Le Cotre de Surcouf : la seconde vie du Renard

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - voile

2003.12.Un_regard_d__Emeraude.Le_Renard-photo.jpgDepuis dix ans, le bateau du plus célèbre des corsaires Malouins fend à nouveau les flots – La légende de Surcouf et de son Renard, cauchemar des marins anglais, est ressuscitée…
Au 31 du mois d’août 1988, une bande de copains se lance dans le pari fou de construire un vieux gréement. Ils choisissent de refaire à l’identique, l’un des derniers cotres malouins, celui de Robert Surcouf. Depuis, fièrement, le Renard fend à nouveau les flots… Les plans n’existaient pas. C’est au musée de la Marine que Louis Rettel et ses amis trouvent les informations nécessaires pour construire le bateau de Robert Surcouf, ce célèbre corsaire malouin, qui a donné au royaume quelques heures de gloire.

Article paru dans « Un regard d’Emeraude – le magazine de la Côte d’Emeraude »
n°1 – Décembre 2003 Rédacteur en chef : Charles Vincent
Rédaction : Tugdual Ruellan
Photo : Patrick Miara
(à télécharger en cliquant sur l’image)

« C’est avec ce bateau qu’il a livré le dernier combat le 10 septembre 1813, explique Louis Rettel, aujourd’hui vice-président de l’association. Il attaquait les bateaux de commerce anglais et en vidait le contenu : 5 % pour l’état puis, moitié pour l’armateur, moitié pour l’équipage. » Branle-bas de combat compagnons ! L’ennemi est en vue. Chacun s’affaire, sabre de bois… Les hamacs sont démontés et entrecroisés dans les haubans pour parer la mitraille. On place les caronades, petits canons, que l’on avait jetés à fond de cale pour lester l’embarcation. La houle est forte mais qu’importe, toute la voile est sortie pour prendre le meilleur du vent. La technique malouine est toujours la même : à l’abordage, au sabre et à la hache. Ce 10 septembre, les amarres reliant les deux bateaux cèdent sous la pression des vagues. Pendant deux heures, les boulets pleuvent. L’un d’eux sera fatal à la goélette anglaise dont la Sainte-Barbe (poudrière) est en fume… Quatre-vingt-un marins meurent noyés, corps et biens. Sur le Renard, on fait les comptes. Parmi les soixante-et-un mercenaires embarqués, Malouins mais aussi Portugais, Espagnols, Américains, Anglais, seuls cinq hommes restent vaillants. Alors, avec ruse, on hisse pavillon anglais et on rase Guernesey, au nez et à la barbe des guetteurs ennemis. C’est la dame de Flamanville qui accueille les héros bretons et soigne les blessés. Les cinq morts sont enterrés dans le cimetière. Tous les ans, depuis que le Renard vogue à nouveau sur les flots, les Amis du cotre corsaire vont sur leurs tombes déposer une gerbe.

Le bateau est rapide et file ses huit noeuds. Il est magnifique avec son mât, sa bôme et son bout-dehors en pin d’Oregon. « Il a été construit au chantier Raymond Labbé, se souvient ému Louis Rettel. Celui-là même qui avait construit la bisquine de Cancale. » A l’aide d’une remorque, la coque a été placée sur la cale de Dinan à Saint-Malo avant d’être mise à l’eau, à l’ancienne. le 18 mai 1991, devant plus de 80.000 personnes et sa marraine, Jacqueline Tabarly. Le capitaine Vincent Bréavoine et son équipage professionnel accompagnent aujourd’hui les visiteurs. Embarquons pour une croisière de quelques heures ou de quelques jours, le long des côtes malouines. la tête dans les embruns, l’aventure et la quête d’un nouveau monde.
Contact : 02 99 40 53 10.
Tugdual Ruellan

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