Signes Particuliers : toute musique qui ne peint rien n’est que bruit

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2002.05.SIGNES_PARTICULIERS.lettre__1__copie.jpg« Toute musique qui ne peint rien n’est que bruit » (Jean Le Rond d’Alembert).
La pratique artistique à destination des personnes handicapées mentales n’est toujours pas un acquis. Même si nous, au CAT musical Arc en Ciel, on se réjouit de tout ce qui se passe à l’intérieur des Associations et des Institutions pour promouvoir les DROITS à la pratique et l’accès aux arts et à la culture, nous sommes à la fois tristes et inquiets des nouvelles qui nous arrivent du sud de la France. Le CREAHM Provence n’a plus les moyens suffisants pour assurer ses activités et cette menace va donc se répercuter sur le très grand nombre d’artistes, enfants, adolescents et adultes handicapés mentaux qui ne vont plus avoir la possibilité d’aller travailler dans les nombreux ateliers, ni aux animateurs et autres travailleurs sociaux de se rendre aux stages proposés dans le cadre du centre de formation du CREAHM Provence. Vous tous qui croyez en l’art et la culture comme vecteur essentiel de l’insertion des personnes handicapées, faites comme nous en apportant votre soutien au CREAHM Provence pour qu’il puisse continuer à vivre.
E-mail : creahm.provence@mail. dotcom.fr.
Jean-François MAUGER, directeur du CAT Arc en Ciel.

La Lettre de Signes Particuliers n°15 – APEI Aube, mai 2002
Direction : Jean-François Mauger
Responsable artistique : Guy Velut
Rédaction, reportage : Tugdual Ruellan
Conception graphique : Moswo

Document à télécharger en cliquant sur le lien :
2002.05.SIGNES_PARTICULIERS.lettre__1_.pdf

Mon voisin a du talent
La Chapelle-Saint-Luc (Aube) organisait en avril dernier, ses premières Rencontres inter-culturelles. Signes Particuliers faisait partie des invités d’honneur. A Ia Chapelle Saint-Luc, différence et tolérance font bon ménage. Ce sont en effet quelque trente ethnies qui se côtoient ici au quotidien, entre zones pavillonnaires et grands ensembles.  » Nous souhaitions créer un événement pour que les gens se rencontrent, explique Gérard Fridblatt, adjoint au maire à la culture et à l’animation des quartiers. Tout naturellement, nous avons imaginé des rencontres inter-culturelles pour valoriser diverses expressions et créer du lien social. La programmation a été le fruit du travail de toute une équipe, particulièrement motivée pour mettre en place une animation culturelle sur la commune.  » Trois jours de fête ont ainsi vu le jour. Signes Particuliers donnait le ton en proposant son spectacle dans la salle du Centre Culturel. Ont suivi, en plein-air cette fois, un concert de musique raï le premier jour et un ensemble de percussions africaines le deuxième jour avec concert rap. Le troisième jour, les habitants de la commune proposaient au public un défilé de costumes traditionnels de diverses cultures : Europe mais aussi Laos, Cambodge, Maghreb, Afrique centrale, Chili.  » Ces trois jours ont été un grand moment de convivialité, atteste Gérard Fridblatt. La venue de Signes Particuliers était tout à fait pertinente ; les gens se découvraient mutuellement, se laissant surprendre par le talent de leur voisin. Grâce à Signes Particuliers, nous avons atteint deux de nos objectifs : faire découvrir aux habitants de La Chapelle un groupe différent, au talent et au professionnalisme incontestables ; mais aussi faire venir des personnes handicapées et le public de Signes Particuliers dans notre commune pour partager ce moment de fête. L’initiative sera certainement reconduite l’an prochain. « 

Dix ans d’amitié et de rencontres partagées avec le groupe Evasion du Centre-Alsace
L’APEI Centre Alsace de Sélestat soutient depuis une dizaine d’années le groupe Evasion, constitué de personnes handicapées. Une solide amitié s’est créée au fil des années avec Signes Particuliers.
Rencontre avec Jean-Marc Otter, éducateur
Jean-Marc Otter :  » Le groupe est constitué de sept personnes ; il existe depuis une dizaine d’années ; c’est une initiative du foyer de l’APEI Centre Alsace qui proposait un atelier musique. A la différence d’Arc en ciel, la structure n’est pas celle d’un centre d’aide par le travail, même si la plupart des musiciens et chanteurs travaillent en CAT : Thierry à la batterie, Dominique aux percussions, Stéphane à la basse, Olivier aux claviers, Françoise, Viviane et Régis au chant ; j’accompagne à la guitare et au chant. Très vite. des talents ont été repérés. Trois ans après, Evasion était né. Nous avons fait paraitre un premier disque 4 titres « Coup de cœur ss. Nous nous produisons sur les scènes alsaciennes essentiellement, Paris et Rouen exceptionnellement. « 

Comment s’est faite la rencontre avec Signes Particuliers ?
J. M. O. :  » Le groupe s’est produit dans notre région en 1990 à Sélestat. Notre rencontre est une histoire qui date. Nous sommes tonjours restés en lien depuis. Récemment, dans le cadre de l’association Adecca créée il y a un an et demi au sein de l’APEI, Association pour le développement culturel en Centre-Alsace, nous les avons invités à nouveau à se produire en Alsace. Leurs prestations ont suscité des réactions très positives, de fortes motivations. « 

Quel est le but de cette association ?
J. M. O. :  » Faciliter l’intégration de la personne handicapée comme acteur culturel dans la société et l’accès à la culture. Nous y avons ainsi créé une troupe de danse et embauché un artiste-peintre. Un atelier théâtre et un atelier d’écriture sont à l’étude. Nous organisons aussi des concerts et, tous les ‘nuis, des stammtish, vieille tradition de l’est de la France et de Suisse, sortes de causeries autour d’un thème. Le but est de favoriser la rencontre entre valides et handicapés, autour d’un thème sur un mode convivial. »

Vous avez récemment participé à un stage de formation à Troyes, organisé par le CAT Arc en Ciel. Qu’en retirez-vous ?
J. M. O.:  » Ensemble. nous avons conçu un projet de stage adapté au projet d’Evasion. Durant toute une semaine, nous avons travaillé sur nos propres morceaux. L’échange a été des plus fructueux. La rencontre nous a permis de sortir de notre routine ; musicalement, nous avons beaucoup progressé. Mais au-delà de la dimension musicale, c’est l’aspect humain qui a été fort. La musique ne reste malgré tout qu’un support à la relation. Le groupe s’est consolidé, a eu l’occasion de rencontrer d’autres jeunes qui, avec le messie niveau de handicap, pouvaient aller encore plus loin. Des complicités sont nées, des échanges d’adresses. Il y avait une ambiance remarquable. une chaleur dans l’accueil. On a une seule envie, c’est d’y retourner ! « 

Propos recueillis par Tugdual Ruellan

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