Le musée des métiers de l’imprimerie et des arts graphiques a ouvert ses portes à Pipriac

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

1998.03.27.NO_n_6.musee_J.Brito-photo.jpgLe musée des métiers de l’imprimerie et des arts graphiques a ouvert ses portes dans l’ancienne école de Pipriac, il y a maintenant quatre ans. Madeleine Guillonnet, professeur d’histoire passionnée, a décidé d’en faire un musée vivant.
A l’heure où les nouvelles technologies de communication tissent leur vaste toile d’araignée autour de la planète, Madeleine Guillonnet, professeur d’histoire au collège de Maure-de-Bretagne (35), s’empresse d’accumuler et sauver les machines qui ont donné à l’imprimerie ses heures de gloire. Pour le plus grand bonheur des artisans, presses à bras, casses pleines de caractères typographiques, bouteilles d’encre, scanner monstrueux des années 70… s’accumulent dans les salles de la petite école de Pipriac que la municipalité a bien voulu mettre à disposition.

Article paru dans Le Nouvel Ouest n°6 (27 mars 1998)
Directeur de la publication : Hervé Louboutin
Rédaction : Tugdual Ruellan
Photos : Tugdual Ruellan
(à télécharger en cliquant sur l’image)

«Notre plus belle pièce est sûrement cette magnifique rotative de 1900 donnée par les Affiches de la Haute-Saône, confie l’animatrice passionnée. C’est un ensemble unique en Europe; nous sommes désormais en mesure de montrer tout le chemin de la fabrication d’un journal, de la composition à l’expédition.» Le musée est bien vivant. Ici, l’on peut toucher et se salir les mains. Tout au long de l’année, on initie dans des ateliers animés par des artistes régionaux à l’art subtil de la calligraphie, aux arts du papier, de l’estampe et de la belle ouvrage.

Pourquoi Pipriac ? C’est là qu’est né en 1420, Jan Brito, enfant du pays, qui fut sans doute, l’un des premiers imprimeurs calligraphes bretons. On dit que c’est en voyant sa mère préparer l’encre pour les copistes qu’il mit au point ses premiers bâtonnets sculptés capables de reproduire lettres et dessins. L’histoire était trop belle pour ne pas traverser les siècles… « Jan Brito n’a sûrementpas inventé ce que l’on nomme « l’art sublime », écrit Jean-François Gautier dans son ouvrage De Bretagne en Flandre 1417-1484, mais du moins a-t-il été l’un des pionniers de la typographie.» Pour des raisons inconnues, le jeune Jan Brito quitte sa Bretagne natale pour s’installer à Tournai puis à Bruges en Flandre. Il y exercera les activités de calligraphe, de traducteur et d’imprimeur. Certains de ses ouvrages sont visibles à la Bibliothèque Nationale de Paris et au Musée Universel de l’Imprimerie de Mayence. Aujourd’hui, des liens se tissent entre Bruges et Pipriac et plus encore, puisque Madeleine Guillonnet et les amis du Musée s’apprêtent à accueillir le 22 mars, dans le cadre de l’année du Japon, dix maîtres de l’association Koto Kine No Kaï : «Nous leur proposons une rencontre avec des artistes bretons, regards du soleil levant et du soleil couchant, regards croisés sur le calame ou la plume, l’encre noire ou la dorure, les papiers crissants ou soyeux, le burin ou le brunissoir du graveur. Tokyo-Pipriac en direct, sans escale ! »

Contact : Musée des métiers de l’imprimerie et des arts graphiques,
35550 Pipriac – Tél. : 02 99 34 62 79.
Tugdual Ruellan.

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