Saint-Malo, capitale de la voile : le fief des grandes courses

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - voile

2003.12.Un_regard_d__Emeraude.Grandes_courses-photo.jpgDes régates créées en 1848 à la septième Route du Rhum emportée par Ellen Mac Arthur, les Malouins ont multiplié les grandes courses : Triangle Atlantique, Tour de France à la Voile, Défi des Ports de Pêche, Cutty Sark, Québec/Saint-Malo… Autant de prestigieux trophées qui consacrent Saint-Malo comme le fief des Grands Voiliers.
Il y a près de 150 ans étaient organisées les premières régates de Saint-Malo. Les quais de la ville-close ont vu partir depuis, les courses de bateaux les plus prestigieuses. Des noms comme Charcot, Tabarly, Alain Colas fleurissent encore dans les conversations tardives des bars de la rue de la Soif, faisant rêver les aventuriers. Embarquons avec la Société nautique de la Baie de Saint-Malo pour un voyage à travers les océans et mers de la planète…

Article paru dans « Un regard d’Emeraude – le magazine de la Côte d’Emeraude » n°1 – Décembre 2003 Rédacteur en chef : Charles Vincent
Rédaction : Tugdual Ruellan
Photos : Bernard Henry – Dominique Torchut
(à télécharger en cliquant sur l’image)

Nous sommes en été 1848. Le comité directeur présidé par Monsieur Le Bon, sous-commissaire de la marine, crée les premières régates de Saint-Malo. Les yachts de la région sont sur la ligne de départ, mais aussi les bateaux de pêche et quelques doris, ces fameuses embarcations que les Terre- neuvas empruntent pour pêcher la morue en haute-mer. Bientôt, devant la cité d’Alet, le môle des Noires et Dinard, les flans des bateaux flirtent avec la cime des vagues de l’estuaire. On se dispute la première place, rêvant secrètement de figurer au palmarès et trôner devant ces dames et messieurs de la « haute » qui ont payé leur place pour siéger sur la tribune officielle. De 1945 jusqu’à nos jours, la plaisance va connaître un développement sans précédent. Patiemment, on reconstruit la ville, le port et la grande écluse détruits par les bombes. On réapprend à vivre avec la mer pour compagne.

Les grandes courses ne vont cesser de se succéder. La première édition de la Cowes Saint-Malo, course à travers la Manche de yachts prestigieux aux planchers et cuivres reluisants, a lieu en 1906. En 1999, la 77′ édition est remportée par le bateau anglais Spirit qui bat le record à 10.83 noeuds de moyenne. Alain Colas est resté dans toutes les mémoires. « Le 28 mars 1974, il est de retour à Saint-Malo après avoir bouclé son tour du monde en solitaire à bord du trimaran Manureva, en 169 jours et une seule escale à Sydney. Il est fait membre d’honneur de la société nautique de la baie de Saint-Malo (SNBSM). » Le 25 octobre 1975, c’est le départ de Saint-Malo du Triangle atlantique, première course internationale organisée par un club français. Quatorze bateaux sont au départ dont Pen Duick VI. En 1978, c’est le premier Tour de France à la Voile. C’est aussi cette même année où l’on assiste au départ de la deuxième et dernière édition du Triangle Gauloise avec sept bateaux. En 1983, le Malouin Lionel Péan remporte la Solitaire du Figaro après trois victoires d’étapes sur quatre. Trois ans plus tard, il remporte la Whitbread sur l’Esprit d’équipe et se fait remarquer dans la presse britannique pour avoir osé embrasser la princesse Lady Dy lors de la remise des prix. Shocking my lord ! En 1984, à l’occasion du 150′ anniversaire de la découverte du Canada par le Malouin Jacques Cartier, un rassemblement de grands voiliers se tient à Saint-Malo. On lance alors, avec les cousins de la Belle province, la première Transat en équipage se déroulant d’Ouest en Est, que remportera Loïc Caradec.

La course, Québec Saint-Malo, a lieu depuis tous les quatre ans. 1994 est une grande année pour la voile avec le Défi des ports de pêche, le National Muscadet, l’arrivée de la Curry Sark et le départ de la 5e Route du Rhum. En 1996. tous les Pen Duick se donnent rendez-vous à Saint-Malo (sauf le IV) autour d’Éric Tabarly. Le marin disparaîtra en mer d’Irlande le 13 juin 1998. L’une des courses les plus suivies par le grand public est certainement la Route du Rhum. Sur une idée lancée par Michel Etévenon. la course transatlantique rassemble des bateaux sans limitation de taille, véritables Formules 1 de la mer. Devant des centaines de milliers de spectateurs. cinquante cinq bateaux dont Manureva d’Alain Colas et Kriter IV, skippé par Olivier de Kersauzon, prennent la direction des Antilles le 5 novembre 1978. C’est cette même année, le 16 novembre, que Manureva et Alain Colas disparaissent, avant de devenir une chanson. Mike Birch prendra la première place de cette course qui va passionner le public et les médias. Tous les quatre ans, les victoires se succèdent, les records sont battus : Marc Pajot en 1982, Philippe Poupon en 1986, Florence Arthaud en 1990, Laurent Bourgnon en 1994 et 1998 avec un nouveau record : une traversée en seulement 12 jours. 8 heures et 41 minutes pour relier en solitaire Saint-Malo à Point-à-Pitre.

Cruelle et sans concession, la mer cherche à garder avec elle comme une amante jalouse, ceux qui la bravent. N’est-elle pas pourtant, comme le déclare avec conviction et sérénité, Jacqueline Tabarly, « source de vie, de puissance. de force et d’alliance entre les hommes. »
Tugdual Ruellan.

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