration, composés d’éléments fertilisants (azote et phosphore), font l’objet d’épandage sur les terres agricoles.
Il restait à trouver une solution pour éviter le rejet des eaux traitées dans l’Oust. « Nos réflexions ont abouti à un projet d’épuration agronomique de nos effluents qui sont d’origine naturelle et ne contiennent pas de métaux lourds ni de composés toxiques pour l’environnement », détaille Jean-Pierre Briceno. 25 agriculteurs, répartis sur neuf communes et trois départements (Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Atlantique), ont déjà signé des conventions avec l’entreprise. « Les boues sont riches en chaux et constituent un apport essentiel sur les types de sols de notre région, atteste Patrick Rouxel agriculteur installé à Bains-sur-Oust. Nous appliquons un épandage raisonné. Depuis huit ans, je n’ai constaté que des points positifs. » Le projet, encore à l’état d’expérimentation, est soumis à enquête publique. ll attend le feu vert de l’État. 2002 sera-t-elle l’année de la neutralisation définitive des rejets de Degussa ?
Tugdual Ruellan.

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