Comme un jardin extraordinaire : un verger expérimental à Saint-Just en Ille-et-Vilaine

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

NVI_n_44__2__photo.jpgAu cœur des landes de Cojoux et de Tréal, acquises dans le cadre de sa politique de protection des espaces naturels, le Conseil général d’Ille-et-Vilaine a créé un verger conservatoire. A couteau ou à cidre, la pomme est bel et bien devenue un patrimoine en Ille-et-Vilaine. Il est temps d’agir pour conserver ces variétés qu’ont aimées et protégées les anciens. Les vieux pommiers de Saint-Just n’ont pas résisté à l’incendie de 1989. Sur cette parcelle de plus de quatre hectares, non loin des mégalithes et du site d’escalade, un jardin extraordinaire est en train de naître.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 44, mai 1999
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Charles Crié

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« Nous travaillons ici depuis trois ans, explique Jean-Yves Saulnier, chef de chantier au service des espaces naturels du Conseil général. Il a fallu d’abord préparer le sol, puis planter quelque 700 pommiers francs qui allaient servir de support. Nous travaillons en lien étroit arec des professionnels et des associations, comme par exemple la Société d’horticulture du pays de Redon. » Chaque arbre a été soigneusement protégé contre la voracité des lapins ou des chevreuils : « Nous avons pris soin de poser les protections au ras du sol afin que les oiseaux. qui seraient pris accidentellement à l’intérieur, puissent ressortir aisément ». Le travail de greffage et d’écussonnage s’est poursuivi tout au long de l’hiver. Soixante-quinze variétés de pommes ont pu ainsi être sauvées, le principe étant de greffer trois pommiers de chaque variété. L’objectif final est d’arriver à 600 variétés d’ici à deux à trois ans. Lorsque le pommier sera arrivé à maturité, il sera possible de donner des greffes aux particuliers qui le souhaitent. afin de sauver des variétés de pommes en voie de disparition. Le projet intéresse également les arboriculteurs biologiques de la région, qui voient là une possibilité d’expérimentation.

Chantier d’insertion
La plantation de ce verger a également donné naissance à un chantier d’insertion. Dix-huit personnes, originaires de Redon, Pipriac et Pléchâtel, travaillent sur le site. Douze journées de formation leur ont été proposées au cours de l’année, faisant intervenir divers professionnels. Au programme, la préparation du sol, l’écussonnage, le greffage, le cycle végétatif du pommier, le traitement biologique. « Le travail de greffage est terminé pour cette année, explique Frédéric Vanpoulle, arboriculteur biologique de la région de Guichen, formateur occasionnel. Celui du sol va commencer. Il va falloir faire trois passages de coupe d’herbe, un passage de traitement à la bouillie bordelaise et finir par un apport de fumier au pied de l’arbre. »

Sauver un greffon !
Tous les arbres ne sont pas prêts à être greffés. Le travail se poursuivra l’hiver prochain. Les responsables du chantier lancent un appel aux heureux propriétaires d’un vieux pommier, aux fruits savoureux, sains et d’origine locale. Sauvez un greffon et offrez-le au verger expérimental de Saint-Just (contact : Jean Yves Saulnier 02 99 02 36 82).
Tugdual Ruellan.

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