La sablière de Chavagne est devenue plan d’eau

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - environnement

NVI_n_40__1__dessin.jpgLa loi oblige les sociétés de dragage à réaménager les sites après leur exploitation. Mais rien ne précise les modalités de réaménagement. La Société Rennaise de Dragages, du groupe Lafarge, saisit, elle, cette occasion pour offrir une nouvelle vocation au site. Ainsi, à Babelouse, sur la commune de Chavagne.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 40, mai 1998
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Philippe de Poulpiquet
Illustration : Yves Bigot

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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Le bruit de l’excavatrice n’est plus qu’un lointain souvenir… Sur dix-huit hectares, le site de Babelouse, à Chavagne, est devenu un nouveau lieu de balade, lové entre le bras sinueux de la Vilaine et l’épais bois de Champcors. L’image de ce sol provisoirement défoncé, mis à nu durant de longs mois pour en extraire le sable souterrain, a disparu des mémoires. On a rangé les pelles mécaniques, on a démonté les tamis et les essoreuses. La nature a peu à peu repris ses droits. Il faut dire que la Société Rennaise de Dragages, installée au Rheu, a tout fait pour. Les exploitants du sous-sol ne veulent plus être ces dévoreurs de paysage, pilleurs invétérés des richesses naturelles. Le bouleversement provisoire du sous-sol peut devenir, affirment-ils, une occasion d’aménagement.

« En même temps que nous lançons l’exploitation d’un site, nous proposons de façonner l’espace pour lui offrir une nouvelle vocation, explique le directeur de la société, Didier Collonge. Cela peut être une zone humide pour le développement des espèces animales et végétales, un espace forestier ou un espace d’agrément propice à la détente et à la découverte du milieu naturel. Tout projet d’exploitation du sous-sol est soumis à enquête publique. Il n’est mis en oeuvre qu’après concertation avec les partenaires concernés. » Le long du chemin qui ceinture le site de Babelouse, I’on découvre aujourd’hui une berge abrupte où le martin-pêcheur peut nicher. Plus loin, une pente plus douce, créée par le tractopelle, favorise le développement d’une roselière. La profondeur de l’étang varie de 0,50 m à 3 m. Des poissons d’espèces différentes s’y réfugient et viennent frayer. On contrôle régulièrement le niveau d’eau ; faune et flore colonisent le nouvel espace, loin des regards.

« Nous pouvons restituer un site quasiment à l’identique, affirme Didier Collonge. La partie supérieure du sol, appelée « découverte », est stockée soigneusement. Nous aménageons un secteur dès que son exploitation est terminée. L’extraction peut se poursuivre simultanément sur un autre secteur. Pas question de mettre à nu d’emblée la totalité du gisement ! » L’inimitable petit grain, que la nature a mis des millénaires à fabriquer, est devenu un produit idéal pour les bétons haut de gamme. Mais de plus en plus convoité : « Après l’eau, c’est de sable dont nous avons le plus besoin. Chaque Français en consomme 20 kg par jour ! Le granulat issu des sablières est un produit noble. Nous ne devons pas le gaspiller ».
Tugdual Ruellan.

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