Le sémaphore de la pointe du Grouin : l’horizon à la jumelle

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - voile

2003.12.Un_regard_d__Emeraude.semaphore-photo.jpgIl n’y a pas si longtemps que l’on scrutait du haut de cet édifice l’horizon à la jumelle. En 2001, après un tragique accident, le sémaphore du Grouin a repris du service.
Conçus pour assurer la surveillance des côtes, les sémaphores ont peu à peu, progrès oblige, été délaissés, abandonnés, détruits ou vendus. Avec le développement de la pêche et de la plaisance, on s’intéresse aujourd’hui à nouveau à leur utilité. L’ancien marin Arnaud Chevrier, connaît bien le sémaphore de la pointe du Grouin. Pendant quatre ans, il a scruté cet horizon tourmenté, qui s’étend du Mont-Saint-Michel à l’est, jusqu’à Saint-Malo à l’ouest, armé de jumelles à fort grossissement.

Article paru dans « Un regard d’Emeraude – le magazine de la Côte d’Emeraude » n°1 – Décembre 2003 Rédacteur en chef : Charles Vincent
Rédaction : Tugdual Ruellan
Photo : Bernard Henry
(à télécharger en cliquant sur l’image)

« Les sémaphores sont propriété de la Marine Nationale, explique-t-il. Conçus au départ pour assurer une surveillance maritime des côtes françaises et prévenir du croisement de navires ennemis, ils se sont peu à peu reconvertis dans la surveillance des signaux de détresse des bateaux de pêche et de plaisance. Jusqu’à disparaître. » La surveillance au Grouin couvre une distance de quinze kilomètres. Au-delà, le radar et la liaison VHF prennent le relais. En cas de brouillard, l’équipe des deux marins appelés et des deux engagés, de service du lever jusqu’au coucher du soleil, a recours au goniomètre. cet appareil qui permet d’effectuer des relèvements sur les appels-radios pour repérer un navire égaré et retrouver ses coordonnées. En cas d’alerte, toutes les informations sont transmises au cross corsen du Conquet, responsable des opérations de sauvetage sur la côte Bretagne nord. C’est de là que sont déclenchés les secours appropriés.

Puis, en 1997, la Marine abandonne son sémaphore. C’est le conseil général d’Ille-et-Vilaine qui en devient le nouveau propriétaire. « La pointe est classée comme espace naturel départemental sensible, explique Maurice Janin, maire de Cancale et conseiller général. L’idée à l’époque était de faire du bâtiment un pôle d’accueil, d’information sur la flore, la faune et le milieu naturel. » Coup de théâtre durant l’été 2001 : trois personnes sur leur embarcation sont prises dans la tempête et meurent noyés. Aussitôt, le maire de Cancale, après l’accord de la Marine et du Conseil Général, sollicite Arnaud qui accepte de reprendre du service pour assurer une surveillance de la côte. Le sémaphore a retrouvé son utilité.
Tugdual Ruellan.

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