Patrimoine : des métiers d’avenir en Ille-et-Vilaine

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - voile

NVI_n_43__3__photo.jpgL’Ille-et-Vilaine possède un patrimoine architectural d’une grande richesse : 1 400 châteaux dont 17 ouverts au public, 541 églises et chapelles, 38 musées, de plus en plus fréquentés par un public à la recherche de ses racines. Encore faut-il, pour que la promenade soit agréable, que ce patrimoine soit protégé, entretenu, voire restauré. Le Conseil général d’Ille-et-Vilaine s’y emploie aux côtés des communes et de l’État. Mais cette aide financière n’aurait pas de sens sans le travail hautement qualifié des professionnels de la restauration. Nous, Vous, Ille est allé à la rencontre de ces artisans qui ont du talent.

Dossier paru dans Nous, Vous, Ille n° 43, février 1999
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Charles Crié

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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Une yole en construction à Redon
Pour la troisième année, l’association bretonne Le Chasse-Marée lance son « Défi Jeunes marins 2000 » en proposant aux villes du littoral de construire une grande yole voile-aviron de 11,60 m. A Redon, une équipe d’une douzaine de jeunes s’est mobilisée, avec l’aide de la Fédération d’animation rurale des pays de Vilaine, pour construire l’embarcation ainsi que trois autres de dimension plus modeste, des yoles de Ness de 6,90 m. Michaël Lesguer, jeune menuisier de 27 ans, les accompagne dans la mise en œuvre de l’ouvrage : « Je suis titulaire d’un BEP bois et matériaux associés. Après avoir travaillé comme ouvrier durant deux ans, j’ai suivi une formation en charpente navale de neuf mois aux Ateliers de l’Enfer, à Douarnenez. Elle a débouché sur un CAP de charpentier de navires en bois. » Passionné par le métier, Michaël poursuit sa formation chez les Compagnons du Devoir à Besançon et à Strasbourg, puis décide de créer son entreprise en 1995 : « J’ai tout de suite été séduit par le projet de Redon. Le métier du bois intéresse déjà plusieurs jeunes et la charpente navale traditionnelle un ou deux. Mon rôle n’est pas de former mais plutôt de diriger des gens qui sont dans une impasse professionnelle… Leur donner envie de travailler dans un chantier naval ou en menuiserie. » Si les débouchés en charpente marine sont restreints, le métier offre une multitude d’activités possibles : « Depuis que je suis à mon compte, je fais de la menuiserie-agencement durant l’hiver et de la charpente navale de mai à octobre. Je restaure aussi des meubles et je pose des fenêtres. Les débuts ont été durs, comme pour toute entreprise. Pour vitre correctement et tenir les délais d’un chantier, il faut être deux ou trois personnes dans l’entreprise. Moi, je survis grâce à la diversité de mes activités. Mais je suis débordé de travail. » (photo : Charles Crié)

Le bateau de bois revit à Cancale
À Cancale, les Charpentiers réunis ont relancé le bateau de bois sous toutes ses formes : restauration, vente en kit, construction… Tombé dans l’oubli depuis 30 ans, le patrimoine maritime se porte mieux. Les fêtes de Brest 1992 et les concours organisés par la revue Le Chasse-Marée ont relancé une dynamique. Jacky Legeay sent le vent venir quand, avec Gérard Thomas et Nicolas Pluet, il crée sa société, en 1990, à Cancale. Huit ans plus tard, les Charpentiers réunis se portent bien. Ils emploient 9 salariés. Le chiffre d’affaires est passé de 2.2 millions de francs en 1997 à 3.5 en 1998. Leur secret ? Ils savent exploiter tous les créneaux à leur portée, avec un petit plus : le kit. « Les grands bateaux donnent l’amour du patrimoine. Mais il faut aussi que le grand public puisse s’acheter un bateau en bois. » Ils ont donc relancé la construction de bateaux traditionnels, mais à la portée de tous. Ces petites embarcations de moins de 7 mètres sont vendues entre 8 200 F et 34 000 F. Ils préparent également, en tant que responsables techniques, le Défi Jeunes marins 2000 du Chasse-Marée à Douarnenez.
L’entreprise met le même savoir-faire aux travaux de réparation et à la restauration de bateaux monuments historiques. « Le bois est une matière chaude et vivante qui se travaille bien, malgré cer¬taines contraintes », explique le charpentier. Le métier demande une solide formation. Jacky Legeay conseille de passer un CAP ou un BEP de menuisier, charpentier ou ébéniste dans le bâtiment et d’acquérir une formation complémentaire à l’Afpa d’Auray ou aux ateliers de l’Enfer à Douarnenez. La suite est affaire d’expérience…

NVI_n_43__1_.jpgEric Le Dévéhat et Dominique Tiffoin créent leur entreprise
Le visage du centre ville de Redon est en train de changer et c’est un peu grâce à l’entreprise Le Dévéhat-Tiffoin, spécialisée dans la taille de pierres et la rénovation de bâti¬ments anciens. « J’ai une formation de tailleur de pierres, explique Eric Le Dévéhat. Mon associé, Dominique Tiffoin, est maçon. Nous avons créé notre entreprise en 1994. Elle emploie aujourd’hui six personnes avec un chiffre d’affaires qui atteint le million de francs. » Les deux compères sont spécialisés dans la pierre de taille, le tuffeau et la pierre de taille (schiste et granit). On leur doit la rénovation de bon nombre de façades d’immeubles de la Grande-Rue, de la place Saint-Sauveur et de la rue Victor-Hugo à Redon, et du restaurant La Bogue. Ils travaillent actuellement à la rénovation du pinacle de la chapelle Saint-Sauveur, abîmé par la tornade de l’an passé.

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