Gigi Bigot conte comme elle respire

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - arts

NVI_n_48__1__photo.jpgAncienne institutrice, la Redonnaise Gigi Bigot fait profession de conteuse. Une façon d dire « Je t’aime » aux quatre coins du monde.
« J’ai toujours raconté des histoires. Toute petite, j’étais spécialiste dans les repas de famille des blagues en patois : les personnages étaient les gens de ma famille. » Gigi Bigot a délaissé son métier d’institutrice en 1992 pour devenir conteuse professionnelle. Installée à Redon, ambassadrice du pays de Vilaine, elle court le monde au gré des rencontres, tisse les mots, se joue des sons pour faire valser l’imaginaire. Le conte puise son inspiration dans les thèmes universels. « Je ne suis qu’une artisane, se plait à dire la conteuse, originaire de Goven, non loin de Guichen. Bretonne, je suis nourrie de ma culture mais j’aime les contes de n’importe où, de n’importe quand. Le conteur, aujourd’hui, n’est pas forcément lié à une région. L’important est qu’il soit vivant, qu’il ait les oreilles grandes ouvertes sur ce qui l’entoure et qu’il embarque le monde avec lui… »

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 48, avril 2000
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Franck Hamon
Photo : Gilbert Le Gall

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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De temps en temps, on reconnaît dans l’histoire un lieu, un personnage, un souvenir d’enfance… Accompagné avec talent et complicité par l’accordéon de Ronan Robert, le conte se transforme, voyage et prend le costume de la narratrice. Les images défilent. On est comme au cinéma. « Je raconte à ma façon, en français, en gallo. Ce que je veux dire me semble plus important que la langue que j’utilise pour le dire. » Gigi refuse les étiquettes et conte comme elle respire, avec le sentiment intime de porter la parole du milieu populaire d’où elle vient. Depuis le mois de janvier, elle accompagne les militants d’ATD Quart monde à Rennes pour préparer avec eux la Journée nationale du refus de la misère du 17 octobre prochain. « Les gens me parlent de leur enfance. Je raconte des histoires et on fait des liens. Il y a une pudeur extraordinaire dans le conte : on peut dire « je » sans s’impliquer réellement I La parole devient un petit objet d’art. On ouvre des portes à celui qui parle, à celui qui écoute. Tout le monde, à sa façon, dit « je t’aime ». »
Tugdual Ruellan.

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