Deux éducateurs pour renouer le dialogue : une éclaircie dans les conflits

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - éducation

NVI_n_36__3__photo.jpgMichèle Chesnin et Daniel Bocandé, tous deux éducateurs formés à l’approche analytique, accueillent au centre social de Redon, adultes, jeunes et enfants en « panne » momentanée de communication. Leur association s’appelle Eclaircie.

Article paru dans Nous, Vous, Ille n° 36, mai 1997
Rédactrice en chef : Florence Séguret
Texte : Tugdual Ruellan
Photo : Charles Crié

article téléchargeable en cliquant sur le lien :
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« Je n’en peux plus avec mon enfant, j’ai parfois envie de le battre… II est difficile pour tout, on n’arrive plus à se parler ». « Mes parents ne comprennent rien, je n’y arriverai jamais… » Autant de mots lancés dans le découragement du quotidien par des parents, désemparés ou des adolescents en mal de vivre. Autant de petites phrases qui, si l’on n’y prend garde, s’insinuent dans les relations jusqu’à les rendre insupportables. Pour en parler sans pour autant entamer une démarche de thérapie, il y a désormais à Redon Éclaircie, un lieu d’écoute, de parole et d’échange, à mi-chemin entre les services sociaux et le centre médico-psycho-pédagogique. « Ces mots, qui parfois se transforment en maux, dénotent une détresse, confient Michèle Chesnin et Daniel Bocandé ; cette souffrance mérite d’être entendue pour évacuer le malentendu. Bien souvent, des pressions familiales, sociales, personnelles entretiennent le malaise. Il nous a paru important de créer un lieu pour encourager l’expression, autoriser des personnes à dire pour aller mieux, à ne pas porter seules ieurs maux, à les exprimer. »

Éclaircie a été créée en septembre 1995. Le besoin était réel puisque 56 entretiens ont déjà pu avoir au cours de 40 permanences assurées chaque lundi au centre social. Y sont évoqués des problèmes relationnels entre enfants, parents et adolescents, des difficultés face à l’échec scolaire, à l’énurésie, au chômage, à la solitude, à un divorce, à la mort d’un être cher.. C’est aussi parfois la honte, la difficulté à s’exprimer ou la peur de ne pas être à la hauteur qui se révèlent. « Nous intervenons séparément ou tous les deux… Si la personne souhaite entamer une thérapie, nous la guidons vers des services compétents. Notre proposition est ponctuelle et correspond à un travail de prévention. Nous tentons de rechercher ensemble une issue face à une difficulté, de prendre simplement le temps d’écouter, de partager. Cela suffit parfois pour désamorcer une situation de conflit ou de découragement. »
Tugdual Ruellan.

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