Jean-Bernard Vighetti : le tourisme rural pour aménager le territoire

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - tourisme

2001.06.21.Lexpress__6__photo.jpgL’association des Petites cités de caractère va bientôt fêter ses 25 ans. Rencontre avec Jean-Bernard Vighetti, directeur de l’office de tourisme de Rennes, qui a eu l’idée, en 1974. alors qu’il était chargé de mission du tourisme rural en Bretagne, de fédérer ces villes « reliques » du Moyen Age.

Dans quel contexte sont nées les Petites cités de caractère ?
Jean-Bernard VIghetti : Au début des annees 197, l’espace rural perdait ses populations et voyait son patrimoine se dégrader. On s’est vite rendu compte que le tourisme pouvait être un outil d’aménagement du territoire, un moyen de trouver de nouvelles vocations. Contrairement au tourisme de montagne ou balnéaire, concentré sur des espaces réduits autour d’un gisement, le tourisme rural était diffus. Il fallait l’envisager à l’échelle d’un grand espace géographique, celui du pays.

article paru dans le SUPPLEMENT Bretagne L’EXPRESS – 21 juin 2001
Dossier conçu par Partenaire Ouest à Nantes
Rédaction et photo : Tugdual Ruellan

Oue sont les Petites cités de caractère ?
JBV : Elles sont en fait les anciens chefs-lieux et les gros bourgs du Moyen Age, par où transitait le commerce. Ce sont des villes reliques, dont bon nombre avaient pas les moyens d’entretenir leur patrimoine.

Comment est née l’association ?
JBV : En 1975, nous avons proposé de réunir ces cités au sein d’une union bretonne et avons créé la charte des Petites cités de caractère. Au même moment se mettait en place l’Établissement public régional, qui allait devenir la Région ; les élus prenaient conscience de l’importance du tourisme et de la valorisation du patrimoine comme leviers du développement local. En 1980 naissaient les zones de protection, prenant en compte le patrimoine et son environnement. La dynamique était lancée. Il s’agissait de valoriser un bourg ancien. un patrimoine bâti, témoins de différentes strates de l’histoire, plus qu’un monument en soi qui était déjà classé depuis longtemps. La Région a alors dégagé de plus en plus de moyens, au départ pour des investissements communaux puis pour des particuliers : chambres d’hôtes, ravalements de façades par exemple. En même temps, dans la suite de la dynamique initiée par André Malraux pour une politique de sauvegarde des quartiers, nous avons lancé en 1984 l’appellation « Villes d’art et d’histoire ».

Que sont les Petites cités de caractère aujourd’hui ?
JBV : Les coûts de restauration sont élevés et ne peuvent être supportés par les particuliers. Nous continuons à intervenir pour que l’État apporte des aides de façon permanente à la sauvegarde. Nous venons d’apprendre qu’enfin les propriétaires vont être autorisés à rénover des bâtiments anciens pour en faire du locatif (une nouvelle opération programmée d’amélioration de l’habitat démarre actuellement. Les cités de caractère ne doivent pas devenir des villes musées. Ce sont d’abord des cités à vivre. Des initiatives sont nées dans d’autres régions de France. Nous avons prévu de nous rencontrer à l’automne prochain pour réfléchir à l’idée d’une charte nationale commune.

Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

Petites cités de caractère : Bécherel, Châteaugiron, Châtelaudren, Combourg, Guerlesquin, Josselin, Jugon¬les-Lacs, La Roche-Bernard, Le Faou, Lizio, Locronan, Malestroit, Moncontour, Pont-Croix, Pontrieux, Quintin, Rochefort-en-Terre, Roscoff, Tréguier.
Villes d’art et d’histoire : Auray, Dinan, Fougères, Quimper, Rennes, Saint-Malo, Vannes, Vitré.

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