Interview de la pianiste Brigitte Engerer, en concert dans l’Ouest

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - musique

1993.11.22.OF.Brigitte_Engerer-Redon-photo.jpgPianiste de renommée internationale, Brigitte Engerer a terminé vendredi sa tournée dans l’Ouest à Redon, après Ancenis et Châteaubriant. Elle y a conquis les enfants du conservatoire.
REDON. – Brigitte Engerer a choisi Chopin et ses  » Nocturnes  » pour sa nouvelle série de concerts. Nostalgie, plénitude et sérénité mêlées, son jeu a conquis le public. Un public que, pourtant, elle ne connaissait pas, qu’elle a voulu découvrir et, peut-être, séduire.

article paru dans Ouest-France (Informations générales – Ille-et-Vilaine), 22 novembre 1993
Texte et photo : Tugdual Ruellan
article téléchargeable en cliquant sur l’image

Avant le concert, les questions des enfants ont fusé, vendredi après-midi, au conservatoire de musique de Redon. Ils découvraient, derrière l’artiste, une femme qui avait aussi été une petite fille. « J’ai commencé à jouer avec un orchestre à l’âge de 9 ans, leur a-t-elle confié. Si j’ai eu envie d’arrêter ? Oui bien sûr, surtout lorsque je voyais jouer mon frère et ses amis. Mais j’ai choisi le piano. Le trac ? Avant chaque concert. Mais, en jouant, on découvre que l’on est seul avec ses rêves, ses pensées. On crée le monde que l’on a envie de créer et puis on joue les oeuvres de gens exceptionnels, qui n’ont aucun défaut ! »

Brigitte Engerer vient d’enregistrer son dernier disque – les  » Nocturnes  » de Chopin – il y a deux semaines. Elle sera prochainement à Tours, avant d’affronter, à la fin du mois, le public parisien du théâtre des Champs-Elysées. Un de ses grands rêves ? Pouvoir associer un jour musique et poésie.
Tugdual RUELLAN.

EDITION REDON

Brigitte Engerer était vendredi l’invitée du Canal. Rare moment d’émotion au théâtre, qu’ont partagé avec la pianiste, près de trois-cents personnes, venues écouter les Nocturnes de Chopin. Juste avant, avec les enfants du conservatoire de musique, Brigitte Engerer a dévoilé une partie de ses secrets.
Les questions étaient prêtes. Les enfants ont d’abord hésité. Puis Brigitte Engerer s’est installée au piano du conservatoire, pour interprèter une scène d’enfants de Schumann. La magie du jeu a conquis les plus jeunes, muets d’admiration. Les questions ont fusé alors, révélant la petite fille que Brigitte Engerer avait été, avec ses moments de joie, de découragement aussi « J’ai commencé à jouer dès l’âge de 6 ans », leur a-t-elle confié. « Très tôt, j’ai voulu vivre dans la musique. A 9 ans, je jouais pour la première fois avec un orchestre. Je suis entrée au conservatoire de Paris, tout en poursuivant ma scolarité par correspondance. Si j’ai eu envie d’arrêter ? Oui bien sûr, surtout en voyant mon frère jouer avec ses amis! Il y a eu aussi des moments de découragement. Mais mes parents m’ont toujours aidée. » Et, avez-vous le trac avant un concert ? « Toujours ! A New-York, ma jambe gauche n’a pas arrêté de trembler. Et puis à la fin, si l’organisateur me demande de revenir, je suis ravie. » La venue de Brigitte Engerer à Redon, seul concert prévu en Bretagne, était inespérée. Vendredi, le public a su l’accueillir, totalement enthousiasmé et profondément ému par le jeu de la pianiste. Les Nocturnes de Chopin sont rarement interprétées sur scène dans leur intégralité. Trois fois, elle a été rappelée. Trois fois, elle a accepté de revenir sur scène. Une rencontre qui l’a séduite, avant d’affronter à la fin du mois, le théâtre des Champs-Elysées. T. R.

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