Le site de Careil est ouvert au public : 46e espace naturel du département

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - environnement

NVI_n_47__1__photo.jpgLe site de Careil à Iffendic, 46e espace naturel ouvert au public par le Conseil général d’Ille-et-Vilaine, a été inauguré le 8 novembre. Petit tour d’un vaste domaine (96 hectares) gâté par la nature.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 47, janvier 2000
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Michel Aubert

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Peu à peu, la nature prend ses aises sur le site naturel de Careil. L’étang a été remis en eau. Du sentier, récemment aménagé, on découvre un havre de paix que colonisent progressivement espèces animales et végétales. 361 espèces de plantes ont déjà été repérées parmi lesquelles l’orchis à fleurs lâches et le géranium des Pyrénées. Au beau milieu des prés, non loin des zones habitées, les oiseaux d’eau s’approprient le territoire, insouciants et libres. Ils découvrent là un lieu de séjour particulièrement propice à la reproduction. Au beau milieu de l’étang, deux îlots protègent les nids des prédateurs. « Les oiseaux migrateurs et hivernants apprécient cette halte, explique Lionel Gohier, bénévole à Bretagne vivante-SEPNB qui, depuis trois ans, observe inlassablement les mouvements de populations. Elle se trouve à michemin entre la baie du Mont-Saint-Michel et la Brière, sur le passage de grande voie migratrice européenne, nommée Veine atlantique ». Les premières observations ont permis de dénombrer quelque 140 espèces d’oiseaux comme la spatule blanche, la cigogne, le balbuzard pécheur, ou, beaucoup plus rare, le grèbe à cou noir. On trouve aussi, dans les prairies nouvellement inondées, des batraciens protégés comme la rainette arboricole, le triton palmé ou le crapaud commun.

Vaches pie-noire et postiers bretons
Le domaine de Careil, vaste de 96 hectares, était autrefois occupé par un étang qui a dû faire partie, au Moyen-âge, au même titre que celui de Trémelin, d’une chaîne de fortifications hydrauliques protégeant le château de Boutavent. L’étang a été asséché à la fin du XIXe siècle pour créer une exploitation agricole. Après d’importants travaux de drainage, un élevage de taurillons s’installait sur le site en 1968. Jugé peu rentable, il a été vendu à la Sbafer en 1976. En 1988, le Conseil général d’Ille-et-Vilaine décide de racheter le domaine dans le cadre de sa politique de protection des espaces naturels sensibles. Des travaux réalisés sur le petit ruisseau de Penhouë ont permis de remettre en eau l’ancien étang qui couvre actuellement une superficie d’environ 44 hectares. Un système de vannes permet de couper l’alimentation en cas de pollution des eaux.
Zones de stationnement, sentiers de découverte,postes d’observation des oiseaux ont été aménagés. Le promeneur découvre un site d’une richesse insoupçonnée. Le plan d’eau accueille également une population de brochets afin de repeupler les cours d’eau et étangs du département. On découvre aussi, au cours de la balade, un troupeau de sept vaches bretonnes pie-noire, six chevaux postiers bretons, une chèvre des fossés et six moutons « lande de Bretagne ». Depuis 1996, quatre personnes ont travaillé à temps complet pour réhabiliter le site. Trois personnes sont désormais chargées de son entretien.
Tugdual Ruelan.

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