Infos Réseau, la lettre des IME d’Ille-et-Vilaine

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

ime_35.Infos_Reseau__1_.jpgLes 4 IME instituts médico-éducatifs d’Ille-et-Vilaine s’associent et mutualisent leurs ressources et réflexions : Les Ajoncs d’Or à Montfort-sur-Meu, La Baratière Adapei de Vitré, La Brétèche de Hédé, l’EDEFS Hallouvry de Chantepie. Ils lancent INFOS RESEAU, la lettre des IME. Elle a pour objectifs d’ouvrir et élargir une culture de partenariat entre les établissements, dans le domaine de la formation professionnelle et des interventions médico-éducatives, en vue de développer la recherche, la mutualisation d’expériences visant une meilleure qualité des services ; de faire connaître les professionnalités et rendre chacun acteur ; de passer des logiques de placement, de réparation et de traitement à une logique de prestations pour la personne et la reconnaissance de celle-ci comme sujet, acteur, auteur et citoyen ; d’accompagner le jeune dans la mise en oeuvre de son projet. Déjà des professionnels partagent des expériences et des formations. Pourquoi ne pas démultiplier ces échanges, de confronter et partager nos pratiques ? Comment poursuivre le travail et mettre en oeuvre ce partenariat ?

INFOS RESEAU est publié par les IME Les Ajoncs d’Or, La Baratière, La Brétèche et l’EDEFS Hallouvry
Interviews, reportages et conception rédactionnelle : Tugdual Ruellan
Création graphique : Etincelle
Document à télécharger en cliquant sur :
ime_35.Infos_Reseau__1_.pdf

AU SOMMAIRE
21 novembre 1997 : un réseau naissant… Les mots-clés et les pistes de Jean-Pierre Boutinet

En bref… Des infos en provenance des établissements, des invitations à découvrir, des pistes de réflexion pour faire vivre le Réseau…

Des nouvelles de nos partenaires… Le bilan positif de Grafic-Bretagne : sur 148 apprentis ayant passé le CAP depuis le mois de juin 1995, 64 ont obtenu le CAP complet et 23 le CAP pratique.

Une Yole de Ness à l’IME de Montfort-sur-Meu.

Se mettre en projet
jean-pierre_boutinet.jpgJean-Pierre Boutinet est Professeur à l’Institut de psychologie et sciences appliquées de l’Université catholique de l’Ouest Il s’est spécialisé dans les conduites à projet et leur signification méthodologique et anthropologiques, les formes de la créativité et de l’innovation, les conduites opératoires, les choix, stratégies décisionnelles et destinée de l’action, les mécanismes d’apprentissage et méthodologies de la formation… Présent tout ou long de la journée du 21 novembre 1997, il a semé les différentes interventions de remarques et observations diverses. Retour sur image…

Espace projet. Nous sommes ici dans un espace projet authentique. Votre histoire est faite de continuité et de rupture. La profession d’éducateur s’est construite autour de « l’avec ». Protéger, intégrer, mais comment insérer lorsque la demande sociale est saturée d’insertion ? D’où le problème, que j’appellerai la personnailsation, l’individualisation des parcours.
Des changements attendus. Comment gérer ces changements en retour ? C’est tout l’art du projet ; c’est la singularité liée à chacun des projets d’avoir à articule, j’allais dire à bricoler, continuité et rupture.
Le projet se dit dans un langage. Projeter, c’est verbaliser. Avant le verbalisation, je suis dans le domaine des intentions dont on dit que l’enfer en est pavé. C’est parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions que les bonnes intentions ne suffisent pas, qu’il faut ies inscrire dans le réel et d’abord dans le réel du langage à travers un projet. Le projet est donc une verbalisation de mes intentions… Je n’agis pas de la même façon si j’ai le langage ou si je ne l’ai pas. Nommer les choses permet de les comprendre. Et nommer le projet permet de mieux comprendre ce qu’on va faire et ce dans quoi on est inséré.
Etre en projet, c’est être avec. Le travail social ne s’est pas construit à coup de personnalités charismatiques mais à coup de rencontres. Etre en projet, c’est être avec les personnes pour lesquelles nous avons mission de les aider dons leur autonomie ; c’est être avec tous ces professionnels de chaque établissement qui concourent aux mêmes objectifs. Cela implique un tissu social à l’intérieur de l’établissement et pour poser là aujourd’hui un autre niveau, un tissu social inter-établissements : comment être ensemble. à plusieurs établissements ?
La tête ailleurs. Laissons-nous inspirer par cette très belle parole de l’architecte contemporain Enzo Piano quand on iui disait : «Mais pour vous, construire un projet d’architecture, c’est quoi ?» Il répondait : «Pour moi, un projet c’est poser les pieds quelque part et avoir toujours la tête ailleurs».
Ambiguïté. Il est sûr que dans ce réseau que vous constituez, vous montrez une habileté certaine à jouer avec le chaud et le froid : le chaud du projet.. de l’incertitude, de l’espace de liberté, le froid des objectifs, des référentiels, de l’action cadrée et déterminée. Dépasser cette première ambiguïté, c’est s’interroger sur un mariage possible entre une démarche par objectifs et une démarche par projet.
Du projet pour au projet avec. Si nous restons longtemps dans une logique du projet pour, les choses vont très vite s’essouffler et les insatisfactions des uns et des autres vont se manifester. Ne serait-il pas nécessaire de passer à une deuxième étape, du projet pour, au projet avec.
Stimulation ou assujettissement ? Il y a des contraintes qui sont stimulantes, il y en a d’autres qui sont assujettissantes. Dans quelle mesure les référentiels que nous construisons comportent-ils suffisamment d’espaces lâches pour être stimulants et éviter qu’ils ne soient assujettissants ?
Les Actes de la journée du 21 novembre sont disponibles dans les établissements. Conception rédactionnelle : Tugdual Ruellan.

L’apprentissage : un parcours d’excellence – Grafic Bretagne
Un apprentissage accompagné pour les jeunes en situation de handicap permet de réussir l’intégration en milieu ordinaire, avec des chances réelles de succès. C’est ce que démontre aujourd’hui, après six ans d’existence, l’expérience de Grafic-Bretagne, née de l’impulsion des IME. Bilan… Ce qui était un pari en 1992 est devenu aujourd’hui une réalité : Grafic-Bretagne a commencé avec 25 apprentis, puis 45, 69, 1 I 6 et cette année, 138. Sur I48 apprentis ayant passé le CAP depuis juin 95, 64 ont obtenu ie CAP complet et 23 le CAP pratique. «Il faut, confie le directeur Daniel Bredoux, souligner l’excellence d’un tel parcours pour ces jeunes en grande difficulté d’insertion qui est une alternative ou milieu protégé. Nous constatons que pour la plupart, l’insertion professionnelle est plus stable. Aujourd’hui, l’insertion professionnelle passe par la qualification, c’est-à-dire l’utilisation des compétences professionnelles en lien direct avec un référentiel métier.

Mais elle peut aussi passer, et la plupart de nos jeunes sont concernés, par l’employabilité, c’est-à-dire, la reconnaissance et la mise en oeuvre de compétences métiers bien repérées ; l’on sait que le CAP favorise l’employabilité. L’expérience acquise démontre que le travail en amont est essentiel dans la réussite du parcours qualifiant et sa transformation en emploi. Nous souhaitons poursuivre et développer le partenariat avec l’enseignement adapté et les établissements spécialisés, afin que les jeunes repérés en difficulté puissent mener à bien leur apprentissage. La méthodologie utilisée s’est individualisée au fil du temps ; elle pourrait être transférable auprès d’un public, non reconnu handicapé, repéré en grande difficulté dans les CFA. Permettre à un jeune sans qualification de mener un parcours d’apprentissage jusqu’à son terme, évite les risques d’exclusion.» Le partenariat avec l’équipe allemande de Kolping se poursuit jusqu’en décembre 1999, avec un financement du Fonds social européen. Au programme, la recherche et le développement de nouvelles pistes pour favoriser l’insertion de jeunes en difficulté.
Contact : Daniel Bredoux (tél. 02.99.87.54.00)

Une yole de Ness à l’IME de Montfort-sur-Meu
Depuis le mois de mars 1998, une journée par semaine, cinq six jeunes se réunissent avec leur éducateur technique pour construire un bateau, la « Yole de Ness ». La yole est un bateau de 6,90 m de long pouvant embarquer 7 personnes à son bord. Pour le manoeuvrer, deux solutions : soit la voile pour la régate, soit 6 avirons plus la barre. « Le bateau nous est fourni par les Charpentiers réunis, chantier naval à Cancale, explique Michel Ribbens, éducateur technique spécialisé menuiserie. La construction est en cours. Dans les premières séances, nous avons dû identifier les pièces détachées, mettre un nom sur chacune d’elles, en consultant les notices de montage, nous expliquer les plans, les schémas. Il nous a fallu préparer un planning, travail important de réflexion, de préparation, de prévision qui amène à une bonne organisation du travail. Suite à ces préliminaires, les découpes, les ajustages des pièces de bois et le montage ont pu commencer…
Après les premières finitions, notre bateau sera confié à l’atelier peinture qui en assurera Io décoration et la protection par peintures et vernis spéciaux. A chaque séance, nous photographions l’évolution de Ia construction, nous mettons en mémoire les gestes de chaque jeune et aussi leur plaisir, leur fierté de fabriquer un tel bateau. Le jour de l’inauguration, ces photos constitueront une rétrospective de la construction. Ce même jour seront exposés tous les travaux réalisés en scolaire et en éducatif En effet, une institutrice et un éducateur suivent séance après séance le montage et travaillent sur un journal où les jeunes dessinent des plans, rédigent des textes et mettent l’ensemble en page grâce à un ordinateur. Ils apprennent ainsi les dimensions, les surfaces, la lecture, le vocabulaire technique, la mer, l’eau, la météo, la sécurité… Ils prennent aussi connaissance grâce à divers documents, du contexte géographique et historique des bateaux dont la Yole de Ness est inspirée. Un grand nombre de notions sont travaillées grâce à cette construction : la coopération entre les jeunes dons un tel travail d’équipe, la curiosité, la réflexion, l’affrontement des difficultés, la recherche de solutions, le plaisir de la découverte, le contrôle, Ia maîtrise de l’impulsivité, la création d’un comportement adapté à la situation, la persévérance, la responsabilité. Et n’oublions pas, la joie simple de créer « leur » bateau. Le projet amenant le futur, leur bateau naviguera. Des activités sportives et éducatives, des transferts en camps nautiques seront organisés. Nous prévoyons des rencontres avec d’autres écoles possédant elles aussi des yoles, des fêtes annuelles de vieux gréements. Costumes, chants de marins, Brest 2000…) Contact : Michel Ribbens (té1.02.99.09.01.90).

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