Patrick Malrieu, fondateur de Dastum conte l’histoire du collectage en Bretagne

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - musique celtique

1993.10.13.OF.patrick_malrieu-photo.jpgPatrick Malrieu était vendredi, l’invité de Gwezen pour une conférence tout à fait passionnante sur l’histoire du collectage de la tradition orale, en Bretagne. Peu de personnes ont répondu à l’invitation. La soirée est vite devenue causerie conviviale avec celui qui, en 1972, créa Dastum.
Près de 2 500 disques de musique bretonne ont été récemment répertoriés, rappelle le conférencier. Pour lui, la musique traditionnelle est une dimension tout à fait fondamentale de la région, surtout si l’on y inclut la pratique familiale, trop souvent oubliée. Le tiers des personnes, répertoriées pour faire de la musique en France, sont en Bretagne !

article paru dans Ouest-France (Ille-et-Vilaine), 13 octobre 1993
Texte et photo : Tugdual Ruellan
article téléchargeable en cliquant sur l’image

Patrick Malrieu nous a entraînés jusqu’au début du XVe siècle, date dont nous avons trace du premier collectage. Mais le coup d’envoi véritable de cette pratique ne se fera qu’en 1839, date d’édition du fameux Barzaz Breiz du baron Hersant de la Villemarqué, dont le travail a été fort sujet à critique. « Si l’on en croit Donatien Laurent, les oeuvres transcrites par la Villemarqué n’ont pas été si trafiquées que cela. Le Barzaz Breiz reste un document remarquable avec des textes, des notes historiques et surtout, des musiques. » Diverses enquêtes ont eu lieu au cours du XIXe dont certaines, comme le Penngwern, n’ont pas été totalement exploitées.

Cylindre de cire
Patrick Malrieu nous a fait part de son émotion lorsqu’il a entendu pour la première fois, le premier enregistrement effectué sur un cylindre de cire, en juillet 1900. « Le plus frappant, c’est la continuité. A entendre ces documents et les chants d’aujourd’hui, on ne constate pas de différence fondamentale contrairement à la tradition sonnée, beaucoup plus à l’affût de nouveautés. » C’est Henri Poulain, le frère d’Albert, qui a donné envie à Patrick de faire lui-même des collectes en 1972. L’idée de Dastum était née. Aujourd’hui, ce sont quelque 25 000 chansons que l’association a pu enregistrer, ce qui avec celles éditées dans différents ouvrages, représentent un ensemble de 60 000 textes. Étonnante richesse et vitalité du répertoire. « Mon rêve, confie Patrick Malrieu, irrité par les collectes et travaux inaccessibles de certains universitaires, c’est de faire se multiplier de manière très conviviale, tous ces moments de contes et de musiques. La société actuelle a besoin de retrouver des liens culturels. »
Tugdual Ruellan

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