Depuis longtemps, le blé noir n’est plus breton : Harpe noire relance la production

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - agriculture

Depuis bien longtemps, la Bretagne est réputée pour sa galette de blé noir. Depuis bien longtemps aussi, le blé noir n’est plus breton, sa culture n’étant pas jugée suffisamment rentable. Des agriculteurs de la région de Langonnet, dans le Morbihan, ont décidé, il y a trois ans, de relancer la culture de cette céréale qui peut répondre ponctuellement aux problèmes actuels de certains agriculteurs. Ils proposent aujourd’hui un produit de qualité, labellisé sous la marque « Harpe noire » et surtout une chaîne complète qui relie le producteur au consommateur, en passant par la transformation (moulins) et la distribution (réseau de crêperies). Objectif 1990 : 1 000 hectares.

article paru dans Ouest-France (Ille-et-Vilaine), 3 mai 1990
Texte et photo : Tugdual Ruellan
article téléchargeable en cliquant sur ce lien

C’est quelque 9 000 tonnes de blé noir que la France importe chaque année. La demande est donc importante et concerne essentiellement la consommation de galette. « Nous avons déjà réussi à regrouper 90 producteurs sur les quatre départements bretons, explique Albert Rolland. responsable du groupement. Nous nous fixons cette année, 1000 hectares de culture, que volontairement nous ne dépasserons pas, car nous avons des problèmes pour trouver des semences ». Pour Albert Rolland, la culture du blé noir peut répondre ponctuellement à certains problèmes, la terre acide de vieilles prairies ou de landes convient très bien, la mise de fonds est minime (entre 220 et 250 F l’hectare), la plante nettoie les mauvaises terres qui peuvent ensuite être utilisées pour d’autres cultures et par ailleurs, elle ne nécessite pas d’apports extérieurs, ce qui permet de faire un produit sain et biologique ».

Un produit local de qualité
Le groupement a mis en place une filière pour traiter au mieux le blé noir qui doit être nettoyé et stocké dans les 24 heures. « Le grain est séché au gaz, transformé dans un moulin que nous reprenons au Quillio, près de Mûr-de-Bretagne, ensaché et distribué dans des magasins, grandes surfaces et crêperies, une quarantaine dans le Finistère ». Cette expérience est pour l’instant unique en France. « Elle se fait, tient à préciser M. Rolland, en collaboration étroite avec le chambres d’agriculture. Ce que nous souhaitons, c’est s’orienter vers une agriculture propre, plus saine et économique en même temps. Mais la culture du blé noir est tout à fait complémentaire de l’agriculture conventionnelle ».
Déjà 800 hectares ont été trouvés sur la Bretagne… Albert Rolland sera à Peillac le 4 mai prochain pour présenter l’opération en détail. Cette rencontre sera également l’occasion d’aborder les problèmes agricoles qui se posent localement avec Jean-Claude Ferré, du GVA d’Allaire.
Tugdual RUELLAN.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *