Carnet L’Express : développement durable, des valeurs qui vont bien à la Bretagne

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - développement durable

2004.06.14.Bretagne.Lexpress__1__photo.jpgDéveloppement durable : et si l’on rêvait…
Nous sommes en 2050… Les champs d’éoliennes, harmonieusement répartis sur le territoire breton, fournissent l’électricité suffisante à nos besoins. Elles sont quasiment silencieuses et nous nous sommes accoutumés à la présence de ces grands moulins. Il n’est plus nécessaire de faire venir des autres régions de France, les 95% d’énergie dont nous avions besoin en 2004. Il faut dire que tous nos équipements ménagers et luminaires sont à basse consommation et nécessitent cinq fois d’énergie. Quasiment tous les lisiers, graisses, déchets verts et organiques sont méthanisés ; le procédé produit du biogaz, réutilisé par l’industrie.

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SUPPLEMENT PARU DANS L’EXPRESS – 14 juin 2004 (Bretagne)
Dossier conçu par Partenaire Ouest à Nantes
Rédaction, reportages : Tugdual Ruellan
Photos : Laurent Massillon

Bon nombre d’habitants ont choisi le bois pour chauffer leur habitation ; à peine neuf stères suffisent par an pour chacune des maisons. La matière première, provenant des sous-produits forestiers est transformée en plaquettes qui sont automatiquement distribuées dans la chaudière. Une douce chaleur, enveloppante, règne dans la pièce. D’autres ont opté pour l’énergie solaire ; des panneaux à cellules photovoltaïques, installés sur les toits, la transforment en électricité ; à côté, des chauffe-eaux solaires suffisent à produire l’eau chaude et le chauffage par le sol de toute la maisonnée. A peine cinq mètres carrés suffisent à produire deux cents litres d’eau chaude (il y a maintenant plus de quarante ans que la Suède est toute équipée. Dire que nous pensions qu’il n’y avait pas suffisamment de soleil dans notre péninsule !) D’autres encore, ont opté pour la géothermie qui permet, à partir des calories récupérées en profondeur, de chauffer la maison.

Certains de nos véhicules sont électriques, d’autres fonctionnent à l’hydrogène. Tous nos déchets papier sont transformés en cellulose ; notre verre est en permanence valorisé et il ne viendrait à l’idée de personne de jeter par la fenêtre le moindre détritus. L’agriculture s’est maintenue, rationnelle, raisonnée ; faisant la part belle à la culture biologique, elle ne produit plus d’excédents. Services de l’Etat, collectivités territoriales, associations et citoyens ont travaillé de concert pour que l’eau de nos rivières retrouve sa limpidité tout en maintenant un potentiel agricole et agro-alimentaire. Pour le plus grand bonheur des truites et autres salmonidés qui viennent désormais frayer sans risque d’asphyxie.

Toutes les entreprises bretonnes ont adopté la charte « Développement durable » et se sont même engagées dans un mécénat de la solidarité. Enfin, elles ont placé l’homme et la femme au cœur du système de production, afin de leur assurer, sans exclusion ni discrimination, épanouissement, promotion, valorisation de leurs acquis et qualité de vie. Beaucoup d’entre elles se sont engagées à promouvoir un commerce mondial équitable, à confectionner un produit avec une démarche qualité qui intègre enfin, le respect de la terre et de l’individu. Elles sont encore toutes surprises de voir leur chiffre d’affaires se développer. Car il faut dire que le consommateur, lui aussi, a grandi ; il exige désormais de l’éthique sur l’étiquette.

Tous, nous avons appris à modérer nos besoins et nous savons désormais, que notre devoir est de laisser belle la planète aux générations futures, dans une perspective de développement durable. Nous ne sommes ici, que locataires…
Tugdual Ruellan

AU SOMMAIRE

  • Garagistes, photographes et artisans propres
  • Edéa pour développer les énergies renouvelables
  • L’AroHLM travaille aux économies d’énergie
  • Des innovations pour valoriser les déchets industriels
  • Qualité de l’eau : une renconquête lente et difficile
  • Recherche de substances dangereuses dans l’eau
  • Le développement durable au coeur du business
  • L’Ecole Nicolas Hulot pour la nature et l’homme
  • Les énergies renouvelables dans les lycées
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Du 16 au 27 juin, en Bretagne, semaine du développement durable
L’Etat, avec l’appui de l’ADEME, établissement public, de la Région Bretagne et de tous les acteurs environnementaux organisent, du 16 au 27 juin, la semaine du développement durable. Près de 200 actions, menées en Bretagne, s’inscrivent dans ce programme ; 14 d’entre elles ont été labellisées par le comité de parrainage : plateforme pédagogique sur les énergies renouvelables (Lannion), ressourcerie (Lanvollon), architecture et développement durable (Ploufragan), économies d’eau (Saint-Brieuc), Café des sciences et Energie, objectif 2000 (Concarneau), découverte des sites Natura 2000 (Trémaouézan et Guissény), exploitation pédagogique (Dol-de-Bretagne), logement collectif (Mordelles), Journées du développement durable (Rennes), Printemps de la terre (Lorient), Trophée bleu et journée entreprises (Vannes) (www.bretagne-environnement.org).

Ne pas compromettre la capacité des générations futures
« Le développement durable est un processus de changement par lequel l’exploitation des ressources, l’orientation des investissements, les changements techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes… C’est un développement qui assure les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. » (extrait du rapport de Mme Bruntland, présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, Notre avenir à tous, publié en 1987.)

Garagistes, photographes et artisans propres
Les petites entreprises ne sont pas en reste en matière de protection de l’environnement et gestion de leurs déchets. Soutenus par la Chambre régionale de Métiers, garagistes, photographes et responsables de pressing ont décidé de réagir pour éviter les pollutions. Durant des années, l’on ne s’est guère soucié de savoir où allaient nos pneus usagés, pare-brise brisés, produits toxiques et autres huiles de vidange. Il aura fallu la réglementation de juillet 2002, obligeant la mise en place de filières de valorisation pour que l’on se préoccupe enfin, collectivement, de ces milliers de tonnes de déchets que produit notre société moderne. Les chambres de métiers ont su alors, mobiliser les artisans adhérents et concevoir le programme Envir’a Bretagne, aujourd’hui soutenu par l’Union européenne, l’Etat, l’ADEME et la Région, dans le cadre du programme édéa. « Il fallait d’abord, explique Pascal Gabillet, coordinateur de la Chambre régionale de métiers, favoriser l’accès des entreprises artisanales aux déchèteries et trouver des solutions pour gérer les déchets inertes du bâtiment. Puis, mettre en place des opérations collectives de gestion des déchets. » Les garagistes ont lancé l’opération « Garages propres ». « Nous conservons une traçabilité de toutes les procédures et savons ainsi où vont tous les déchets, explique Paul Jouen, garagiste à Guer. Il a fallu un mois de mise en route, le temps pour changer nos habitudes. Nous avons gagné en propreté, en confort, en efficacité, en image vis-à-vis de notre clientèle. Il était grand temps de faire quelque chose si nous voulons demain, laisser une planète propre à nos enfants. » Ils sont aujourd’hui 400 en Bretagne. En 2002, 58 tonnes de filtres à huile et 27 tonnes de liquide de refroidissement ont été collectées en Bretagne. « Auparavant, poursuit Pascal Gabillet, ces déchets étaient jetés dans les poubelles ou déversés sur le sol, dans les égouts… » Les photographes ont suivi en lançant Reflexnature : 35 professionnels sur les 400 artisans bretons bénéficient des solutions proposées pour éviter de jeter à l’égout, argent, composés phénolés et autres acides toxiques contenus dans les produits de traitement. De leur côté, 200 responsables de pressing, sur les 300 disséminés en Bretagne, se sont rassemblés au sein de Net&Nature ; en 2002, ce sont ainsi, plus de 8 tonnes de solvants usés qui ont été collectées. L’Agence de l’eau Loire-Bretagne leur fournit une aide à l’élimination pouvant aller jusqu’à 50 % du coût. « Le but est d’impliquer d’autres professionnels. Une opération sera proposée l’an prochain aux artisans imprimeurs. Les chambres de métiers, avec les collectivités locales, vont aussi devoir poursuivre leurs efforts pour faire face aux carences de solutions d’élimination de déchets, notamment les déchets inertes comme les gravats, et optimiser, les solutions existantes comme les centres de regroupement et centres d’enfouissement. »

Edéa pour développer les énergies renouvelables
Le Conseil régional de Bretagne et l’ADEME, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ont initié le programme Edea (énergie, déchets, air) afin de poursuivre leurs efforts en matière d’économies et de substitution d’énergie par des énergies renouvelables. Le programme enregistre une progression forte et continue avec 129 actions présentées en comité de gestion en 2003 (115 en 2002, 74 en 2001 et 46 en 2000). Ce dispositif permet également d’assurer une mission de conseil de proximité pour les citoyens sur la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables grâce au développement du réseau des Espaces info énergie désormais présents sur l’ensemble de la région. Ce réseau aide également les collectivités locales à gérer au mieux leurs consommations d’énergie à travers le Conseil en énergie partagée (0 820 820 466).

Tout savoir sur l’environnement en Bretagne
L’Etat et le Conseil régional de Bretagne ont conçu un site internet portail pour tout savoir sur l’environnement breton : www.bretagne-environnement.org. Pratique d’utilisation, facile d’accès et largement illustré avec plus de 150 photographies, il est destiné à faciliter l’accès à l’information, développer la culture environnementale et sensibiliser le visiteur aux enjeux environnementaux propres à la Bretagne. Véritable portail de l’environnement régional, ce « réseau des réseaux » propose plus de 750 liens avec d’autres sites traitant d’environnement en Bretagne. Parmi les nombreux services disponibles sur le site, l’internaute peut suivre l’évolution de la qualité des cours d’eau grâce à une série de cartes régulièrement réactualisée ou encore télécharger plus de 1 200 fiches de sites et d’espaces naturels. Enfin, une bibliographie de plus de 600 titres est proposée à ceux qui souhaiteraient approfondir leurs connaissances par la lecture d’ouvrages spécialisés. A côté des comités thématiques et d’une conférence permanente, un comité scientifique et d’éthique assure l’objectivité et la neutralité des articles diffusés directement par le portail.

Des innovations pour valoriser les déchets industriels
Demain, les entreprises qui n’auront pas valorisé leurs déchets ou éliminer les substances dangereuses contenues dans leurs rejets, seront, plus que jamais, pointées du doigt et pénalisées. Certaines ont anticipé… « La loi est claire, précise Eric Fouillaron, directeur général de Sita Ouest : les déchets industriels doivent être au maximum valorisés et les substances dangereuses doivent être traitées. Chaque année, la France produit 650 millions de tonnes de déchets provenant de la consommation des ménages, de l’activité des entreprises et établissements de soins. Toujours plus nombreux et difficiles à éliminer, ces déchets doivent faire l’objet d’un traitement particulier en aval et d’une réflexion responsable en amont. » L’entreprise, opérateur de premier plan en Bretagne et Pays de la Loire, en matière de gestion des déchets, apporte son soutien aux collectivités et entreprises ; rattachée à Sita France, filiale de Suez Environnement, elle traite aujourd’hui les déchets de plus de 4000 clients industriels et commerciaux ainsi que ceux de plus de 50 établissements de soins. Aux quatre coins de Bretagne, les entreprises innovent. « En association avec la DRIRE, Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, une étude qualitative des rejets a permis d’évaluer d’une façon constante les gros émetteurs, évalués à 28 établissements, explique Gilles Petitjean, adjoint au délégué de l’ADEME Le centre technique de la métallurgie entreprend de sensibiliser ses adhérents pour qu’ils initient des démarches de consultation de bureaux d’études de surveillance de leurs rejets. » Afin d’inciter les entreprises à développer une approche globale de gestion de l’environnement, l’ADEME a mis en place le Plan Environnement Entreprise qui permet aux établissements, selon leur degré de maturité et leurs objectifs, de prendre en compte l’environnement, dans leur politique de management. Dans le pays de Vannes, six entreprises (Arval, Archimex, Anco, Etre, Aplicarbone et Ferrand) se sont regroupées au sein de Vannes Innovation promotion expansion pour trouver des solutions communes au traitement et à la valorisation de leurs déchets. Initié en 2002, le projet de mise en route de l’installation de méthanisation des boues biologiques et physicochimiques, sur l’abattoir GAD dans le Finistère, vient de se concrétiser. Première initiative de ce type en France, elle permettra de traiter les 20 000 tonnes de boues produites chaque année par l’abattoir, qui étaient jusqu’alors éliminées à travers un plan d’épandage. La production sera utilisée pour assurer les besoins thermiques de l’installation et contribuer à hauteur de 80% environ, au séchage des boues. De même, est en train de se construire l’installation de méthanisation combinée de Lannilis Service Environnement à partir d’un mélange de 80 000 tonnes de lisier et 25 000 tonnes d’autres déchets organiques. Devrait suivre Geotexia à Saint-Gilles du Mené avec un mélange de 35 000 tonnes de lisier à 35 000 tonnes d’autres déchets organiques. « Il est urgent, poursuit Eric Fouillaron, de mailler le territoire afin d’assurer, dans une perspective de développement durable, une bonne circulation entre les entreprises et les centres de traitement des déchets. Et d’agir prioritairement, là où la production industrielle est la plus développée…»

Une commission départementale d’aménagement durable en Ille-et-Vilaine
Avec la décentralisation, la multiplication des acteurs socio-économiques, l’espace territorial est devenu l’objet d’enjeux de plus en plus complexes. Bernadette Malgorn, préfète d’Ille-et-Vilaine et de Région a mis en place en octobre 2003, à titre expérimental, une commission départementale d’aménagement durable : « Elle regroupe les différents services, explique-t-elle afin d’associer les opérateurs, le plus en amont possible, dès qu’un projet se dessine afin de définir les conditions de compatibilité avec les différents intérêts publics en cause. »

L’AROHLM travaille aux économies d’énergie L’AROHLM, association régionale des organismes HLM, a lancé avec le soutien de l’ADEME et de la Région, dans le cadre du programme Edéa, une vaste opération sur les économies d’énergie et d’eau dans le parc d’immeubles existants. « Ce programme, explique la directrice, Annie Braz-Denis, incite à l’innovation et à la recherche de solutions pour examiner les possibilités d’économie d’énergie. Il a permis des interventions sur l’ensemble du parc sans discrimination de positionnement géographique sur le territoire breton. » Par ailleurs, l’ADEME et le Conseil régional accompagnent les organismes HLM dès lors qu’ils s’engagent dans des réflexions sur des démarches de haute qualité environnementale ; c’est ainsi que l’OPAC 35 a engagé une réflexion concernant l’implantation de chaudières bois pour la réhabilitation d’un groupe d’habitat sur Vitré. Pour mieux répondre aux attentes des habitants et leur offrir de meilleures prestations, l’AROHLM a mis en place une charte en collaboration avec les 25 bailleurs de Bretagne, qui gèrent 10% des résidences principales, soit 135.000 logements.

Qualité de l’eau : une reconquête lente et difficile
La qualité de l’eau est pour la Bretagne, un enjeu majeur. Des premiers résultats sont d’ores et déjà observables. Mais la reconquête totale sera longue… La France est sous le coup de trois contentieux communautaires pour des problèmes de qualité de l’eau. En 2001, son action concernant la qualité des eaux superficielles destinées à la production d’eau de consommation humaine en Bretagne, a été jugée insuffisante par la Communauté européenne. Depuis de nombreuses années, l’association Eau et Rivières de Bretagne, connue pour son action en faveur des cours d’eau et sa lutte contre les pollutions, avait tiré la sonnette d’alarme : « La concentration des productions animales sur le territoire breton génère chaque année un excédent d’azote et de phosphore, écrivait-elle en septembre 2003. La dégradation de la qualité de l’eau des sources, de rivières, des estuaires, du littoral, est due à une multitude d’agressions qui affectent le milieu naturel : rejets industriels, urbains, pollutions agricoles, érosion des sols, rectification des cours d’eau qui enlaidit nos paysages, détruit la richesse des ruisseaux, des rivières et favorise les crues, destruction des zones humides qui régularisent le débit des cours d’eau et ralentissent les crues, multiplication des plans d’eau qui contribuent au réchauffement des eaux et aggravent les pertes par évaporation, gaspillage de l’eau… » Pour remédier à la situation, les services de l’Etat ont mis en place de nouveaux programmes et modes d’organisation. La direction régionale de l’environnement (Diren), un des services déconcentrés à l’échelon régional du ministère de l’écologie et du développement durable, a fait de l’eau l’un de ses dossiers prioritaires : « Nous nous y intéressons, notamment en terme de connaissance de la qualité, explique Jean-Paul Celet, directeur régional, mais aussi en terme d’intervention d’une politique de l’eau, sur la coordination des polices. La notion de développement durable nous a conduit à lier désormais impact environnemental à développement économique et social. Une véritable stratégie de développement durable ne peut être qu’interministérielle. » A l’intérieur de la nouvelle organisation de l’Etat, huit pôles devraient être prochainement créés dont l’un sera celui de l’environnement et du développement durable. Un nouveau décret, devant paraître à l’automne, en précisera les modes d’organisation. En février 2001, naissait la Mire, mission régionale et interdépartementale de l’eau. Sa particularité est d’être une équipe interministérielle regroupant des fonctionnaires du ministère de l’agriculture (DRAF), de l’environnement (DIREN), de la santé (DRASS), des représentants des services sanitaires, de l’Agence de l’eau et de la Préfecture. « C’est la seule équipe interministérielle de niveau régional à s’occuper en France de la qualité de l’eau, précise Pierre Bessin, chargé de son animation. Nous veillons à ce que tous les programmes soient cohérents entre eux, qu’ils se traduisent sur le terrain par des changements de pratiques et la définition d’objectifs de réduction des pollutions précis et opérationnels. » Des premiers résultats sont observables ; un plan d’action pour un développement pérenne de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, un autre pour la reconquête de la qualité de l’eau en Bretagne ont été élaborés. Des programmes mis en œuvre en 2001 et 2002 ont permis d’agir sur les excédents « C’est une première réussite, note Pierre Bessin : 18.000 tonnes d’azote ont déjà été résorbées. L’objectif, à l’horizon 2006, vise à résorber la totalité des excédents d’azote, soit quelque 100.000 tonnes. Nous avons pour l’instant fait à peine un tiers du chemin mais nous pouvons malgré tout être optimistes. »

Recherche de substances dangereuses dans l’eau
Une directive européenne de 2000 a établi une politique communautaire de l’eau, visant notamment la réduction progressive des rejets de substances dangereuses dans l’eau. La DRIRE a lancé en 2003, sous l’égide de la préfecture de région, une opération de recherche de ces substances auprès de 50 exploitants industriels de Bretagne. Parmi les 87 substances dangereuses recherchées, une quarantaine n’a jamais été détectée. Parmi les substances dont la présence est significative, ont été décelé du chloroforme et du phtalate, ainsi que des métaux dans les secteurs de la métallurgie, la chimie, la pharmacie et l’industrie agroalimentaire. Le comité de pilotage, qui a procédé à un échange de vues approfondi avec les associations et les industriels, n’a pas constaté de situation alarmante, mais a été informé de quelques cas qui nécessitent des implications de la part des exploitants pour analyser l’origine des substances trouvées. Le dialogue avec l’ensemble des exploitants se poursuit en leur demandant un examen critique de leurs rejets et des propositions pour les réduire.

Le développement durable au cœur du business
L’entreprise qui ne s’implique pas aujourd’hui dans une perspective de développement durable s’expose vraisemblablement, à terme, à d’importants dysfonctionnements. Elle a pourtant plus, c’est certain, à y gagner. C’est la conviction de Caroline Lassalle Saint-Jean, responsable à l’Institut du Mécénat de la Solidarité (*) du programme diagnostic sociétal. Appliquer les principes de développement durable font plus que jamais partie de la responsabilité sociale de l’entreprise (nommée dans les pays anglo-saxons, Corporate social responsability). Cette RSE, qui ne concernait jusqu’alors que l’attitude face à la protection de l’environnement et des ressources, intègre aujourd’hui en plus, le social avec la gestion des ressources humaines, l’employabilité, et le sociétal, à savoir les partenariats que l’entreprise peut établir avec la société civile. Au-delà de sa responsabilité économique, qui est d’assurer la pérennité de son action, d’être transparente sur ses activités, son mode de gestion et de management, l’entreprise ne peut donc plus ignorer son mode de participation au développement de son environnement et à la cohésion sociale de son équipe ni celle du ou des pays dans lesquels elle se développe. Les entreprises cotées en bourse sont d’ailleurs obligées, dans le rapport NRE, de fournir des indicateurs sociaux et environnementaux. Mais plus que de contraintes, certains responsables ont compris qu’il s’agissait là d’une véritable source de nouveaux enjeux et opportunités de développement. « Pendant très longtemps, explique Caroline Lassalle Saint-Jean, l’entreprise ne s’est pas autorisée à intervenir sur le champ social, considérant que c’était le rôle de l’Etat. Le mécénat était alors un plus éthique, non intégré à sa stratégie. Avec le concept de développement durable, l’entreprise a compris que cela faisait partie de ses fondements, qu’il s’agissait d’attentes réelles. »

Ancrée dans son environnement
Au-delà des traditionnelles actions de mécénat que sont les fondations d’entreprises, les relations avec une association, le soutien à une cause d’intérêt général, la dynamique de développement durable d’une entreprise peut aussi passer par un meilleur ancrage local : soutien à l’insertion professionnelle, aux actions de la politique de la ville, aide à la création d’emplois dans les quartiers difficiles, soutien de réseaux locaux de PME ou d’actions sur un bassin d’emploi. C’est aussi l’engagement, comme les sociétés de travail temporaire Adecco et Adia, dans la gestion de la diversité et la lutte contre les discriminations dans l’entreprise ; c’est l’intégration de personnes issues de l’immigration, la mixité hommes-femmes, la signature d’accords, comme EDF, IBM, SNCF, Bull, pour l’intégration de personnes handicapées. C’est la mise en place de nouvelles pratiques étiques commerciales, l’investissement aux côtés d’entrepreneurs sociaux comme des entreprises d’insertion ou des centres d’aide par le travail qui se concrétisent par un référencement des fournisseurs, un soutien au capital, des actions de tutorat, la mise en place de fonds solidaires, le soutien du commerce équitable…C’est enfin une adaptation spécifique de produits ou de services comme la documentation en braille mise en place par l’Association générale interprofessionnelle de prévoyance et d’investissement pour présenter ses produits. « Autant d’actions, poursuit Caroline Lassalle Saint-Jean, qui, dans un premier temps, sont des actes de solidarité mais qui, à terme, peuvent permettre de développer de nouvelles clientèles, voire de nouveaux marchés ». Qui aussi génèrent une image positive auprès de consommateurs de plus en plus conscients, exigeants et en attente « d’étique sur l’étiquette ». La responsabilité sociale de l’entreprise est de plus en plus assimilée à la qualité de son produit. « Bien gérer une politique de développement durable, c’est aussi bien gérer les risques. L’entreprise n’est pas dans du concept, du caritatif mais bien dans une relation de partenariat où chacun se retrouve ; l’entreprise gagne en développement, en cohésion sociale, en pérennité, en image, en aptitude à développer de nouveaux marchés. On est dans du gagnant – gagnant.»

(*) L’IMS est une association, réunissant une centaine de grandes entreprises françaises. Créée en 1986 par Claude Bébéar, aujourd’hui président de l’IMS et président du Conseil de surveillance de la société d’assurances Axa, elle s’est très vite emparée de la notion de développement durable avec l’idée que l’entreprise avait un rôle dans la cité ; naissait alors le mécénat de solidarité au-delà du mécénat culturel, sportif.

L’école Nicolas Hulot pour la nature et l’homme
Soutenue par la Fondation de France, l’école Nicolas Hulot pour la nature et l’homme vient d’ouvrir ses portes au parc de Branféré, au Guerno, dans le Morbihan. Sa vocation ? Permettre à chacun de devenir un citoyen responsable et acteur de son environnement, pleinement conscient que le futur de l’humanité est conditionné au respect de la biodiversité. Un dimension qui, pour Nicolas Hulot, s’inscrit au cœur d’une démarche de développement durable : « On a, je crois, jusque là confondu progrès et performance. Au sens éthymologique, le progrès c’est le mieux-être de l’homme, ce qui participe à améliorer la condition humaine, durablement. Il y a donc un changement d’état d’esprit à créer pour faire en sorte que nos impératifs d’aujourd’hui ne compromettent pas les nécessités de demain. C’est bien là une démonstration d’une nouvelle expression de solidarité qui s’inscrit dans le temps, dans un futur immédiat. Le développement durable est aussi une occasion de redéfinir le mot progrès et d’en redonner du sens. » La fondation Nicolas Hulot a mis en place un comité de veille écologique, constitué de chercheurs, enseignants, professeurs d’université, spécialistes du droit environnemental, de l’énergie, de la biodiversité et des changements climatiques.

Les énergies renouvelables dans les lycées
La Région Bretagne, EDF et l’ADEME ont mis en place au lycée Félix Le Dantec à Lannion, une plateforme pédagogique dédiée aux énergies renouvelables, dont l’objectif est de préparer les élèves aux nouveaux métiers qui y sont liés. Conformément aux directives européennes, cette action originale de sensibilisation aux énergies nouvelles et à la maîtrise de l’énergie, unique en France, s’intègre dans le cadre d’une politique globale de soutien au développement durable. Les plates-formes expérimentales, qui seront installées dans quatre autres établissements, comprennent trois éléments principaux : une éolienne, des panneaux solaires photovoltaïques, un chauffe-eau solaire thermique. L’ensemble permettra d’initier les élèves, principalement ceux de BTS, à la maintenance des matériels éoliens et solaires sachant que la demande en France, en matière d’énergies nouvelles, est en plein essor. Les travaux pratiques développés sur la plate-forme entrent dans le cadre d’un programme scolaire sur la production d’électricité, les sources d’énergies renouvelables et leurs conditions d’exploitation.
Tugdual Ruellan.

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