Marée montante pour l’autoroute maritime Nantes-Bilbao

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - développement durable

2004.10.05.autoroute-photo.jpgLe projet d’autoroute maritime ouverte depuis le port de Nantes-Saint-Nazaire vers l’Espagne, via Bilbao, prend consistance. Ouverture probable en 2006 si l’Etat et la Commission européenne se laissent convaincre..

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Article paru dans le Cahier du Monde « Objectif Régions » du 05/10/2004
Conception : Partenaire Régie
Rédaction : Tugdual Ruellan
Photo : André Bocquel

Ne dites pas à Michel Quimbert que son projet d’autoroute maritime renoue avec la tradition du cabotage ! « Il s’agit là, précise le président du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire, d’un véritable élément d’infrastructure, un tronçon de circulation maritime présentant toutes les caractéristiques de l’autoroute terrestre. Une ligne existe déjà entre Dublin et Liverpool ; chaque jour, 3500 remorques l’empruntent.» A la différence du cabotage, l’autoroute maritime ne s’insère pas dans une compétition économique mais bien dans une dynamique d’économie durable et de service, permettant de décongestionner fortement certaines zones terrestres et donc, à terme, d’échapper à des investissements coûteux. Autant d’intentions que soutient fortement la Commission européenne qui a retenu quelques projets dont le nombre se compte sur les doigts d’une seule main.

Ce nouveau type d’autoroute, exclusivement réservé aux transporteurs réunis en groupement ou aux grandes entreprises de transport, devra être sûr et facile d’accès. Cinq à six navires, spécialement adaptés, permettraient un chargement toutes les six heures de quelque trois cents remorques. Des terminaux ultra-modernes avec deux . rampes à double accès et des sas équipés pour l’enregistrement électronique des données faciliteront les opérations sur les navires. Des règlements sont sans doute à élaborer pour offrir, comme avec un péage, des conditions équivalentes au transport terrestre, sans contrainte douanière. Mais dans tous les cas, l’autoroute maritime serait reliée directement, tant à son point de départ . que d’arrivée, aux autoroutes terrestres.

Un grand choix politique européen
Ainsi, depuis Bilbao, lieu d’ancrage prévu en Espagne, la jdnction sera directe avec le Portugal ; en pays de Loire, un tronçon devrait quant à lui permettre dé gagner le Royaume-Uni, l’Irlande… Des possibilités de poursuite maritime sur des tronçons de cabotage sont aussi à envisager. Si les navires et l’infrastructure peuvent être financés au titre du service d’intérêt général, l’exploitation peut en revanche être confiée sans monopole à des sociétés privées voire à des groupements de transport terrestre. Question coût, 30 voire 50 kilomètres d’autoroute maritime peuvent être mis en place pour un investissement équivalent à un kilomètre d’autoroute terrestre, sachant qu’en montagne le kilomètre revient à environ 35 millions d’euros et en plaine, à 8 millions.
Avec de tels arguments mais aussi ses amis espagnols, portugais, anglais et irlandais, qu’il connaît bien et qu’il retrouve régulièrement au sein du club des ports de l’Atlantique, Michel Quimbert ne désespère donc pas de voir son projet rapidement aboutir : Il s’agit là d’un grand choix politique, qui n’est pas du domaine du petit commerce, atteste-t-il. Nous sommes la porte européenne ouverte sur l’Atlantique. Rien dans les textes parus récemment ne fait opposition à notre projet ; nous sommes prêts, s’il le faut, à aller ensemble, afficher notre détermination à Bruxelles. »

Tugdual Ruellan

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