Jean-Louis Latour, président du Conseil culturel de Bretagne : « Ouverts à la culture du monde »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - vie locale

2001.06.21.Lexpress__5__photo.jpgFidèle défenseur de la culture bretonne, Jean-Louis Latour, Morlaisien de naissance, Redonnais d’adoption, parcourt la région depuis des lustres pour sauver et promouvoir la culture bretonne. Depuis 1987, il est le président du Conseil culturel de Bretagne, organisme né de la charte promulguée par Valéry Giscard d’Estaing en 1978. Rencontre…

article paru dans le SUPPLEMENT Bretagne L’EXPRESS – 21 juin 2001
Dossier conçu par Partenaire Ouest à Nantes
Rédaction et photo : Tugdual Ruellan

Quels étaient les buts de ce Conseil culturel au moment de sa création ?
Jean-Louis Latour : Il avait pour mission de donner un avis sur les crédits émanant de l’État, en parité avec la Région, à attribuer aux associations de culture bretonne. Il était constitué de représentants associatifs, politiques et administratifs. La charte a été une reconnaissance de la culture identitaire, spécifique aux Bretons, dans laquelle on trouve la langue, l’histoire, les arts populaires. C’était alors la seule région de France à bénéficier de cette charte. Il y avait là une reconnaissance officielle d’une culture spécifique et un soutien financier. Les départements et les villes ont suivi. Les gens qui militaient depuis des années trouvaient là un espace de reconnaissance. Mais au bout de quelques années, les aides de l’État se sont taries ! En 1983, nous avons réussi à convaincre la Région et les départements pour qu’ils poursuivent leur politique de soutien. Alors, on a créé les Amis du Conseil culturel de Bretagne ! 54 associations, militantes de la culture, y siègent aujourd’hui, soit quelque 50.000 personnes qui sont derrière Kendalc’h, les bagadou, les cercles celtiques.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
J.L. L : Il y a eu, juste avant que Patrick Le Lay ne crée TV Breizh, un projet de télévision en langue bretonne ; nous réfléchissons actuellement à un réseau de radios en langue bretonne. Le 2 janvier 2001, nous avons sollicité les élus, députés et sénateurs de Bretagne pour leur demander d’intervenir auprès du ministre de l’Education en faveur de l’apprentissage (bilingue) de la langue bretonne et de la formation des maîtres ; la plupart l’ont fait et le ministre a répondu à chacun d’entre eux.

Quelle idée commune vous réunit ?
J.L. L : Du concret ! Le Conseil est une cellule de concertation, un trait d’union entre les associations culturelles et les politiques, une force de proposition ou de soutien de projets valorisant la culture bretonne. Ce qui nous rassemble, c’est l’idée d’impulser la dynamique culturelle bretonne, identitaire, de communiquer et intéresser le milieu politique. Ce ne sont pas des gens qui se sentent responsables ou redevables des déviances qui ont pu être commises ici ou là, à un moment donné de l’histoire. Tous ceux qui constituent le Conseil sont des progressistes, des gens qui se sentent citoyens, pour qui les solutions extrémistes, violentes, ne sont pas défendables.

Sur quelles bases revendiquer une identité culturelle ?
J.L. L : Aujourd’hui, plus personne n’a honte de dire qu’il est Breton. La Bretagne affirme son envie de gagner, tout en respectant les autres. Quand un individu découvre qu’il a une identité culturelle particulière, une langue, un art spécifique, alors à ce moment-là, il est en mesure complète de découvrir l’identité des autres. Le fait identitaire est porteur en terme de soIidarité, d’économie, de développement artistique. C’est une ouverture sur les autres cultures, sur le monde. La culture universelle ne peut naître qu’à partir de l’ensemble des cultures particulières. Encore faut-il les approcher.
Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

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