Interview de Marylise Le Branchu : « Mes solutions pour les petites entreprises »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - entreprise

1998.06.19.NO_n_12.maryse_lebranchu.photo.jpgInterview de Marylise Le Branchu, secrétaire d’Etat chargée des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat.

Article paru dans Le Nouvel Ouest n°12 (19 juin 1998)
Directeur de la publication : Hervé Louboutin
Interview et rédaction : Tugdual Ruellan
Photo : Tugdual Ruellan
(à télécharger en cliquant sur l’image)

Au moment du départ en retraite ou de la cessation d’activité, la transmission d’entreprise suscite de nombreuses difficultés… Qu’envisagez-vous de faire pour l’améliorer ?
Pour les petits commerces, il existe actuellement une indemnité viagère de départ qui les incite, lorsqu’ils ne sont pas sûrs de trouver un repreneur, à baisser leur chiffre d’affaires, voire à bénéficier d’indemnités de départ. Ce que nous souhaitons faire durant l’année 1999, c’est transformer l’indemnité de départ en indemnité de transmission et trouver, dans le cadre des processus de qualification mis en place, la façon de faire entrer le repreneur quelques mois, voire quelques années avant le départ en retraite du responsable d’entreprise.

Et concernant l’artisanat ?
Nous souhaitons bien évidemment faire la même chose, mais c’est plus simple car il y a bien souvent des apprentis ou des gens en qualification qui sont en place et sont intéressés par la reprise. C’est plus difficile pour la toute petite entreprise, d’où l’idée de proposer, avec l’aide financière des Conseils généraux qui seraient d’accord, l’embauche d’un cadre repreneur, plusieurs mois ou plusieurs années avant le départ en retraite du responsable. Certains le pratiquent déjà.

Envisagez-vous également une modification concernant la fiscalité de la transmission ?
Nous allons proposer de l’étaler dans le temps pour permettre à celui qui part de ne pas perdre trop d’argent. Nous avons déjà proposé cette année que tout entrepreneur, cessant son activité et laissant une entreprise en bonne santé, soit totalement exonéré d’impôt pendant un certain nombre d’années s’il fait le choix de replacer son argent dans une PME de moins de 5 ans.

Quelle perception les régions ont de la micro-entreprises ?
J’aurais un reproche à leur faire : c’est de ne pas affirmer suffisamment une volonté globale. C’est tellement plus facile d’accueillir une grande entreprise… Pourtant, on réalise qu’avec le temps c’est aussi plus dangereux car lorsqu’elle s’écroule, elle entraîne avec elle toute une région. Au niveau de l’Etat, nous avons pris un certain nombre de mesures, en particulier, l’ouverture du capital développement, un système de prêts bonifiés et de crédits intéressants. Encore faut-il qu’il existe des relais pour expliquer comment le faire et avec quel type de partenaires. Nous avons également travaillé avec le secteur du bâtiment en proposant de rembourser la TVA pour les travaux d’entretien dans les maisons. Nous avons réussi à faire rentrer la micro-entreprise à Bercy, lieu de la grande économie et de la grande négociation européenne.

Quel rôle doit jouer, selon vous, la France dans la dynamique européenne ?
Elle doit tenter de changer les règles du jeu pour que l’on puisse avoir le droit de faire ce que l’on nomme des discriminations positives en faveur des petites entreprises, qu’elles soient commerciales, artisanales ou d’une autre nature. Les aides distribuées pour le développement de la technologie ont souvent eu des effets désastreux sur l’emploi. Il faut changer de logique pour que l’emploi se développe à nouveau.

Propos recueillis par Tugdual RUELLAN

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