Juan Perez Marin (président CEEH) : « La vision paternaliste du traitement du handicap plane encore dans l’Union européenne »

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - handicap

2001.04.Inserthive.Lettre_n_3-J.Perez_Marin.jpgPoint de vue
De Juan Perez Marin, président de la Confédération européenne pour l’emploi des personnes handicapées.
Cette confédération créée en 1990 rassemble aujourd’hui des représentants d’ONG de tous les pays de l’Union européenne. « Il faut du temps pour apprendre à se connaître au sein de l’Europe. L’emploi et la formation pour l’emploi sont les priorités absolues de la CEEH. Le fait que nous ayons tant formé pendant aussi longtemps et que nous ayons si peu généré d’emploi fait qu’aujourd’hui, nous interrogeons la formation et la remettons en cause lorsqu’elle s’éternise et ne s’achève pas en créant de l’emploi. Face au si peu d’intérêt que le monde économique exprime face au travail des personnes handicapées, ne faudra-t-il pas devenir nous-mêmes « entrepreneurs » si nous voulons véritablement créer les postes de travail susceptibles de procurer un emploi aux personnes handicapées accueillies dans nos établissements ? Des exemples de ce type commencent à se mettre en place…

Article paru dans La Lettre d’information n°3 d’Inserthive 29 – Avril 2001__
Responsable de la publication : Président du PDITH du Finistère
Interview et rédaction : Tugdual Ruellan

« …Il est temps de développer des politiques d’emploi dans tous les secteurs de l’économie. La vision paternaliste du traitement du handicap plane encore dans l’Union européenne. Il est difficile d’envisager la création d’emploi sous l’angle de la protection ! Qui dit emploi, dit compétence, travail bien fait, produit, savoir-faire… Le paternalisme disqualifie cette notion des choses, pire, discrédite au final la personne. Mon projet, comme président, vise à faire évoluer les mentalités, tant de nos dirigeants, des chefs d’entreprise, que de chaque citoyen. Discapacité ne veut pas dire impossibilité, mais seulement empêchement à quelques activités ; et tellement de possibilités pour d’autres. Nous avons à ouvrir le chemin de la possibilité qui permet à l’être humain de se réaliser et grandir avec les autres, avec des droits et des devoirs égalitaires. Nous devons tous donner ce que nous pouvons pour le bien-être de la majorité. »
Propos recueillis par Tugdual Ruellan.

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