Un enjeu pour le développement local : la transmission d’entreprises artisanales

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - entreprise

2002.10.Metiers_35_n_54-3-photo.jpgLa transmission d’entreprise un enjeu important et permanent pour l’artisanat. Depuis plusieurs années, le réseau des Chambres de Métiers et les Organisations Professionnelles se sont mobilisés pour faciliter la transmission, proposant un dispositif d’accompagnement des cédants et des repreneurs. Illustration avec une opération pilote menée en Ille-et-Vilaine pour les artisans.
Le témoignage de Gérard Isambard, boucher à Janzé, qui a trouvé un repreneur : la boutique n’est restée fermée que trois jours !

Dossier paru dans Métiers 35, la Revue de l’artisan n°54 (octobre 2002)
Directeur de la publication : Noël Binois
Rédacteur en chef : Jean-Paul Ollivier
Rédaction et photos : Tugdual Ruellan
(à télécharger en cliquant sur l’image)

Nous sommes confrontés à une pénurie. Non pas d’offres de commerces mais bien de repreneurs ! Pourtant, atteste Jean-Pierre HAMON, Conseiller à la Chambre de Métiers d’Ille-et-Vilaine, de nombreux fonds sont viables et contribuent au développement local. » C’est à partir de ce constat que les chambres départementales de métiers, la Chambre Régionale de Métiers de Bretagne, les syndicats professionnels de la boucherie bretonne et Interbovi (organisation interprofessionnelle des métiers de la viande) ont engagé en 2000, une action volontariste pour recenser les artisans, âgés de plus de 50 ans, potentiellement intéressés par une transmission à une échéance d’ici à 2006. « L’objectif des partenaires, poursuit Jean-Pierre Hamon, était de conserver un tissu commercial viable aussi divers et varié que possible dans les communes bretonnes. »

Les bouchers-charcutiers ont été sensibilisés et un premier diagnostic de leur entreprise a été conduit « Il s’agissait de recenser les entreprises viables, susceptibles d’être reprises afin de créer une banque de données mise à jour annuellement. » Près de 40 % des bouchers-charcutiers, inscrits à la Chambre de Métiers ont plus de 50 ans. Sans une action urgente de redynamisation, il y aurait donc à l’échéance 2010, 40 % de professionnels en moins dans le département. « Un conseiller de la Chambre de Métiers s’est ensuite rendu sur place pour échanger, évaluer l’état de l’entreprise, son évolution dans les cinq dernières années, ses capacités de développement, ses besoins d’investissements, ses points forts et ses points faibles, son activité dominante entre boucherie, charcuterie et plats cuisinés – traiteur. Bien souvent, il nous a fallu convaincre les professionnels que leur affaire était viable et pouvait être reprise. Certains ne l’avaient pas imaginé ! »
Les artisans qui le souhaitent sont alors inscrits au fichier de la Chambre de Métiers afin d’être mis éventuellement en contact avec un repreneur. « Nous recevons fréquemment des appels de professionnels des différents départements de France intéressés par une reprise en Bretagne. Il est important de leur proposer une offre de fonds disponibles. » Pas question de suppléer une agence immobilière ou un notaire : « Notre rôle est de faciliter la transmission de l’entreprise, de personnaliser le contact, en recensant les entreprises cessibles, informer les professionnels intéressés et les orienter vers des affaires précises, correspondant à leurs attentes, à partir de données objectives, vérifiées sur place. À eux de prendre contact ensuite, d’organiser leur rencontre et leur négociation. Le repreneur, devenu créateur d’entreprise, peut ensuite s’il le souhaite, bénéficier de notre accompagnement dans son projet. »Une trentaine d’entreprises ont été jusqu’ici visitées. L’opération devrait se poursuivre jusqu’en 2006.

En bref : une aide proposée aux repreneurs
Pour faciliter la transmission des entreprises de boucherie – charcuterie, la Chambre de Métiers propose un dispositif d’accompagnement :

  • proposition d’entreprises à reprendre préalablement diagnostiquées ;
  • rapprochement cédant et repreneur potentiel ;
  • accompagnement avec suivi du stage préalable à l’installation, mise en place d’un bilan de compétence du repreneur, accompagnement dans la mise en oeuvre du projet, élaboration d’un plan de formation individualisé du repreneur ;
  • suivi de l’évolution de l’entreprise pendant 18 mois après la reprise avec mise en place d’un tableau de bord, suivi par des visites et des entretiens, évaluation de l’évolution de l’entreprise.■

Contact : Service Développement et Conseil aux Entreprises
Jean-Pierre HAMON – tél 02 99 65 32 30.

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