L’Orchestre de Bretagne en concert à Peillac : Messieurs les musiciens aux champs

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - musique

1993.11.08.OF.orchestre_bretagne-photo.jpgAprès Saint-Pol-de-Léon et Mauron en octobre, l’Orchestre de Bretagne proposait, ce week-end, deux concerts « décentralisés » en milieu rural. L’un à Peillac, l’autre à Muzillac. Evénement sans précédent dans le pays de Vilaine qui accueillait, pour la première fois dans le cadre de ses soirées de pays, l’un des plus grands ensembles symphoniques français professionnels.

article paru dans Ouest-France (Bretagne), 8 novembre 1993
Texte et photo : Tugdual Ruellan
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« C’est l’orchestre de toute la Bretagne, affirme Jean-François Jeandet, administrateur de l’ensemble. Pas uniquement celui de Rennes, de Quimper, de Vannes ou de Saint-Brieuc ! Jouer ailleurs que dans les grandes villes correspond à une réelle volonté de l’Orchestre de Bretagne ». Et c’est l’unique occasion pour certains d’entendre un concert pour lequel ils ne pourraient ou n’oseraient se déplacer ailleurs que chez eux.

Pour accueillir les quarante-cinq musiciens de la formation, il faut remplir un certain nombre de conditions techniques. Mals beaucoup de communes sont équipées pour les offrir. Quant aux conditions financières, elles peuvent être adaptées : « Bien sûr, des répertoires romantiques nécessitant quinze ou vingt musiciens supplémentaires ou l’intervention de solistes renommés entraînent inévitablement des charges importantes », poursuit Jean-François Jeandet. « En revanche, une intervention sans surcoût salarial est tout à fait accessible».

Un défi à la culture
Ce week-end, les notes de Prokofiev, Strauss et Schubert ont empli la voûte de la salle polyvalente de Peillac et Muzillac. Bien sûr, les « loges » n’étaient pas parfaitement adaptées pour accueillir les artistes. Mais l’émotion et l’émerveillement sont passés dans un public ravi de découvrir, derrière la baguette de Philippe Hui, le talent de ces jeunes musiciens, recrutés au niveau européen et dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 30 ans.
Si les communes de Peillac et de Muzillac ont accepté de relever le défi, c’est en partie grâce à l’apport de l’État, négocié pour la diffusion artistique en milieu rural. « L’action culturelle apparaît aujourd’hui comme une condition impérative pour maintenir des populations en milieu rural », affirme Jean-Bernard Vighetti, l’un des initiateurs du projet. L’expérience, lancée en 1989 par les communes de Bains-sur-Oust, Saint-Jean-la-Poterie et Peillac, en collaboration avec le ministère de la Culture, intéresse aujourd’hui une quinzaine de communes des pays de Vilaine. L’État continue de prendre en charge 50 % du coût de chaque spectacle, permettant ainsi la promotion d’artistes régionaux et l’accès à des concerts de qualité, comme ceux de l’Orchestre de Bretagne. Concert au rabais ? « Pour nous, affirme Jean-François Jeandet, il n’y a pas de petit ou de grand public, de petit ou de grand concert. Il ne s’agit essentiellement que de servir au mieux la musique ». Et comment mieux la servir que de la faire entendre.
Tugdual RUELLAN.

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