Signes Particuliers : la musique mérite d’être la seconde langue obligatoire de toutes les écoles

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2002.09.SIGNES_PARTICULIERS.lettre__1__copie.jpg« La musique mérite d’être la seconde langue obligatoire de toutes les écoles du monde » (Paul Carvel ).
2003, année européenne des citoyens handicapés. Forcément l’occasion d’échanger sur les différentes pratiques, sur le chemin parcouru pour l’accueil, le soin, l’éducation, l’insertion de la personne handicapée. Forcément l’occasion de mesurer le chemin à parcourir pour rendre vraiment citoyen de la communauté l’enfant, la femme ou l’homme né ou devenu « différent ». Forcément l’occasion de militer pour l’accès à l’école, au travail, au sport, à la culture pour tous et pour tous, ensemble. Forcément l’occasion de faire venir chez vous SIGNES PARTICULIERS pour rendre festifs ces échanges, réflexions, actes militants ; et nous serons, avec vous, les témoins du chemin parcouru et les porte-paroles de celui à parcourir.
Jean-François MAUGER, directeur du CAT Arc en Ciel
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La Lettre de Signes Particuliers n°16 – APEI Aube, septembre 2002
Direction : Jean-François Mauger
Responsable artistique : Guy Velut
Rédaction, reportage : Tugdual Ruellan
Conception graphique : Moswo

Document à télécharger en cliquant sur le lien :
2002.09.SIGNES_PARTICULIERS.lettre__1_.pdf

Colette Mandret, ADAPEI du Maine-et-Loire : « Ne plus regarder la personne handicapée du côté de ses manques, mais du côté de ses possibles »

Signes Particuliers était le 1″ juin 2002 invité de la section ADAPEI de Segré, (Maine-et Loire), pour un spectacle au centre culturel. Rencontre avec la Présidente de l’association, Colette Mandret.
Comment avez-vous connu le groupe Signes Particuliers ?
Colette Mandret : « Par les revues de l’UNAPEI. J’étais alors à la recherche d’un établissement ou d’un groupe d’handicapés mentaux qui vivaient une expérience intéressante dans le domaine artistique pour une éventuelle participation à l’assemblée générale de l’ADAPEI 49 en juin 2001 ; le thème retenu était « Art et Handicap ». Il me semblait intéressant de partager diverses expériences dans ce domaine. J’ai alors écrit à plusieurs groupes et seul Signes Particuliers m’a répondu. Nous sommes allés les voir en concert à Ancenis et nous avons été tellement emballés, un peu étonnés même, que nous avons aussitôt pris date avec eux. Ils étaient donc nos invités en juin 2001 et cette année encore. C’est à chaque fois beaucoup de plaisir et de joie. »

Comment a réagi le public en découvrant le groupe ?
C.M. : « Les réactions à la sortie de la salle sont assez extraordinaires et toujours un peu les mêmes : super génial ! Des jeunes avaient les larmes aux yeux, encore tout émus de ce qu’ils venaient d’entendre. Tant que l’on n’a pas rencontré les artistes, on n’imagine pas qu’ils aient des difficultés ou des déficiences particulières. Une personne de mon entourage avait peine à croire qu’il s’agissait de jeunes en établissement spécialisé. La rencontre des artistes après le concert nous fait prendre toute la mesure du travail réalisé par ces jeunes. Les gens ont du mal à croire que des personnes handicapées soient capables de produire une telle prestation artistique. »

Quels enseignements tirez-vous de cette initiative ?
C.M. : « L’expérience de Signes Particuliers doit nous servir à nous, représentants d’associations, pour développer des espaces dans lesquels les personnes handicapées ont toute leur place ; développer des lieux où elles deviennent l’égal de l’autre, de celui dit « normal ». Pour moi la dimension artistique est un de ces lieux permettant à l’individu déficient, de s’épanouir, de grandir, d’exprimer ses émotions ses envies, ses angoisses, ses souffrances. Dans le domaine artistique, il peut trouver un espace où la différence n’est plus. Cette initiative nous invite à regarder aussi celui qui est handicapé, non plus du côté des ses manques, mais du côté de ses possibles. Et cela change complètement notre perception ! Regarder l’autre avec ses possibles en ne niant pas ses difficultés et ses manques qui l’obligent souvent à suivre un parcours spécialisé… N’est-ce pas le premier chemin de l’intégration ? Il y a des atouts et une grande richesse chez ces hommes et ces femmes que l’on dit handicapés. L’expérience de Signes Particuliers nous invite à faire bouger notre regard et à développer d’autres initiatives pour lutter contre l’exclusion. »
Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

Au collège Brossolette de Nogent-le-Rotrou
Les élèves sur scène avec Signes Particuliers
Signes Particuliers a joué en concert le 30 mai 2002 à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Deux des chansons du répertoire étaient interprétées avec les enseignants et élèves du collège Pierre Brossolette. Instant d’émotion…
« Nous avions déjà travaillé avec les musiciens de Signes Particuliers, au cours de l’année scolaire 2000 – 2001, se souvient Marie-Françoise Daniel, principal-adjoint du collège Pierre Brossolette. Mmes Alazard et Ledru, enseignantes de français, avaient alors réalisé avec les élèves, un court-métrage, baptisé Chiche molle dingue, un propos contre l’exclusion ; une chanson du groupe figurait sur la bande-son. » Tout naturellement, l’année suivante, alors que se profile la perspective d’un concert à Nogent-le-Rotrou, un nouveau projet voit le jour avec l’établissement scolaire : « Nous souhaitions que les enfants rencontrent des musiciens professionnels, poursuit Mme Daniel, qu’ils découvrent les coulisses d’un spectacle, les différents instruments utilisés par le groupe, s’ouvrent à d’autres genres musicaux et goûtent à la beauté de textes porteurs de messages. Il y avait aussi, sous-jacente, une action de citoyenneté en offrant aux enfants la possibilité d’aller à la rencontre de l’autre différent, de dépasser ses préjugés et peut-être, de prendre conscience des espaces qui peuvent s’offrir à celui qui surmonte sa difficulté ou son handicap. » En début d’année scolaire, Matthieu Vanuxem, professeur de musique, présente le groupe Signes Particuliers aux élèves de sixième : « Nous avons écouté leurs chansons, explique-t-il. Ensemble, nous avons retenu deux titres qui parlaient au coeur et au corps, puis nous avons appris les paroles et travaillé sur les rythmes. »

Le 30 mai, face au public enthousiaste, les enfants sont sur scène, en live, aux côtés de Signes Particuliers. « Tous étaient vraiment heureux à l’idée de voir, entendre le groupe et partager les chansons avec eux. Il y avait beaucoup d’émotion à l’idée de chanter le soir, en direct, devant les 150 personnes venues ce soir-là. Cette action s’inscrit pour nous dans le cadre des initiatives citoyennes, au coeur de notre projet d’établissement, insiste Mme Daniel, notamment avec le souci de développer des relations humaines harmonieuses et une communication de meilleure qualité, développer l’intérêt des élèves pour la dimension culturelle de la vie intellectuelle et sociale. »
T R.

Mots d’enfants de Nogent-le-Rotrou…
Anaïk : « Merci pour tout le bonheur que vous nous avez fait partager. »
Fanny et Vanessa : « On espère vous revoir un jour à la télévision ! »
Laura « Votre musique est bien et vous aussi ! J’espère que l’on refera des concerts ensemble. »
Charlotte : « J’ai trouvé cette rencontre super ; je vous souhaite de continuer comme ça. »
Caroline : « Je vous adore, continuez comme ça ! »
Tous « C’était hyper génial, le concert était d’enfer, vous êtes superbes ! »

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