La « chèvre » utilisée pour lever les portes d’écluse au musée de la Batellerie de Redon

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - patrimoine

1993.09.17.OF.batellerie-photo.jpgLa « chèvre » pourrissait depuis quinze ans sur les berges de la Vilaine. C’est elle qui, autrefois, permettait à l’Équipement de lever les portes d’écluse pour les réparer. Modèle rare en Bretagne, le musée de la Batellerie a souhaité la sauvegarder. Elle a fait, hier, une entrée remarquée dans la ville.

article paru dans Ouest-France (Redon, Ille-et-Vilaine), 17 septembre 1993
Texte et photo : Tugdual Ruellan
article téléchargeable en cliquant sur l’image

Dix heures précises ! La chèvre vient d’être hissée sur un semi-remorque dans la zone portuaire. L’embarcation est plutôt impressionnante. Quatorze mètres de long, quatre mètres quarante-trois de large ! Et quinze tonnes de ferraille, plutôt fatiguées… Le véhicule de la police municipale ouvre la marche et le convoi se met en route. Arrivée très remarquée dans la ville! La chèvre passera tout juste sur le pont à bascule.

Riche collection
Voilà plus de quinze ans qu’elle sommeillait là, en amont du port de commerce, abandonnée. Sans doute s’était-elle échouée lors d’une crue plus importante que les autres ? C’est grâce à la ténacité de Charly Bayou, responsable du musée, grâce aussi aux jeunes de l’Ipsop, que ce témoin d’un patrimoine oublié a refait surface. « Ce sont plusieurs ml de vase et de limon que nous avons dû retirer de la cale. Il y avait en plus, à l’avant, tout un tas de pavés, disposés pour lester l’embarcation. On y a aussi trouvé des tanches I Elles sont aujourd’hui dans notre aquarium. » La chèvre complète désormais la collection du musée, aux côtés du Pacifique, de la Paix et du Condorcet.

En quête de renseignements
« Nous menons actuellement des recherches pour connaître son histoire, confie Charly Bayou. Récemment, nous avons rencontré Georges Leclerc, ouvrier de l’Équipement, que tout le monde appelle ici Le général ! II a été l’un des derniers à l’utiliser. » La chèvre est toujours propriété des services de l’Équipement. Elle a été gracieusement prêtée et mise à disposition du musée. « De mémoire de marinier, c’était l’une des seules à circuler sur le réseau breton. » Elle est désormais à l’abri, soigneusement entreposée dans un hangar. La ferraille sera bientôt sablée puis passée au goudron. Ce nouvel élément inspire l’équipe du musée. Il pourrait donner lieu à une nouvelle expo sition sur les « hommes du canal ». Ceux qui l’on construit, ceux qui l’ont utilisé et ceux qui l’ont maintenu en vie. Dix heures trente. L’opération est terminée. La chèvre est déposée puis enfournée dans le hangar que loue la ville, juste à côté du musée de ia Batellerie. On ne désespère pas de pouvoir, un jour, faire à nouveau fonctionner le bras de levage.
Tugdual RUELLAN.

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