Des exploitants agricoles du Gard ouvrent leurs portes aux stagiaires issus de l’immigration

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2007.04.CAE.reportage_Gard__44_.JPGCompétences – Actions – Emplois
En novembre 2006, l’association Asmoune proposait une formation alphabétisation à Beaucaire et Saint-Gilles (Gard) à des personnes, migrantes, en recherche d’emploi. L’action, qui s’inscrit dans le cadre du projet Compétences – Actions – emplois soutenu par le Fonds social européen (Equal), s’est poursuivie en janvier 2007 : « Nous avons, explique Céline Mazel, chargée de mission, intégré des personnes suivies sur Nîmes par Asmoune, d’autres qui avaient été interrogées par Julie Kovacs lors de son étude anthropologique sur ce bassin de l’emploi, d’autres encore contactées par le bouche à oreille. La communication a été difficile puisque, malgré le stage d’alphabétisation et de français-langues étrangères (FLE), la maîtrise du français reste partielle. Peu à peu, au cours des entretiens nous avons réussi à fixer des objectifs. » Le groupe est constitué d’une majorité de femmes : « Le secteur agricole leur est généralement fermé. Aujourd’hui cependant, certaines tâches leur sont devenues accessibles. »
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Document réalisé dans le cadre du projet Compétences-Actions-Emplois (Equal, FSE)
Responsable du projet : Bassou Benyoucef, directeur Asmoune (Sète)
Reportage, textes et photos (du 17 au 20 avril 2007) : Tugdual Ruellan
Partenaires du projet : Sonacotra, Grafic-Bretagne, IME Les Hamelines, Marc Lacaud

Premier objectif : faire le point sur le projet professionnel, la situation actuelle et les désirs de chaque personne puis, rédaction d’un CV afin de pouvoir faire acte de candidature pour la prochaine saison agricole. « Nous avons ensuite travaillé à l’évaluation des compétences des candidats, dans le secteur agricole. Certains confiaient n’avoir jamais travaillé dans l’agriculture. En fait, beaucoup avaient une expérience antérieure dans leur pays d’origine. Nous avons commencé la rédaction de plans d’action afin de favoriser le développement des compétences. Nous avons initié un référentiel arboricole illustré en reprenant celui de référence du ministère de l’agriculture pour évaluer les compétences des personnes à partir de leurs compétences déclarées. Cette expérience a été positive nous permettant de mettre des noms sur des actions qui n’étaient pas verbalisées, le mot français n’étant pas toujours connu.

Nous avons accompagné les personnes sur les forums agricoles organisés par l’ANPE afin qu’elles présentent leur offre de candidature et faciliter la communication avec les futurs employeurs. Certaines personnes ne savent pas valoriser leurs compétences face à un recruteur ou chef d’entreprise. Comme nous avions fait le travail en amont, certaines questions pouvaient être rapidement résolues. Les employeurs ont apprécié la démarche. Se présenter avec des CV faisant état précisément des compétences leur fait gagner du temps.

Parallèlement, la motivation des personnes accompagnées n’a fait que croître. Deux personnes viennent de décrocher une saison jusqu’au mois de septembre-octobre dans une exploitation qui ne les avait jamais fait travailler. Pour l’une d’entre elles, il s’agit de sa première expérience professionnelle. Ce premier contrat est très positif pour le moral et permet de développer des compétences en situation de travail.

Parallèlement, nous avons rencontré les entreprises du secteur agricole pour connaître leurs attentes en matière de recrutement et de formation. Nous nous sommes également rapprochés de l’AFEMA afin de présenter des personnes que nous avons en suivi à des employeurs pour une mise en situation concrète de travail par le biais de stages. Pour certaines, qui n’avaient jamais travaillé, c’est l’occasion de découvrir le secteur agricole et de tout simplement de se faire connaître et pourquoi pas de prouver leur motivation dans le but d’être recruté par la suite. Nous avons également mis en place avec l’AFEMA et l’ASAVPA une formation avant ces mises en situation sur la motivation et la connaissance des métiers du secteur agricole. Ces mises en situation devraient également donner lieu à des évaluations sur la motivation des candidats puisque c’est le critère essentiel qui ressort de la discussion avec les employeurs sur les modalités de recrutement. En effet, les employeurs privilégient davantage des personnes motivées n’ayant pas d’expérience plutôt que des personnes trop formées ayant des habitudes bien ancrées et donc moins facilement adaptables à de nouvelles méthodes de travail.

Le Domaine du coteaux a accepté de prendre neuf femmes n’ayant jamais ou peu travaillé en stage d’éclaircissage et envisage de les recruter par la suite pour la saison si le stage est concluant. Ce stage est une façon d’évaluer la motivation des personnes ; il a donné lieu à des évaluations des compétences techniques et sociales en situation de travail par l’employeur mais également par la stagiaire elle-même qui se sont auto évaluées.

Certaines personnes ne veulent plus ou pas travailler dans l’agriculture et souhaitent travailler un autre projet professionnel, nous les accompagnons sur ce chemin, pour deux d’entre elles, nous les avons mis en relation avec l’ANPE pour faire un OPI, objectif projet individuel. Deux autres sont en stage dans des médiathèques. D’autres sont en réorientation dans le secteur du bâtiment.

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