L’explosion du Shii-také, champignon venu de Chine, sur le marché de la diététique

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - entreprise

1998.09.18.NO_n_16.shii-take-photo.jpgLe shi-také, champignon venu de Chine, connaît une formidable explosion sur le marché de la diététique….
C’est à Paris en 1991, lors d’un salon professionnel, que les deux Bretons se sont rencontrés. A l’après-salon précisément, à l’heure où les langues se délient… Animés par la même passion de l’entreprise, Georges Magnant, Pdg de Champignons de Bretagne à Messac, et Jacques Brault, fondateur du Laboratoire Sainte-Marie à Redon, décident de se lancer dans la recherche et développer la commercialisation du shii také, ce champignon connu depuis des siècles en Chine sous le nom d’« élixir de vie ».

Article paru dans Le Nouvel Ouest n°16 (18 septembre 1998)
Directeur de la publication : Hervé Louboutin
Rédaction et photos : Tugdual Ruellan
(à télécharger en cliquant sur l’image)

«Je m’étais lancé dans la culture de ce champignon, poussé par la Chambre d’agriculture, se souvient Georges Magnant. J’étais alors responsable de la filiale Cuirs et peaux de Bretagne, une activité qui périclitait. » Les résultats ne se font guère attendre. Champignons de Bretagne choisit de n’expédier en frais que les champignons sans défaut. La production se développe rapidement, avec près de 70 % à l’exportation, essentiellement vers l’Angleterre et les pays du nord. Avec plus de 280 tonnes produites chaque année et un chiffre d’affaires de 9 MF, l’entreprise d’Ille-et-Vilaine est devenue aujourd’hui le premier producteur européen du champignon chinois ! La culture est délicate et la récolte non mécanisable. Le substrat, fait de paille et de sciure de bois, est livré, avec le mycélium pré-inoculé (shii také signifie « champignon qui pousse sur l’arbre mort » ). Le sac de plastique qui le protège est enlevé après un prémûrissement de quinze jours. Avec dix heures d’éclairage, une hygrométrie maximale et une température de près de 18°C, le champignon se développe en toute liberté.

L’entreprise d’Ille-et-Vilaine est devenue aujourd’hui le premier producteur européen du champignon chinois! Chaque jour, les 24 salariés procèdent à la cueillette, parcourant les 17 salles de culture. « La demande n’est toujours pas satisfaite, se lamente Georges Magnant, mais la culture est très coûteuse et nous faisons partie de ces entreprises qui manquent de fonds propres. Nous venons d’équiper trois nouvelles salles et nous sommes obligés de faire une pause. »

Qualités culinaires
Pour les 30 % de la production ne partant pas à l’expédition, place à l’imagination… Les qualités culinaires du champignon ont été repérées ; les pâtes pour fonds de sauce restent une utilisation fréquente. Mais Georges Magnant a souhaité aller au-delà. En 1991, il sollicite le docteur Gilbert Blanchard, ingénieur en biochimie de l’environnement, responsable du CBB Développement de Rennes. Les scientifiques se mettent à l’ouvrage et découvrent bientôt le principe d’extraction du shii také. «Nous avons eu alors l’idée d’élaborer une gamme à base d’extrait liquide de shii také, explique Jacques Brault, puis un extrait sec qui permettrait de fournir des prises plus concentrées en lentinane que les formes existantes. » Le shii také possède de formidables vertus nutritionnelles naturelles. De réputation plus efficace que le gin seng, il est aujourd’hui le champignon vedette de la diététique. Le laboratoire Sainte-Marie, pour qui le champignon représente 35 % des 13 MF de son chiffre d’affaires a poursuivi la recherche, fortement encouragé par Dietexpo, le salon international des professionnels de la diététique. Le trio a aujourd’hui réussi à transformer la « barquette » de shii také en extrait liquide, parfumé au citron et commercialisé sous forme d’ampoules, en gélules, et depuis peu, en gel purifiant pour la peau ainsi qu’en sirop, mélangé à de la gelée royale et de l’extrait de guarana. Ces produits sont traditionnellement vendus dans les boutiques de diététique. « Ce ne sont pas des médicaments, s’empresse de préciser Jacques Brault, mais bien des compléments alimentaires, entièrement naturels; ils aident à rester en bonne santé, surtout à l’approche de l’hiver, en stimulant les défenses naturelles de l’organisme. Les tests réalisés en laboratoire ont prouvé que le champignon possède des propriétés nutritionnelles améliorant l’immunité. Mais sans doute n’a-t-il pas fini de révéler encore tous ses secrets… »
Tugdual RUELLAN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *