Classes presse dans le Morbihan : collèges et lycées s’engagent dans un menu qui a du goût !

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - développement durable

CG56.Beaumanoir__8_.JPGDu champ à l’assiette, tout est affaire d’équilibre pour nourrir et se nourrir. C’est ce qu’ont pu approfondir les collégiens pendant cette année scolaire dont le menu avait du goût !

Six de ces initiatives, menées dans des collèges du Morbihan, ont fait l’objet d’un reportage et d’une édition dans Ouest-France et Le Télégramme.
Rédactrice en chef : Maly Sananikone, Conseil général du Morbihan
Reportage, rédaction et photos : Tugdual Ruellan
Parution le 2 juin 2009.
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CG56.R.G.Cadou_Malansac__26_.JPGCollège René-Guy Cadou à Malansac
Former les consommateurs de demain : on ne mange pas de tomates en hiver !
« Savez-vous qu’on ne mange pas de tomates ni de fraises en hiver !» rappelle Valérie Demay, professeure, à ses élèves de sixième. « A chaque saison, ses légumes, ses fruits… Commençons par respecter le rythme de la nature. » Avec Sophie Denis, animatrice du Groupement des agriculteurs bio du Morbihan (Gab), les enfants apprennent le travail du maraîcher, la préparation du sol, la fécondation des plantes… « Nous travaillons depuis cinq ans sur le projet Manger bio en restaurant scolaire, confie Sophie Denis. Nous avons acquis une expérience dans l’accompagnement pédagogique et proposons plusieurs animations : expositions, interventions en classe, visites de fermes. » « Ensemble, poursuit Valérie Demay, nous avons construit un projet pédagogique tant pour les activités faites en classe qu’en cuisine. Nous menons diverses expériences pour mieux comprendre la pollinisation des tomates, la formation de l’humus…» Des aliments bio sont venus agrémenter le repas traditionnel : pain, fromage blanc, fromage, légumes. Les enfants apprécient l’observation et ce contact avec la matière : « Début juin, nous irons rencontrer des maraîchers bio à Silniac. Les élèves découvrent, souvent avec étonnement, que beaucoup de légumes sont des racines ou des fruits.»
Au microscope, on découvre avec étonnement les multiples organismes contenus dans l’humus.

Collège Beaumanoir Ploërmel
Des mot et des couleurs pour savoir « Combien bien se nourrir ? »
« Combien bien se nourrir ? » C’est le thème du projet sur lequel Nathalie Marest, documentaliste, Elizabeth Jordan, infirmière, Françoise Feliot, Sylvie Amar et Véronique Paraire, professeures, ont accompagné tout au long de l’année les élèves d’une classe de cinquième. «Ensemble, nous avons construit une approche pédagogique interdisciplinaire pour sensibiliser les enfants à l’alimentation, la nutrition durant les heures d’étude disponibles. » Peu à peu, les enfants ont appris à décoder une étiquette, repérer les additifs, conservateurs et autres arômes qui transforment le goût et piègent le consommateur. Avec une diététicienne, ils ont observé leur mode de vie, ont décortiqué la composition de leurs menus afin d’en vérifier l’équilibre nutritionnel. Les découvertes se sont poursuivies en cours de physique chimie. En arts plastiques, ils ont travaillé à partir d’objets récupérés. En français, ils ont choisi des ouvrages sur le thème, se sont lancés dans l’écriture. Au final, 25 natures mortes et 25 poèmes ont été accolés pour former une grande mosaïque à la manière d’Andy Warhol. Enfin, une petite équipe a souhaité monter une pièce de théâtre. « L’ensemble de leurs travaux est capitalisé dans un cahier qui sera évalué en fin d’année.» Des textes, des natures mortes façon Andy Warhol, une pièce de théâtre pour comprendre « comment bien se nourrir ? ».

Collège Joseph Kerbellec à Quéven
Découvrir l’entreprise pour mieux choisir son métier
Tous les ans, depuis 1995, le collège participe activement à la semaine du goût. Elle avait cette année une saveur particulière. « Un important travail est mené avec la cuisine et l’équipe d’agents, précise Claudine Derrien, enseignante. Régulièrement, les élèves de segpa font à manger pour les autres élèves. » Avec un professeur d’histoire et géographie, les élèves imaginent un repas chilien qu’ils serviront prochainement à 24 privilégiés. Tandis que les élèves de troisième concevaient un gaspacho, les autres travaillaient avec l’équipe de cuisine sur le thème de la mer : « Tous les jours, il y avait au menu des plats différents. L’objectif est de faire goûter une cuisine diverse, inventive. » Puis les élèves de segpa ont emmené avec eux quelques élèves de troisième et de quatrième pour une visite du port de Lorient, d’un atelier de mareyage et d’un chantier ostréicole à Saint-Philibert. « Nous irons aussi visiter la DCNS de Brest et l’usine Armor Lux à Quimper, poursuivent les enfants. Même s’il ne s’agit pas de métiers que nous voulons faire, nous découvrons l’organisation du travail, les contraintes, les droits et devoirs à respecter en temps que professionnel. Cela nous aide à mieux choisir ensuite un métier. » Pour mieux définir leur orientation professionnelle, les élèves sont impliqués dans une découverte d’entreprise.

College_Carnac__7_.JPGCollège les Korrigans à Carnac
Pratique éducative au quotidien : « Le self… C’est trop bon ! »
Midi. Les enfants se ruent vers le restaurant scolaire, impatients de découvrir le menu du jour. L’équipe de cuisine, constituée de Gwenaëlle Le Guelennec, François Kerzhero et Alain Le Serrec, les attend et les accueille à bras ouverts. Bien souvent, Marie-Christine Salaun, gestionnaire, les accompagne : « Nous avons plaisir à faire notre travail, préparer de bons plats et tenons à le dire aux enfants. » Le menu a été pensé dans sa diversité et son équilibre nutritionnel. De concert, toute le monde aide l’enfant à composer son plateau : « Ils auraient tendance à ne prendre que ce qu’ils aiment, ce qui est sucré ». Les trois-quarts des produits utilisés sont frais et issus de filières courtes. Même le poisson pané est confectionné sur place, à partir de filets frais. « Notre cuisine est toute neuve, confie le chef, Alain Le Serrec. J’ai été heureux de découvrir qu’une légumerie avait bien été prévue. Nous sommes autre chose que des ouvreurs de sacs plastiques et de produits en poudre aromatisés. » Les enfants ont compris le message. Il suffit pour s’en persuader de visiter le blog laissé à leur libre expression : « Le self… c’est trop bon ! » (www.collegecarnac.fr) L’équipe de cuisine du collège : « Plutôt fiers d’accueillir les élèves chaque midi au self ! »

College_R._Rolland.Pontivy__10_.JPGCollège Romain Rolland à Pontivy
Chaque jour, depuis 1995, le gestionnaire de l’établissement, Michel Le Billan, tente de privilégier, dans l’achat de produits alimentaires, les circuits courts et les productions locales : « Je n’y arrive pas forcément, regrette le responsable, car de multiples paramètres sont à considérer mais j’essaie de privilégier des pratiques respectueuses de l’environnement. » Le collège sert quotidiennement 500 repas. Comme bon nombre de ses collègues, Michel Le Billan est adhérent d’un groupement d’achats : « C’est souvent une solution de facilité mais il est difficile pour les petits producteurs de répondre aux exigences du cahier des charges. Heureusement, chacun peut y choisir librement ses produits.» Alors le gestionnaire prend son bâton de pèlerin et sillonne la campagne : « J’ai trouvé des pommes de terre, produites localement, un fournisseur d’Auray, pour la viande, un éleveur de Pontivy qui élève ses porcs en leur donnant du lin… Mais le système est parfois opaque ». Contre vents et marées, Michel Le Billan, soutenu par le chef d’établissement, le cuisinier Gaël Hennart et le magasinier Christian Duault, continue d’agir : « Ma démarche est d’abord citoyenne et je continuerai d’y croire… »
Les produits proposés aux élèves proviennent prioritairement de filières courtes et locales.

Lycée professionnel agricole La Touche à Ploërmel
Agriculteurs, producteurs d’avenir
Le contact avec la réalité professionnelle est ici direct. Au beau milieu du lycée, les élèves vivent chaque jour au rythme de l’exploitation agricole et de ses 55 vaches laitières. Les métiers de l’agriculture, qui ont connu une forte baisse de fréquentation, voient aujourd’hui leur courbe remonter. Il faut dire que l’établissement fait tout pour redonner le goût à ce métier, « plein d’avenir » comme le pronostique le directeur adjoint, Gilbert Robic : « C’est un métier du vivant, d’observation, d’initiative. Il se gèrera demain dans des unités hautement respectueuses de l’environnement. » Tous les ans, une rencontre a lieu avec une cinquantaine d’anciens élèves qui viennent témoigner de leur expérience professionnelle. Depuis 2003, sont accueillis des élèves de quatrième des collèges privés. Il est aussi proposé, à tout jeune du département qui le souhaite, de venir au lycée découvrir les métiers de l’agriculture. Le travail d’information est enfin mené, sans relâche par Gilbert Robic, qui n’hésite pas à se déplacer dans les établissements ou au cours de salons comme celui organisé par le lycée en juin. « Le métier ne se gère plus comme autrefois. Les agriculteurs sont devenus des producteurs d’avenir. »
De véritables situations professionnelles pour découvrir le métier d’agriculteur.
Textes et photos : Tugdual Ruellan.

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