Chez Nicole et Gilles Katté à Médréac, le temps s’est arrêté

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - vie locale

NVI_n_54__4__photo.jpgÀ Médréac, la maison des Katté accueille depuis novembre 2000 ceux qui veulent arrêter le temps pour retrouver le goût de la rencontre.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 54, octobre 2001
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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C’est au bout d’un petit chemin, entre Saint-Pern et Médréac, que se niche la maison de Nicole et Gilles Katté. Elle a pour nom « musée » mais n’a pourtant rien d’un endroit à visiter. Encore moins d’un lieu où consommer. Il y a bien tous ces objets domestiques, extraordinaire collection qui s’étale sur les murs, de la cheminée au lit-clos, de l’arbalétrier de la charpente au palan de la porte : presse-purée, batteurs, réchauds, moules à gaufres, râpes… L’endroit n’est pas non plus une crêperie ordinaire, bien que la galette, la crêpe et tous les aliments à base de farine constituent l’essentiel des plats que l’on peut y déguster. Les Bergers du temps échappent à toute étiquette. La maison de Nicole et de Gilles est ouverte au visiteur qui souhaite donner du temps au temps, déguster une galette qui a le goût du blé noir, du beurre et du bois qui l’a fait cuire dans l’âtre. C’est le soir que la magie opère dans cette « farinerie », tel que le couple se plaît à nommer le lieu. À la lueur des lampes à pétrole, les sens sont soudain en éveil. Les ombres s’animent, les langues se délient, les masques tombent en écoutant la voix de Gilles, talentueux conteur, qui propulse soudain sa petite assemblée, loin en arrière, comme dans un tableau de Latour. Le temps s’arrête. « Nous nous sommes accaparés une partie du temps pour le redistribuer à nos hôtes. Ensemble, nous retrouvons le temps de manger, de préparer le feu, de discuter. C’est notre mode de vie, qu’avec nos deux enfants, Julie et Arnaud, nous souhaitons partager. » D’origine belge, mais très attirée par la Bretagne, la famille Katté a débarqué à Tinténiac en 1991. « Lorsque nous sommes arrivés dans cette région, nous avons découvert un plat extraordinaire : la galette de blé noir cuite au feu de bois. Nous avons mis 5 ans pour perfectionner cette méthode de cuisson, domestiquer le feu, la pâte, préparer et calibrer le bois pour assurer une cuisson régulière. »

Clair obscur et café à l’ancienne
Dans cette atmosphère de clair obscur, les objets vivent, déclenchent souvenirs et passions. Tous sont en état de marche et reluisent comme au premier jour. « On peut toucher, découvrir l’objet au travers de la table. Nous nous interdisons toute utilisation futile d’objet électrique dans cette maison. Les vieux outils avaient le respect de l’aliment. Bien entretenus, ils peuvent durer des générations. » Pas question chez les Katté de servir un café au moulin mécanique ! L’autre idée, c’est la rencontre : les hôtes se côtoient dans la plus grande simplicité, autour d’une même table qui accueille seize personnes, pas une de plus. Le menu est à la carte : apéritif, potage, galette, pâtes fraîches, cuisine au feu de bois, dessert du jour avec cidre ou bière. « Les visiteurs nous apportent autant que ce que nous leur apportons. Nous sommes les chefs d’orchestre mais ce sont eux qui font la musique et chaque moment est différent. »
Tugdual Ruellan.

Musée des Bergers du temps, La Grande Ville à Médréac.

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