Hélène Blanchard : «Mieux comprendre le devenir des Oméga3 fournis par l’alimentation»

Tugdual Ruellan - - No comment - Envoyer à un ami - Filière lin

VALOREX.Helene_Blanchard__4_.JPGHélène Blanchard est ingénieure agronome diplômée de l’ENSAR, l’Ecole nationale supérieure d’agronomie de Rennes. Elle a commencé sa thèse en février 2008 en Cifre avec Valorex pour une durée de trois ans, au laboratoire de biochimie et nutrition humaine à Agrocampus Ouest à Rennes sous la direction de Philippe Legrand et encadrée par Frédérique Pedrono. Elle s’intéresse au devenir des Oméga 3 fournis par l’alimentation…

Informations sur : www.valorex.com
Président : Pierre Weill
Directeur général : Stéphane Deleau
Assistante de la direction : Pascale Plissonneau
Propos recueillis par Tugdual Ruellan
Valorex – La Messayais 35210 Combourtillé – Tél. 02 99 97 63

Quel est l’objet de votre recherche ?
Nous travaillons sur les acides gras polyinsaturés, des acides gras qui comportent plusieurs doubles liaisons et ont de nombreuses de fonctions dans l’organisme. Nous nous intéressons en particulier aux Oméga 3 en sachant qu’il y a plusieurs types d’Oméga 3 : le précurseur alimentaire et les dérivés qui en sont issus. Nous étudions en particulier la manière dont le précurseur Oméga 3, que l’on peut trouver dans l’alimentation et présent en grande quantité dans la graine de lin, peut ensuite être transformé au sein de l’organisme chez l’homme ou chez l’animal, en acides gras dérivés dont le DHA, acide docosahexaénoïque.

Comment vous y prenez-vous ?
Nous travaillons sur des protéines nommées les désaturases. Situées dans les cellules, elles permettent d’ajouter des insaturations aux acides gras et transforment le précurseur Oméga3 en dérivés qui seront ensuite utilisés par l’organisme. Nous observons les réactions qui ont lieu et repérons les différentes étapes. Nous cherchons à savoir pourquoi il est si difficile de transformer le précurseur Oméga 3 en dérivés alors que c’est plus facile pour d’autres types d’acides gras comme les Oméga 6. Pour cela, nous cherchons à déterminer les caractéristiques de ces désaturases : comment fonctionnent-elles précisément et sur quels acides gras ? Pour le savoir, nous travaillons sur des rats, nourris par exemple avec différents régimes, et aussi sur des cellules en culture.

Qu’avez-vous trouvé ?
Nous avons repéré un gène qui pourrait correspondre à une désaturase. Les expériences que nous menons actuellement devraient nous permettre prochainement de confirmer, ou non, cette hypothèse. Nous espérons ainsi mieux connaître les désaturases, peut-être même identifier de nouvelles réactions possibles. Les acides gras Oméga 3 sont dits essentiels, ce qui signifie que les animaux ne sont pas capables de les produire eux-mêmes. En effet, on ne sait pas fabriquer le précurseur Oméga 3 mais il peut être apporté par une alimentation équilibrée pour être ensuite transformé. À terme, nous espérons mieux comprendre comment notre organisme transforme les acides gras, dont les Oméga 3. Quel est le devenir de ce précurseur une fois que nous l’avons absorbé ? Combien en avons-nous réellement besoin ? Régulièrement, l’Afssa, Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (ministère de la santé) fait état des apports nutritionnels conseillés (ANC) pour la population française. Ces ANC se basent notamment sur les résultats des recherches fondamentales. Nous espérons pouvoir y contribuer.

CONTACT : Hélène Blanchard – helene.blanchard@agrocampus-ouest.fr

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